LE MARIAGE DE PSYCHÉ ET DE CUPIDON
(Fresques do la Farncsiiic.)
droits dans les deux grandes fresques qui ornent la voûte et qui complètent ce vaste cycle, V Assemblée des dieux ou Psyché reçue dans
I. On a souvent attribué à Raphaël l'invention de l'Histoire de Psyché, gravée, en trentedeux pièces, par Augustin de Venise et par le maître au dé. Mais cette opinion nous paraît difficile à soutenir. En effet, Vasari déjà fait honneur de la suite tout entière au Flamand Michel Coxie, qu'il connut personnellement à Rome, en i5'}2. On objecte en outre la licence de certains sujets, la différence des tvpcs, notamment dans le personnage de Cupidon, dont Raphaël a fait un adolescent et l'auteur des estampes un enfant; la présence, dans l'une des gravures, d'un poOle, meuble septentrional alors inconnu en Italie, etc., etc. Le .système adopté à cet égard par Passavant est fort plausible : le savant biographe francfortois suppose que Coxie aura possédé quelques esquisses de Raphaël pour VHistoire de Psyclic, peinte dans la Farnésine, et les aura utilisées en y ajoutant beaucoup du sien. Les graveurs italiens, dans leur interprétation, auront enlevé aux compositions de Coxie leur cachet flamand et les auront traduites dans le style de l'Ecole romaine. De là l'erreur commise par bon nombre de critiques. (Voy. Passavant, Raphaël, t. II, p. 582; Grvyev., Raphaël et l'antiquité, t. Il, pp. 442 et suiv. ; Forsted, Farncsina-Stiidien, p. 85, ainsi que la notice de M. de Chen- NEviiiREs dans YAhecedario de Mariette, t. IV, p. .mq.) Plusieurs de ces gravures ont été à leur tour utilisées pour les admirables tapisseries de VHistoire de Psyché, conservées les unes au château de l'^ontainebleau, le.^ autres au château de Pau. Voy. la Tapisserie éditée par M. Quantin, iiou\cllc édition, pp. 210, 211, ainsi que pour les vitraux conservés au château de Chantilly.
L'HISTOIRE DE PSYCHÉ. 523
rOlj'mpe et le Mariage de V Amour avec Psyché. Après une si longue tîclipse, l'Olympe reparaît à nos yeux, aussi radieux qu'au temps de Zeuxis et d'Apelle.
Une seule des fresques de VHistoire de Psyclié trahit la main de Raphaël : on s'accorde à considérer comme son ouvrage la figure de l'une des Grâces, celle qui tourne le dos au spectateur, dans le tableau qui représente Eros montrant Psyché aux trois déesses : le modelé et le coloris y ont en effet une sûreté et une délicatesse qui manquent trop dans les autres parties de la composition. A cette époque, nous
PSYCHÉ REÇUE DANS l'oLYMPE
(P'rcsqiies de la Fariicsine.)
le savons d'ailleurs, Raphaël ne peignait plus à fresque, même pour le souverain pontife. Il se contentait de préparer les esquisses, quelquefois les cartons, s'en remettant à ses élèves du soin de les traduire sur le mortier.
Ceux de ses disciples dont il fit choix pour la décoration de la villa de Chigi, furent Jules Romain, François Penni et Jean d'Udine. L'adjonction de ces collaborateurs, si éloignés, malgré tout leur mérite, du génie du maître, ne pouvait qu'enlever aux compositions une partie de leur valeur; aussi VHistoire de Psyché fut-elle jugée sévèrement, à peine exposée aux regards du public. La lettre de Léonard le Sellier en fait foi. Les restaurations de Carlo Maratta ont encore aggravé les défauts imputables à Jules Romain et à Penni; elles ont surtout eu pour effet d'augmenter l'intensité des bleus qui servent de fond, et de détruire ainsi l'harmonie de l'ensemble.