‹ Raphaël (volume 2)Chapitre 49 sur 100 · BRAMANTE · texte numérisé non relu

BRAMANTE

éternelle une colonie toscane. Mais, à la fin du xv° et au commencement du xvie siècle, l'empire qu'ils y exerçaient leur fut vivement disputé par d'autres Écoles, notamment par les Lombards. Du Nord comme du Midi on vit accourir les maîtres les plus éminents; tous ceux qui se sentaient la force de lutter et le désir de bien taire brûlaient de se signaler sur ce tbéàtre si brillant; des étrangers même se joignirent à eux; Rome devint une arène internationale.

Seuls, les Romains dédaignaient la pratique des arts. A peine si, de loin en loin, on trouve un peintre, un sculpteur, un architecte, né sur les bords du Tibre, et encore aucun de ces artistes n'a-t-il brillé au premier rang. Comme au temps de Virgile, le citoyen romain abandonnait volontiers à d'autres la gloire pacifique des arts.

Le plus influent de ces maîtres, celui qui mérita d'être placé par Jules II à la tête de ses vastes entreprises, était un compatriote, peut-être même un parent de Raphaël, Bramante d'Urbin. Après avoir peuplé la Lombardie de chefs- d'oeuvre , Bramante était venu chercher fortune à Rome. La construction du palais de la Chancellerie attira d'abord sur lui l'attention publique ;

puis il fut choisi par Alexandre VI pour concourir, mais seulement en qualité de sous-directeur, à l'édification de la fontaine du Transtévère et de celle de la place de Saint-Pierre. Jules II ne pouvait tarder à distinguer l'artiste qui avait tour à tour joui de la faveur de deux juges aussi délicats que Ludovic le More et Alexandre VI. Il fit à la fois appel au talent de l'architecte et à la science de l'ingénieur militaire, et ne tarda pas à préposer Bramante à l'immense tâche de la reconstruction de Saint-Pierre. Tout autre aurait succombé sous un pareil fardeau. Mais Bramante, qui avait le travail aussi facile que Raphaël, trouva la liberté d'esprit nécessaire pour diriger entre temps toutes les autres entreprises de Jules II, et elles étaient nombreuses.

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