‹ Raphaël (volume 2)Chapitre 84 sur 100 · LA SAINTE FAMILLE DE FRANÇOIS F · texte numérisé non relu

LA SAINTE FAMILLE DE FRANÇOIS F

sous les traits d'une mère, non sous ceux de la reine des deux. On admire tour à tour, dans cette œuvre magistrale, d'une facture si puissante et d'une émotion si communicative, la tendresse de la jeune mère tendant les bras à son fils, qui s'élance vers elle, le visage inondé de bonheur; la majesté de saint Joseph, ainsi que la grâce de l'ange répandant des fleurs sur le couple divin. L'amour maternel

ÉTUDE POUR LA SAINTE FAMILLE DK I-RANÇOIS Ier

(•Musée des Offices.)

n'a point fait oublier à Marie cette modestie touchante dont Raphaël se plaisait à la parer autrefois; après un long intervalle, nous voyons reparaître la jeune fille de Florence, à la fois si belle et si chaste, qu'elle semble être la sœur, non l.i mère de l'enfant qu'elle caresse. L'enfmt aussi est tel que nous l'avons rencontré dans les tableaux composés sur les bords de l'Arno : il oublie sa mission divine pour n'être que le plus aimant des fils. Ainsi, le sentiment qui avait dominé Raphaël pendant les belles années de sa jeunesse, pendant la période féconde qui s'étend de i5<>4 à i5o8, se fait jour de nouveau, mais avec une

élévation plus grande, dans cette Sainte Famille, la dernière, selon toute vraisemblance, qu'il ait' peinte. Demeurer fidèle aux souvenirs, découvrir, après tant

LA SAINTE FAMILLE DE FRANÇOIS l"r

(Musée du Louvre.)

d'évolutions, que l'on n'a jamais erré, retrouver dans l'âge mûr la fraîcheur d'impressions de l'adolescence, c'est là un bonheur qui n'a été accordé qu'à des natures privilégiées.

Raphaël était alors au comble de la gloire; il avait fondé une puissante école;

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