‹ Raphaël et l'antiquitéChapitre 29 sur 214 · Antichità di Ercolano. Bronzes, t. I, p · texte numérisé non relu

Antichità di Ercolano. Bronzes, t. I, p

avant, elle ramène, à l’aide de ses deux mains, sur son genou droit, son pied gauche enveloppé d’un linge. 'Il n’y a là nulle prétention à l’archaïsme, ni même à un art très-élevé. C’est encore, et presque uniquement, la nature prise sur le fait et traitée avec familiarité en même temps qu’avec goût. Le visage est celui d’une jeune femme qui, tout en étant fort agréable, n’aspire pas à la grande beauté,. Une double bandelette retient les ondes épaisses de ses cheveux, dont quelques-uns s’échappent et pendent le long de la joue. Le corps est d’une grande souplesse et d’une réalité incontestable, mais il ne saurait prétendre à la distinction. Nous avons une jolie figure, bien enveloppée de lumière et se détachant sur un sombre rideau, mais rien qui puisse rappeler sérieusement l’antiquité, pas même la rondeur calculée de l’Aphrodite Callipyge1. Est-ce l’interprétation de Marc-Antoine qui a dépouillé cette prétendue Vénus de son élégance native, et qui, sans lui donner précisément les dehors de la vulgarité, lui a enlevé le caractère élevé qui devrait la rattacher à l’antiquité? Je ne sais; mais je le crois volontiers, quand je me rappelle combien la gravure a faussé déjà l’expression du dessin de la Vénus que nous venons de voir tout à l’heure en compagnie de l’Amour, quand je considère surtout la seconde figure du petit tableau que nous étudions en ce mo-

I. L’Aphrodite Callipyge n’était que la figure idéale d’une courtisane.

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