VÉNUS TRIOMPHANTE. — VÉNUS DE MÉDICIS
Dans un dessin très-promptement fait et seulement indiqué 4, Raphaël a représenté Vénus au moment où elle vient de triompher de ses deux rivales. Elle tient dans sa main droite la pomme d’or que lui a remis Paris, et de l’autre main porte la palme de sa victoire. Le manteau de la déesse passe sur l’épaule gauche et découvre le torse. L’Amour marche devant elle, tenant de ses deux mains la couronne de sa mère. G est a tort qu’on a nommé cette figure \ enus Victrioo. Elle n’en a, en effet, aucun des caractères : ni la vigueur du corps, ni la rigidité des traits, ni le mouvement, ni la fermeté de la pose, ni même aucun des attributs secondaires. Rien ne témoigne ici des i apports de la déesse avec Mars. Tout, au contraiie, proclame la victoire qu’elle vient de remporter sur ses rivales en beauté.
Un dessin à la plume, conservé à la galerie d.es Offices à Florence, rappelle, avec de notables vai ian tes, la Venus de Medicis 2. On y retrouve la
I. Ce dessin est au musée du Louvre. Il a été reproduit parmi les arabesques des Loges , de môme qu’un autre dessin qui se trouve au revers de la môme feuille. — Sur cette feuille on voit en outre une figure d’Hygie, fille d’Esculape et déesse de la santé.
‘2. Cette esquisse est au revers du dessin de lu Vierge au Poisson.
même interprétation originale et facile que nous avons déjà signalée.
LÉD A.
C’est ici le lieu de mentionner le dessin consacré à la fille de Thyeste L
Poursuivi par Vénus changée en aigle, Jupiter, sous la forme d’un cygne, s’est réfugié dans les bras de Léda. Elle est debout, entièrement nue et vue de face. La poitrine s’incline en avant, tandis que la tête fait un léger mouvement en arrière. L’épouse de Tyndare résiste encore, mais bien faiblement. Doucement enveloppée par l’aile mystérieuse, elle reconnaît l’étreinte du dieu. De ses deux bras elle attire vers elle le cou du cygne, et c’est en vain que sa tête se détourne pour fuir le baiser qui s’avance comme un trait invincible. A ses pieds, un enfant se trouve seulement indiqué. Ce dessin n’est que l’expression rapide d’une pensée fugitive, jetée par un fusain léger sur une feuille volante, et que la plume du maître a repris ensuite, mais dans certaines parties seulement2. Le sujet est cependant très-clairement indiqué, et avec autant de retenue que le comporte l’immoralité de la Fable. Cette figure
\ . Ce dessin se trouve dans la collection royale d’Angleterre. Il a été reproduit dans le recueil gravé par Lewis, pl. xlvi.
2. Il y a, surtout dans les bras, des défaillances de traits qu’il ne paraît pas possible d’attribuer a Raphaël.