L’HOMME PORTANT LA BASE D’UNE COLONNE
tête, il maintient son fardeau. Sa tête, courbée en avant, est pour ainsi dire rentrée dans sa poitrine. Ses traits sont calmes et sans altération : ils expriment le travail, mais non pas la souffrance, et dans cet antagonisme entre la matière vivante et la matière inerte, on ne craint rien pour l’homme. La force domine dans toutes les parties de cette figure, et fait oublier l’effort. Tous les muscles sont tendus, mais ils sont capables d’un semblable travail. Le bloc de marbre repose sur l’homme sans l’accabler. On comprend de quel poids les pieds pèsent sur le sol, mais on voit en même temps que le sol céderait avant que les jarrets fléchissent. C’est une belle image de la puissance physique de l’homme et de son empire sur le monde matériel.
Uu dessin qui précède à la conception des Caryatides il n’y avait qu’un pas. Mais avant de donner, dans cet ordre d’idées, sa propre formule, Raphaël a voulu méditer d’abord sur les modèles antiques. La façade de la villa Mattéi offrait à cet égard un curieux sujet d’étude.