Byron, Childe Harold
3. M. His de La Salle possède un dessin de N. Poussin qui vient de. la collection Mariette, et que Mariette a désigné lui -même comme étant une copie d’après Polidore et d’après Raphaël. A gauche, est une femme drapée, portant un enfant. Ce premier groupe est d’un bon style, et Mariette, en écrivant au bas : d’après Polidore, me semble avoir fait honneur à cet artiste, certainement très-habile, d’une œuvre plus forte encore que lui. A droite, on voit une femme, dont le manteau est tombé plus bas que le ventre. Cette femme ouvre ses bras et se livre à un Amour qui lui baise le sein droit. Rien n’est plus caressant que ce second groupe, mais ces caresses manquent de retenue; de plus, le dessin en est faible relativement au dessin du groupe précédent. Cependant, Mariette a écrit au bas : d’après Raphaël. Quelle que soit l’autorité
jamais, aux yeux des anciens artistes, la timidité naïve qu’on lui voit ici, ce sentiment de chasteté qui abaisse le regard et commande le respect. Prenons donc ce dessin pour ce qu’il est, pour une étude toute personnelle au Sanzio, n’ayant rien de plastique, et révélant au contraire quelques-unes des qualités intimes du peintre. Le mouvement général est d’une grâce si tendre , qu’on prendrait plus volontiers cette Aphrodite pour la sœur que pour la mère de l’Amour. Tous ses traits se fondent en une expression de modestie charmante : l’ovale du visage est délicat et un peu allongé, les yeux baissés sont beaux et caressants, la bouche sourit avec douceur, les cheveux arrangés en bandeaux sont noués négligemment au-dessus du front. Les épaules sont étroites, la gorge est à peine développée, et la saillie de la hanche forme une ligne sinueuse qui continue sans secousse le dessin de la poitrine et descend tranquillement jusqu’aux pieds. Toute cette figure est modelée avec beaucoup de finesse et de soin. Mais bien qu’elle soit dans une niche, je n’y puis voir la reproduction d’une statue. Elle respire trop la nature, la vie circule en elle avec trop
du nom de Mariette, j’ai peine à me ranger à son opinion. Ce serait un exemple unique dans l’œuvre du maître. Raphaël est toujours chaste, môme quand il interprète les sujets les moins chastes de l’antiquité. Ce serait surtout un démenti donné aux dessins gravés par Marc-Antoine. Le Sanzio conçoit et dessine d’une façon plus élevée. Le trait de ce double dessin est fait au crayon noir, puis les chairs sont lavées en rose, tandis que les cheveux et les draperies sont peints à la sépia.