XIV PRÉFACE
l'humanité a reconnu en lui le plus grand des peintres. — « Oui, cela était autrefois ainsi ; mais nous avons changé tout cela. » — Raphaël, dit-on maintenant, n'a rien inventé. Où donc est son originalité?... Son originalité, la voici. 11 a mis le point au centre du cercle. Aux ouvrages incomplets de ses devanciers, il a substitué des œuvres complètes et définitives. 11 a trouvé la perfection, si tant est que ce mot appartienne à l'humanité. Yoilà ce qu'il faut dire et redire, aujourd'hui plus que jamais, et ce qu'il faut chercher surtout à démontrer par d'irrécusables preuves.
Les discussions littéraires et philosophiques étaient à l'ordre du jour au commencement du xvf siècle. Platon et Aristote se partageaient le monde^ et l'on quintessenciait à propos de tout. La peinture de portraits, en s'appuyant sur les principes qui viennent d'être exposés, était en plein courant de tradition classique. . . On raconte qu' Aristote, voulant avoir le portrait de sa mère, s'informa s'il y avait en Grèce un peintre qui se rattachât encore à l'école de Parrhasius, c'est-àdire un artiste qui fût dépositaire des grandes traditions de la peinture religieuse, et que, l'ayant trouvé, il lui confia le soin de peindre l'image à laquelle il attachait tant de prix... Qu'est-ce à dire? Sinon que les philosophes grecs avaient,