A LorelLe
2. GeUe rue existait déjà ; Jules II la refit en l'élargissant.
3. Où furent frappés, en '1508, les beaux jules en or à l'effigie du pape.
son initiative. Recueillis par lui, l'Apollon le Laocoon% le Torse, l'Hercule, l'Ariane se réveillèrent d'une léthargie dix fois séculaire, pour saluer, au nom de l'antiquité, le Moïse, les peintures de la voûte et des pendentifs de la chapelle Sixtine, les fresques de la Chambre de la Signature et de la Chambre d' Héliodore ^ c'est-à-dire l'art moderne dans sa forte et pleine expression. Raphaël avait sans doute en vue toutes ces choses quand il fit le portrait de Jules II. Étranger à la politique, il voyait dans le pape l'homme tout-puissant ciui l'avait accueilli, encouragé, compris. Jules II, de son côté, en se livrant au pinceau de Raphaël, s'abandonnait sans arrière-pensée à l'exquise jouissance d'avoir provoqué tant d'œuvres admirables. De là le calme et la satisfaction qui éclairent ce visage naturellement dur et rébarbatif.
De la distance où nous sommes et du point de vue où nous nous plaçons, ne voyons dans Jules II qu'un des plus grands papes, on pourrait presque dire le plus grand pape de la Renaissance italienne. Oublions le politique, dont les fautes même ne furent pas sans grandeur. Contrairement aux papes qui l'avaient précédé et à ceux qui allaient le suivre, il avait placé son ambition bien moins dans l'agrandissement de sa propre famille que dans celui de la papauté. Pour
4. L'Apollon avait été trouvé à Porto d'Anzio et acheté par Jules II, avant son pontificat.
2. Le Lnocoon fut découvert, sous Jules K, dans une vigne appartenant à Felice de Fredis, au milieu des thermes de Titus.
378 RAPIIAKL PEINTllI^ DE PORTRAITS.
réaliser son rêve, il avait appelé l'étranger; Dante et Savonarole n'en avaient-ils pas fait autant? Une seule chose d'ailleurs devait lui survivre et le placer très haut, l'esprit de la Renaissance, dont il fut animé jusqu'à son dernier souffle. Voilà le rayon suprême dont Raphaël a éclairé cette rude figure ; voilà la dernière impression qu'il faut emporter et garder du portraii de Jules II.