‹ Raphaël, l'œuvre du maîtreChapitre 6 sur 16 · SUPPLÉMENT · texte numérisé non relu

SUPPLÉMENT

P. 201. Il existe plusieurs répliques de la «Vierge à l’Œillet». La meilleure, au dire de Crowe et de Cavalcaselle (I p. 272) est celle que possède le comte Spada, à Lucca. Nous

Notes explicatives

y joignons la réplique qui est à Florence, dans la Collection Adolphe Gottschewski. Ces critiques estiment que Raphaël n’a mis la main à aucune de ces peintures, pas même à celle du comte Spada. 11 se serait contenté d’une esquisse et aurait confié l’exécution du tableau à ses élèves, ce qu’il s’est pourtant permis rarement dans la période florentine, mais plus fréquemment dans la période romaine de son activité. Une réplique, appartenant au comte de Pembroke, offre cette particularité que, sur la lisière du vêtement de la Vierge qui borde sa poitrine, on lit, outre le nom de Raphaël, la date de 1507. Une autre réplique fait partie de la Collection Speck-Sternbourg, à Lutzchena, près de Leipzig.

P. 206 (à gauche). D’après Crowe et Cavalcaselle (11 p. 461) la « Madonna del Passeggio » — ainsi nommée parce que Joseph passe dans le fond — ne serait pas de Raphaël, qui n’aurait fait que l’esquisse du tableau. Ils croient pouvoir en attribuer l’exécution à F. Penni.

P. 206 (à droite). Sous le nom de « Madonna da Loretto », on compte nombre de tableaux (copies) provenant d’une œuvre originale de Raphaël qui n’est pas parvenue jusqu’à nous. Le pape Jules 11 l’avait placée dans l’église de Santa Maria del Popolo, et c’est ce qui lui a fait donner le nom de Madonna del Popolo. Jusqu’en 1717, le tableau serait resté dans cette église et alors aurait été donné, à titre de présent, au trésor de la Santa Casa, à Lorette, par un nommé Girolamo Lottorio. De là le nom de Madone de Lorette. A la fin du XVllP siècle le tableau aurait disparu du trésor ; mais, d’après les recherches de Vôgelin {La Madone de Lorette, Zurich 1870) l’original de Raphaël n’aurait été présent à Santa Maria del Popolo que jusqu’en 1615. A partir de ce moment, on ne sait où il est. Dernièrement la Galleria Nazionale de Rome a présenté un fragment de tableau sur lequel on ne peut distinguer quelque chose que dans la partie inférieure, et qui est peut-être le dernier débris de l’original perdu. Huoo Fleres dans la Chronique des Beaux-Arts N. F. IX (1897 à 1898) p. 111 à 117 a publié là-dessus des explications détaillées.

P. 207 (à gauche). Le portrait de femme qui est aux Offices, et qu’on regardait comme celui de Madeleine Doni, n’est pas de Raphaël. On l’a attribué aux artistes les plus différents, entre autres à Léonard da Vinci ; on sait toutefois qu’il est d’un peintre florentin et de la première décade du XVF siècle.

P. 207 (à droite). Crowe et Cavalcaselle (II p. 475) l’attribuent à un artiste dans le genre de Sebastiano DEL PiOMBO. Récemment toutefois, des artistes autorisés se sont prononcés pour Raphaël.

P. 208 (à gauche). Le «Portrait de jeune Homme», au Louvre, d’après Lermolieff-Morelli (I p. 134) ne serait décidément pas de Raphaël, mais du Florentin Francesco Uber- TiNi, surnommé Bacchiacca, qui l’aurait fait postérieurement à 1518. W. VON Seidlitz {Répertoire des Trésors de l'Art, XIII p. 114, 1890) est non moins résolument du même avis.

