‹ Raphaël (volume 4)Chapitre 98 sur 327 · ÉTUDE POUR I. A V I K R G E AU CHARDONNERET · texte numérisé non relu

ÉTUDE POUR I. A V I K R G E AU CHARDONNERET

(Université d'Oxford.)

Scrgardi, de Sienne, il fut acquis plus tard par François I"; il n'a pas cessé, depuis lors, tout comme le grand Saint Michel et la grande Sainte Famille, de faire partie de nos collections royales ou nationales.

Le Louvre s'est enrichi en 1881, grâce au legs de M. Timbal, de l'esquisse de la Belle Jardinière (anciennes collections Crozat, Lawrence, roi de Hollande, etc.;Timoteo Viti a certainement eu sous les yeux cette esquisse lorsqu'il a exécuté l'étude qui fait aujourd'hui partie | de la collection de M'"' le duc d'Aumale et qui a été exposée en iSyq à l'Elcole des beaux-arts : Braun, n" 2(3; la figure de l'enfant notamment est identique dans les deux esquisses'». Quant au carton de la Belle Jardinière, il se trouve en Angleterre, au château de Holkhouse, propriété du conite de Leicester.

La composition de la Sainte Famille à l'agneau, du musée de Madrid, s'écarte singulièrement de celle des ouvrages que nous avons eu l'occasion d'examiner jusqu'ici, quoiqu'elle témoigne d'une habileté non moins grande. Dans ceux-ci, Raphaël cherchait à grouper ses figures en forme de pyramide; dans la Sainte Famille à l'agneau, il change subitement de tactique et substitue au triangle des échelons. Les personnages vont en décroissant de droite à gauche : d'abord saint Joseph debout, appuyé sur un bâton et dominant toute la scène; plus bas, la Vierge à demi-agenouillée ; enfin le « bambino », à cheval sur un agneau qu'il entoure de ses bras et qui se prête de bonne grâce à ses jeux. Un beau paysage sert de fond à cette composition, dont la grâce et la suavité rappellent les œuvres les plus exquises de Léonard.

La Sainte Famille au palmier 'galerie Bridgewater — Ellesmere, à Londres; ancienne galerie d'Orléans) fornie, comme la Sainte Famille à l'agneau, une œuvre à part, placée en dehors de la série dont nous avons essayé de déterminer les caractères. Raphaël y montre qu'il n'entendait pas s'assujettir à un mode unique de composition. Si, par le charme qu'elle exerce, cette belle page est encore toute fiorentine, par sa gravité elle annonce déjà les Madones de la période romaine. Remarquons le l'nle joué par saint Joseph, qui, d'ordinaire sacrifié dans ces sortes de compositions, intervient ici comme acteur principal : agenouillé devant , l'enfant Jésus, il lui présente des fleurs qu'il vient de cueillir pour lui.

La Vierge dans la prairie, la Merge au ehardonneret et la Belle Jardinière exigeaient, dans leur apparente simplicité, une science extraordinaire. Raphaël, une fois le problème fondamental du groupement résolu, ne fût-ce que pour deux ou trois figures, devait être capable de passer aux thèmes les plus compliqués sans éprouver le moindre enibarras, l-'.n possession de ce secret, il ne lui en coûta plus de remplacer le tableau de chevalet pai" le retable monumental, et d'aborder des

(Musci; du Louvre.)

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(Mii'îêe dix Louvre.)

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