‹ Raphaël (volume 4)Chapitre 157 sur 327 · LE PARNASSE · texte numérisé non relu

LE PARNASSE

est vaste. Vasari cite en effet, parmi les poètes représente's dans le Parnasse, Ovide, Ennius, Tibulle, Catulle, Properce, Boccace et Antonio Tebaldeo. On est libre de choisir parmi tant de noms. Il règne tout autant d'incertitude sur les poètes qui occupent le côté opposé. D'après Passavant, les deux personnages du premier plan seraient Pindare et Horace; leur voisin, le Napolitain Sannazaro. Derrière eux, on voit l'Arioste causant avec une des Muses, et plus loin Antonio Tebaldeo, l'un des plus chers amis de Raphaël. Les gloires modernes, les créateurs de la littérature nationale de l'Italie, se trouvent ainsi associés aux gloires de l'antiquité.

Virgile, dans sa description des Champs Elj^sées, nous montre des ombres chantant en chœur un hymne joyeux en l'honneur d'Apollon; elles étaient couchées au milieu d'un bois odoriférant de lauriers, arrosé par les eaux abondantes de l'Éridan. On voyait parmi elles les poètes pieux qui avaient chanté des vers dignes de Phœbus, ceux qui avaient embelli la vie en inventant les arts, ceux qui par leurs bienfaits avaient mérité de vivre dans la mémoire des hommes [Enéide, liv. VI, V. 056 et suiv.). En nous traçant, dans le Parnasse, cette vivante et poétique image des Jouissances intellectuelles, Raphaël semble s'être souvenu des vers du poète latin. Tout, en effet, dans cette page si suave, ravit et élève; tout nous montre des hommes habitant un monde idéal et détachés des passions aussi bien que des intérêts d'ici-bas.

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