P. 208 (à droite). Le «Portrait de Vieillard », de l’Ermitage, était originairement peint sur bois. C’est en 1869 qu’il passa sur la toile. La supposition qu’on a faite, qu’il représente les traits du poète napolitain Giacomo Sannazar, est inadmissible ; ce vieillard ne ressemble pas du tout aux portraits authentiques du poète. En 1850, l’œuvre fut achetée par l’Ermitage pour 16000 florins à la Collection du roi Guillaume II de Hollande. Comme elle a gravement souffert des nettoyages et restaurations qu’on lui a fait subir et qu’on n’est pas fixé sur ses origines, on ne peut l’attribuer en toute sécurité à Raphaël.

P. 209. Le tableau de la Galerie de Parme est de Jules Romain, qui a eu devant les yeux un dessin de Raphaël que possède aujourd’hui le Louvre.

P. 210 (à gauche). Le tableau de la Vierge que possède le comte de Northbrook, est l’œuvre d’un élève qui s’est inspiré comme modèle de la « Petite Vierge » de Panshanger (p. 23).

P. 210 (à droite). Le Jean-Baptiste du Louvre a déjà été rangé par Passavant au nombre des travaux d’atelier. MoRELLi y vit (I p. 54) une œuvre de Sebastiano del Piombo, d’après un dessin de Michel Ange.

Notes explicatives

P. 211 (tà gauche). Le «Joueur de Violon» qui a été conservé longtemps au Palais Sciarra, à Rome, est regardé aujourd’hui unanimement comme une œuvre de Sebastiano DEL PlOMBO.

P. 211 (à droite). Sur l’origine du double portrait du Louvre, connu autrefois sous le nom de « Raphaël et son maître d’armes », nous en sommes réduits aux conjectures. On a mis en avant les noms de Pontormo, de Sebastiano del Pjombo et de Polidoro da Caravaggio.

P. 212. Acquis, en 1886, par le Musée de l’Ermitage avec les autres tableaux du Musée Galitzin, de Moscou. D’après la notice consacrée à l’histoire de ce tableau dans le catalogue du Musée (3® édition, de 1891), il est resté jusqu’à la fin du XVIIP siècle dans l’Eglise du Couvent des Dominicains, à San Gimignano, en Toscane ; une chronique, publiée à Florence en 1695, nous informe que ce monastère le reçut, à titre de présent, du dominicain Bartolommeo Bartoli, confesseur du pape Alexandre VL Pendant l’invasion des Français en Italie, il fut retiré du couvent et passa en plusieurs mains avant d’être acquis, au commencement du X1X*= siècle, par le prince A. M. Galitzin, à Rome. Son fils, le prince Théodore Galitzin, en hérita. C’est à la mort de ce dernier, en 1862, à Rome, que le tableau a passé au Musée Galitzin, de Moscou, d’où il est venu à l’Ermitage.

P. 213. Ces deux tableaux, à l’origine Predelle d’un tableau d’autel, ont été achetés en 1818 pour le prince-héritier de Bavière comme œuvre de jeunesse de Raphaël, lors de la vente de la succession des Inghirami à Voltena. Passavant a montré le premier que ce sont des ouvrages de l’école de Pérugin. Crowe et Cavalcaselle (I p. 39) les regardent comme des tableaux du Pérugin lui-même; Morelli s’est rangé à leur avis (II p. 241). Dernièrement, des critiques munichois ont été de nouveau disposés à les attribuer à Raphaël, mais sans trouver de raisons convaincantes.

P. 214. Acheté en 1883, pour 200000 francs, de l’Anglais Morris Moore, par l’administration du Louvre, qui regardait ce tableau comme une œuvre de jeunesse de Raphaël. Moore l’avait acquis lui-même comme étant de Mantegna, et l’avait baptisé œuvre de Raphaël. Passavant l’attribue à Timoteo Viti d p. 134), Morelli, avec plus de raison, à Pietro PÉRUGIN, qui a laissé à Venise un carton de lui, qui est l’esquisse de ce tableau.

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