‹ Raphaël (volume 4)Chapitre 187 sur 327 · Il Buonarroti,, 1871, pp · texte numérisé non relu

Il Buonarroti,, 1871, pp

4^<' KAl^HAEL. — CHAPITRE XI li.

s\-.stcnie des i^iatilkations iimiicie, bibali) n'avait joué a Rome un rolc si considérable.

Jeune il ne comptait que trente-huit ans , débonnaire, magnifique, Léon X ne pouvait manquer de transformer rapidement la cour et de la façonner à son image. L'âge d'or succède à l'âge de fer ; les vertus guerrières de Jules II font place à l'urbanité, à l'élégance, aux qualités les plus brillantes. En politique habile, le nouveau pape ménagea d'abord les parents et les favoris de son prédécesseur : la ruine du duc d'Urbin, celle du cardinal Riario, ne furent consommées que plus tard. Il n'attendit pas si longtemps pour récompenser ses amis ou ses compatriotes. Le lendemain même de son élection, Bibbiena fut nommé trésorier pontitical, et au bout de six mois cardinal. Le neveu et le cousin du pape. Innocent Cibo et Jules de Médicis^ furent compris dans la même promotion. Bembo et Sadolet devinrent secrétaires apostoliques. Les Florentins surtout se montrèrent âpres à la curée : ils réussirent à occuper les meilleures places, et Rome devint comme un laubourg de Florence.

Le premiei" rang, parmi tant de personnages distingués par leur naissance ou leur talent, revient au frère puiné de Léon X, Julien de Médicis, esprit élevé, caractère d'une grande noblesse, un galant homme dans toute l'acception ciu mot. Ce fut un spectacle rare que de voir un membre de cette famille, rongée par une ambition exécrable, prêcher le désintéressement, préférer aux grandeurs les jouissances de l'esprit. Placé à la tète du gouvernement de Florence, après le rétablissement des Médicis, en i5i2, Julien ne tarda pas à résigner ce poste pour renti'er dans la vie privée. Mais la gloriole de son frère ne l'y laissa pas longtemps: en i5i5, Julien fut nommé capitaine général de l'Eglise, au milieu d'un enthousiasme indescriptible. Plus tard, l'alliance de Léon X avec François I" lui valut le titre de duc de Nemours et la main d'une princesse de Savoie, la propre tante du roi. Malheureusement, ce conseiller sage et indépendant, qui aurait pu exercer une inliuence si bienfaisante sur son frère, vint à lui manquer trop tôt. Julien ne comptait que trente-huit ans quand il sentit approcher l'heure fatale. Sa dernière action résume bien cette vie si noble, qui aurait dû servir de leçon aux siens, et qui lui a valu l'estime de la postéi ité. Deux jours a\ant sa mort, il lit venir son frère et le supplia de lenoncer à ses desseins sur (îrbin, lui représentant tous les bienfaits que leur maison a^•ait

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