Cora, la jeune fille
5. Pluton, après avoir enlevé Cora, consentit à s’en dessaisir peu-
en même temps la déesse infernale, la Junon Stygienne1, « la sublime souveraine des ombres, exerçant « son empire sur les âmes et sur les monstres des en- « fers, et exécutant les imprécations des mortels2. » Si Raphaël a conçu dans l’esprit de Y antique le type complexe de cette divinité , c’est ce qu’on ne saurait dire, car le paganisme reculait devant l’idée des représentations de la mort. Il aimait à faire naître, sur les urnes funéraires et sur les sarcophages, les images gracieuses de la vie future et l’espérance d’une palingénésie qu’il empruntait surtout au cycle de Bacchus, interprété dans le sens des croyances orphiques. Alors Cora -Proserpine apparaissait comme symbole de 1 immortalité ; alors aussi on voyait Perséphone, la tisseuse divine , comme l’appelait Orphée, fabricant avec art les voiles nombreux, c’est-à-dire les corps matériels dont elle entourait les âmes. C’est un de ces voiles pesants qu’a revêtu Psyché dans son exil sur la terre. Plus les âmes s’attachaient à la vie terrestre, plus redoutables étaient les obstacles qui les retenaient ici-bas. Aussi l’épouse d’Éros, aspirant au retour, dut-elle dépouiller l’une après l’autre ces enveloppes grossières, et s’en affranchir comme d’entraves qui s’opposaient à son essor. Chacune des souf-
dant six mois de l’année. Cora revenait alors sur la terre, et la terre se couvrait aussitôt d une riche végétation. Puis Cora retournait, pendant les six autres mois, près de son triste époux, et l’hiver enveloppait la terre de ses noirs frimas.
\ . Comme déesse infernale, on fait descendre Perséphone du Styx.