HERCULE ET LES CENTAURES
bâtissait un temple avec les crânes de ses victimes l. Non-seulement Raphaël Ta réduit aux proportions ordinaires de l’homme, mais il n’a pu le faire ni terrible ni laid. Ce n’est plus le monstre que dessinait Mantegna 2. On lit bien sur son visage les angoisses de l’agonie, mais la pureté des lignes triomphe des contorsions de la douleur. La bouche ouverte fait retentir l’air de cris lamentables, les yeux se renversent, le front se sillonne de plis sinistres, et cependant cette tête reste pathétique et belle. Les muscles du misérable se tordent sous l’étreinte implacable, et pourtant ce corps conserve ses proportions élégantes. Comme dans toutes les exécutions , même les plus justes , la pitié se porte tout entière du côté de celui qui va périr. Le crime est oublié, on ne voit plus que l’horreur du châtiment 3.