Voy. le Diarium de Paris de Grassis
2. RoscoE, Vie et Pontificat de Léon X, t. IV, pp. i53 et suiv.
3. Le storie de' siioi tempi dal i4~5 al 1 5 10 ; Rome, 1 883, 2 vol. in-H".
4. «... Novaitiente li doctissimi et famosissimi homini Cristoforo Landino et Sigismondo de li Conti da Fulignio, li quali tutti cuin loro clarissimo stilo affatigati apresso degli uomini docti lassano eterna lande délie sue innunierabili virtù. » (Gave, Carte^i^io, t. I, p. 34y.)
statue dont Raphaël parla avec éloges à Gastiglione '. La villa qu'il fit construire sur le Janicule- par Jules Romain, et qui existe encore, témoigne également de sa magnificence et de son goût.
Turini, ou comme on l'appelait habituellement, monseigneur le dataire% semble s'être lié de fort bonne heure avec Raphaël. A chaque instant, dans la suite, nous le voyons rendre des services à son ami, ou bien intervenir auprès de lui pour hâter l'exécution de certains ouvrages Telle était la confiance que Raphaël avait en lui, qu'il le nomma son exécuteur testamentaire. Turini justifia ce choix par la sollicitude avec laquelle il s'occupa d'honorer la mémoire du grand artiste. Ce fut lui qui acquit de ses héritiers la Madone an baldaquin (aujourd'hui au palais Pitti) et la fit placer dans l'église de sa ville natale, Pescia.
A ne tenir compte que de l'importance des fonctions confiées à ces personnages, de la rigueur de l'étiquette à laquelle ils étaient soumis, comme aussi de leurs prétentions à l'érudition, on pourrait croire que la gaieté, la cordialité fussent bannies de leur milieu. Certes, rien de plus pédant que la plupart de leurs poésies, écrites dans une langue morte ; dans leur correspondance aussi, des formules froides et solen- j nelles étouffent à chaque instant tout ce qui s'appelle vivacité, fantaisie, expansion. Mais ne nous arrêtons pas aux dehors; si nous essayons de pénétrer dans l'intimité d'un Bibbiena, d'un Bembo, d'un Sadolet, d'un Inghirami, nous ne tardons pas à découvrir qu'il y a place dans leur cœur pour le dévouement, qu'ils sont hommes d'esprit, qu'ils aiment à rire de ce bon et large rire de la Renaissance. Ils ne | dédaignent pas de prendre part à toutes les folies du carnaval ~% de se | produire sur les planches devant une assemblée d'élite. Bien plus, ils savent plier aux bons mots la gravité du latin. L'un lancera une invi- ■ tation à dîner écrite avec une grâce et une légèreté qui auraient pu
1. Lettre de Gastiglione, en date du 8 niai i523, publiée dans l'Histoire des plus célèbres amateurs italiens et de leurs relations avec les artistes, de M. Dujiksnil, p. 1 13.
2. Aujourd'hui ce charmant édifice, connu sous le nom de villa Lante, est habité par un peintre français distingué, M. A. Favard. On y remarque, entre autres, le portrait de la Fornarine (copié de celui du palais Barberini), et le portrait de Raphaël. Tous deux sont peints à fresque dans les salles du premier étage.
3. Dans les brefs de Léon X, Turini porte le titre de « notarius datarius, secretarius et familiaris, continuo commensalis noster », ou encore celui de « notarius et datarius noster. » [Archives secrètes du Vatican.)