‹ Raphaël et l'antiquitéChapitre 121 sur 214 · Fresque v · texte numérisé non relu

Fresque v

bes1. Le bras droit enlace le corps de Cupidon et. disparaît derrière lui; le bras gauche, au contraire, est en pleine lumière et fait saillie sur le premier plan, la main gauche se posant avec tendresse sur les joues de l’Amour. Ce geste est familier, et il est en même temps souverainement grand. La poitrine, en s’arc-boutant, est noyée dans l’ombre; mais cette ombre est transparente, et ce qu’on voit est d’une simplicité surnaturelle. L’épaule et tout le côté gauche, modelés avec vigueur sur un plan intermédiaire entre le bras et la poitrine, établissent une transition savante entre ces deux points extrêmes de jour et d’obscurité. [1 est difficile de rencontrer, parmi les œuvres qui relèvent des arts du dessin, quelque chose où le sentiment de ce qu’il y a de divin dans l’homme chante avec des modulations plus exquises. Tous les muscles rivalisent de force et de souplesse. La courbe qui part du cou et aboutit à la hanche est aussi harmonieuse que puissante. Les cuisses sont cachées sous les plis du manteau, mais sous ces plis on sent le mouvement et la vie. Les jambes sont croisées l’une sur l’autre, le jarret droit ramené sur le genou gauche, de sorte que le pied droit reste suspendu au-dessus du pied gauche 2, qui s’appuie sur le nuage. L’antiquité aurait cru manquer de convenance en représentant ainsi le maître des dieux. Mais la figure de Jupiter a ici un

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