‹ Raphaël (volume 4)Chapitre 204 sur 327 · ABRAHAM ET LES TROIS ANOES · texte numérisé non relu

ABRAHAM ET LES TROIS ANOES

génie : ses fresques paraissent moulées sur les récits sacrés. Telle est la fidélité de l'interprétation, que l'artiste semble n'avoir fait aucune concession aux exigences de la peinture. S'attache-t-on, par contre, au mérite intrinsèque des compositions, on est tenté de croire que la vérité historique a été le dernier des soucis de l'auteur, et qu'il s'est préoccupé avant tout de créer une (euvre pure, harmonieuse, décorative. A ce double point de vue, les Loges comptent parmi les miracles de l'art.

Comparée à IVeuvre de Michel-Ange, celle de Raphaël se distingue par la sincérité du récit. On n'y trouve point ces rapprochements symboliques, ces sombres méditations qui donnent aux peintures de la

Sixtinc leur portée si haute, mais qui, souvent aussi, font perdre de vue à l'artiste le caractère véritable des scènes qu'il s'est chargé d'illustrer. Raphaël représente le style narratif dans toute sa pureté; il fait revivre l'esprit de chaque époque, nous initie aux pensées, aux sentiments de chaque acteur, nous charme par l'intérêt qu'il accorde à chaque épisode considéré en lui-même, et non dans ses rapports avec les décrets de la Providence.

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