DU CARDINAL BIBBIENA
Un prélat érudit, digne en tout du pape dont il était le serviteur, va nous ramener au Vatican, non plus vers les grands travaux des Chambres ou des Loges , mais dans l’intimité de sa propre demeure, où Raphaël a laissé une des preuves les plus irrécusables de son goût pour l’antiquité, et de la mesure parfaite qui lui permit de tout oser, sans jamais dépasser le but au delà duquel la liberté devient licence.
Rien n’est plus authentique et rien n’est plus connu que les relations qui lièrent Raphaël à Bernardo Dovizio da Bibbiena, cardinal de Santa-Maria-ïn-Porlico . Le gage le plus intime de cette amitié se trouve dans l’olTre que le Bibbiena fit à l’Urbinate de lui donner pour femme sa nièce Maria...1 « Apprenez », écrivait le Sanzio à son oncle maternel , Simone Battista cli Ciarla, « que le cardinal de Santa- Maria - in-
Fille d’Antonio Dovizio da Bibbiena, frère du cardinal.
« Portico veut me donner une de ses parentes, et « qu’avec le consentement de mon oncle le prêtre1 et a votre consentement je me suis mis à la volonté de Sa a Seigneurie2... » Ce projet d’alliance subsista jusqu à la mort de Maria, ainsi que le prouve l’inscription gravée sur la tombe de cette jeune fille, dans la chapelle sépulcrale de Raphaël, au Panthéon 3.
Bibbiena n’avait pas de palais à Rome. En sa qualité de secrétaire particulier du pape, et d’après le désir spécial du Souverain Pontife, il logeait au Vatican.
« Dabimus operam , ut quœ prior nostrarum ædium « pars vacua eril, tua sit, » lui écrivait Léon X 4. Son appartement se trouvait au troisième étage du palais et ouvrait sur les Loges supérieures, au-dessus des Loges décorées par Raphaël5. C’est là qu’on trouve encore aujourd’hui la preuve des rapports du cardinal et du peintre. Là aussi on voit un des signes les mieux faits pour caractériser une époque. Bibbiena