‹ Raphaël (volume 3)Chapitre 7 sur 105 · LE PÉRUGIN · texte numérisé non relu

LE PÉRUGIN

palais du Vatican, tous deux véritables chefs d'école. Puis venaient Andréa Luigi, surnommé l'Ingegno, artiste célèbre de son temps, mais dont le rôle n'est pas encore bien défini, et différents artistes de quatrième ou de cinquième ordre, dont il n'y aurait pas grand intérêt à rappeler ici les noms.

Aux maîtres, que nous savons de source certaine avoir travaillé à Pérouse durant la présence de Raphaël dans l'atelier du Pérugin, c'est-à-dire entre 1499 et i5o2, il faut ajouter les élèves attirés dans la ville par la réputation du Pérugin et ceux avec lesquels Raphaël se lia dans la suite, soit à Pérouse, soit dans les environs : tel Giovanni di Pietro, surnommé le Spagna, qui s'inspira tout ensemble de la manière de son maître et de celle de son condisciple, et qui vint plus tard grossir à Rome la phalange des collaborateurs de ce dernier.

Domenico Alfani, de Pérouse, poussa peut-être le plus loin l'admiration pour le jeune artiste venu d'Urbin. Une de ses Madones, conservée au musée de sa ville natale, est la reproduction exacte d'un dessin de Raphaël. Après le départ de son ami, Domenico fffiltl lui servit de correspondant et s'occupa de ses intérêts dans l'Ombrie; il se croyait trop généreusement payé lorsqu'il recevait quelque esquisse, quelque croquis, en échange de ses services.

Ainsi ce génie naissant exerçait, dès son entrée chez le Pérugin, une véritable fascination, non seulement sur ses camarades,

mais encore sur des artistes beaucoup plus âgés que lui. On est heureux de retrouver plus tard à Rome, autour de Raphaël, sur un théâtre plus digne de lui, quelques-uns de ceux qui avaient encouragé ses débuts, qui s'étaient intéressés à ses efforts lorsqu'il arriva étranger, inconnu, dans la capitale de l'Ombrie.

Les juges les plus autorisés admettent que Raphaël prit part à l'exécution des fresques du « Cambio ». Le Pérugin, on l'a vu, se consacra exclusivement à ce travail de 1499 à i5oo, c'est-à-dire à l'époque où la présence, en son atelier, du jeune artiste d'Urbin est un fait indiscutable; on n'hésitera donc pas à se ranger à une opinion qui a pour elle toute espèce de vraisemblance. Étudions, avec

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