‹ Raphaël, peintre de portraitsChapitre 131 sur 133 · I. Vasari, t. VllF, p. n · texte numérisé non relu

I. Vasari, t. VllF, p. n

i. Va»ari,

sène. Non que ce rude vieillard démente le Jules II de l'histoire, mais il y avait en lui deux passions dominantes : l'une tenant à la politique, l'autre tenant aux arts. Si Jules II n'eut point été neveu d'un pape d'abord, pape lui-même ensuite, ce besoin de domination universelle, qui l'a tant égaré, n'eût pas eu de raison d'être; d'un autre côté, dans quelque condition que le hasard l'eût fait naître, on aurait eu en lui un homme de renaissance, sa passion pour les arts n'eût pas moins subsisté. Il y a donc en un tel personnage deux aspects différents. Raphaël, après avoir montré l'un dans la Chambre d' iîéliodore, a mis l'autre en relief dans le véritable portrait. En regardant cette peinture, on ne se souvient plus du Jules II de Pérouse et de Bologne, de la Mirandole et de Ravenne, du pape batailleur, tour à tour triomphant et vaincu, chevauchant à travers l'Italie, sur laquelle il a déchaîné le flot de l'invasion ; on ne pense qu'à l'homme de goût qui imprima aux arts une irrésistible impulsion. Ce fut Jules II, ne l'oubhons pas, qui appela et qui retint à Rome Bramante, Michel-Ange, Raphaël, et qui suscita leurs œuvres capitales. Le palais annexé à la Santa Casa^, la forteresse de Givita Vecchia, la rue de' Banchi" et la Zecca% la basiHque de Saint- Pierre et le nouveau palais du Vatican furent dus à

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