Arès est le nom grec de Mars
ment une chlamyde, qui, rejetée sur les épaules, laisse voir dans leur nudité le corps et les membres. Ici, point de chlamyde, mais une armure qui cache seulement le milieu du corps , découvre les bras , les genoux et les jambes, et qui, tout en protégeant la poitrine , permet d’admirer la souplesse d’une musculature puissante, mais non pas athlétique. Le Mars de Raphaël se tient donc entre les statues d’ancien style, qui le font voir complètement armé, et les œuvres de l’art perfectionné , qui le représentent absolument nu1. La tête est coiffée d’un casque surmonté d’un dragon2, et ce casque projette sur le haut du visage une ombre à travers laquelle les yeux brillent avec un mystérieux éclat. C’est le Mars « au casque étincelant3. » Son visage est imberbe, et tel que le montrent les belles figures grecques ou romaines4: il exprime à la fois la jeunesse et la force; il n’a rien de terrible, et ce qu’il pourrait avoir de sombre est adouci et comme illuminé par la tendresse du regard que le dieu porte sur Vénus... Du reste, si d’après sa nature et l’essence même de son être Mars portait en lui quelque chose de trop abstrait pour avoir fourni à l’art antique un de ses motifs de prédilection, combien
\ . Tel est le Mars combattant de la médaille des Bruttiens, et le Mars Teichésiplétès (qui ébranle les murs ) de la médaille de Bizya, frappée sous Seplime-Sévère.
2. Ce casque offre de grandes ressemblances avec celui du Mars de la villa Borghèse. Le casque est l’attribut le plus constant d’Arès.