VÉNUS UT L’AMOUR
Aphrodite se penche vers Éros et s’apprête à l’embrasser. Elle est complètement nue. Tout à l’heure elle naissait à la vie; la voilà maintenant qui naît à des sentiments nouveaux. Cependant ses traits sont encore ceux d’une jeune fille plutôt que d’une jeune femme, et dans cette figure, telle que l’a traduite Marc-Antoine, on chercherait en vain la trace véritable de l’antiquité. La Vénus des Anciens portait en elle quelque chose de ce don fatal dont parle le poète2. Raphaël avait un instinct contraire à ce genre de beauté. Retrait saillant et remarquable de ses créations, c’est, l’exquise et douce sympathie qui se manifeste sous l’apparence de la noblesse et souvent de la grandeur3. Vénus n’eut
\ . Bartsch, t. XIV, n° 3'1 \ .