Millin, Monum. ant. inéd., I, pl. xxiii
PSYCHÉ
les fresques de Psyché ne sont donc que des répétitions d’une pensée familière à l’antiquité. De même aussi les vers du Tasse sont une traduction presque littérale des vers de Philippe. Mais il y a entre les dessins de Raphaël et les monuments antiques qui viennent d’être cités la même différence qu’entre les accents du poëte italien et la langue poétique de la Grèce. Nulle part on ne trouve, au milieu des souvenirs que nous avons évoqués , ce sentiment profond , ce respect, ce culte de l’enfance, qui ont si constamment préoccupé le Sanzio. On rencontre assurément dans l’art antique d’admirables enfants, mais on ne saisit pas en eux la même chaleur, le même amour, la même émotion. Cette manière de voir se trouvera confirmée si l’on regarde les nombreux enfants répandus par l’antiquité au milieu de ses compositions plastiques ou de ses peintures , et si l’on se souvient en même temps des enfants qui circulent sans interruption à travers l’œuvre entière de Raphaël. Considérons, d’une part, soit les beaux génies bachiques qui s’avancent processionnellement sur le sarcophage du Musée Vatican1, soit la marchande d’Amours, si populaire parmi les tableaux d’Herculanum 2 ; rappelons, d’autre part, soit les génies qui accompagnent au Vatican les allégories de la chambre de la Segncitura, soit les enfants qui animent la plupart des gravures de Marc-Antoine , et