K T U D E DE .MADONE
(Académie de Venise.)
pourrait se servir dans ses compositions ultérieures. Plus d'une fois, pressé ou fatigué, il a dû se borner à indiquer en quelques traits l'objet dont il désirait fixer le souvenir; d'autres fois il a eu le loisir de faire des esquisses très poussées. Qu'on ne l'oublie pas, d'ailleurs, un intervalle de dix ans peut-être sépare les premiers feuillets des derniers. Pendant ce temps, Raphaël avait marché à pas de géant. De l'interprétation la plus timide, du besoin d'exactitude le plus scrupuleux, il passe rapidement à une facture libre et mouvementée; bientôt il saci'ilie le
détail pour ne s'attacher qu'aux grandes lignes, et ces lignes, tracées d'une main rapide, acquièrent à leur tour, avec le temps, une vie et une puissance extraordinaires. 'Si d'aucuns sont tentés de se montrer sévères pour ces premiers essais, ils pourront s'autoriser de l'exemple même du maître. Quel sentiment de pitié ne dut-il pas éprouver dans la suite en comparant les premiers feuillets de l'album aux derniers!