ARIADNE
vie. Les jambes croisées l’une sur l’autre, les bras soutenant et entourant la tête , témoignent d’un effort dont l’humanité touchée par la mort est incapable1. Yisconti, en s’appuyant sur des preuves sérieuses, en s’autorisant surtout d’un bas-relief décrit par Pausanias2, a restitué à ce monument son véritable sens3. C’est Ariadne que représente cette statue, c’est la jeune beauté endormie sur le rivage de Naxos, où Thésée vient de l’abandonner, où bientôt Bacchus va lavoir et l’aimer 4.
La figure de Raphaël est couchée à peu près dans la même attitude que la statue antique. La jambe gauche est également ramenée sur la jambe droite. Mais là s’arrête la similitude. Tandis que la tête, relevée et soutenue par la main gauche, se présente presque de face dans le marbre grec, elle se penche ici sur l’épaule, se repose sur le bras et ne se montre plus que de trois quarts. En outre, dans la gravure, les deux bras ramenés l’un sur l’autre encadrent complètement la
1. C’est Winckelmann le premier qui a eu l’honneur de cette observation. Seulement, le célèbre antiquaire vit, dans cette statue, l’image d’une nymphe endormie. Or, une nymphe ne saurait être autant ni aussi richement vêtue; elle devrait au moins avoir les pieds nus.
2. Pausanias, Allie., lib. I, cap. xx. — Voir aussi le bas-relief du musée Pio-Clcmentino.