CHAPITRE VI
le roi Henri MI, à qui ce tableau était destiné, avait envoyé à Guidobaldo, dès l'année i5o4, les insignes de l'ordre de la Jarretière et que le prince urbinate n'aurait pas attendu jusqu'en i5o6 pour commander à Raphaël le présent par lequel il désirait marquer sa gratitude. M. Schmarsow affirme, en outre, que les trois tableaux ont été peints à Florence, non à Urbin : on sait du moins que le Sai?it Georges à la lance est inspiré du bas-relief de Donatello à Or'San-Michele
Outre le Saint Georges et le Saint Michel, Vasari mentionne un Christ an jardin des Olijners qui fut peint par Raphaël pour Guidobaldo, et qui se trouvait, de son temps, chez les Camaldules d'Urbin. « C'était, dit-il, un tableau d'un tel fini, qu'on l'aurait pris pour une miniature. » Passavant a cru retrouver le Christ au jardin des Oliiners dans une peinture qui, après avoir appartenu aux princes Gabrielli, passa en 1849 dans la collection de M. Fuller Maitland, d'où elle est entrée, en 1878, dans la National Gallery de Londres. Mais cette opinion est aujourd'hui généralement abandonnée. MM. Crowe et Cavalcaselle attribuent le tableau en question au Spagna, tandis que M. Frizzoni le range dans l'œuvre du Pérugin (La composition offre en effet de grandes analogies avec un ouvrage de ce maître qui est conservé à l'Académie de Florence.) Quant au catalogue de la National Gallery, il place, avec une sage réserve, le Christ an jardin des Olipiers parmi les inconnus de l'Ecole ombrienne. Le tableau de Raphaël paraît donc perdu. Lorsque nous nous nous occuperons de la prédelle du retable de Saint-Antoine de Pérouse, nous examinerons de quelle manière le jeune maître comprenait un sujet si difficile à traduire en peinture.