‹ Raphaël, peintre de portraitsChapitre 16 sur 133 · PORTRAIT DE RAPHAËL PAR LUI-MEME AU MUSÉE DES OFFICES · texte numérisé non relu

PORTRAIT DE RAPHAËL PAR LUI-MEME AU MUSÉE DES OFFICES

Le portrait de la galerie des Offices ^nous fait passer de l'année 1499 à l'année 1506. Raphaël a vingt-trois ans et Ton proclame en lui un maître. La renommée l'accompagne, déjà même la gloire le réclame. 11 sait d'où il vient, il voit où il va. Nulle obscurité dans sa vie, nulle hésitation dans sa marche. Depuis deux ans Pérouse ne lui suffit plus. Après avoir montré dans le Spozalizio^ de quelle distance il avait dépassé Pérugin, il est venu rendre hommage au duc Guidobaldo, réintégré par Jules II dans le duché d'Urbin^ Puis il s'est hâté vers Florence, où

dessin d'Oxford. Ce dessin est dans un tel état de dégradation, qu'il n'existe pour ainsi dire plus.

1. Peint en 1504 pour l'église des Franciscains à Città di Castelio. {Les Vierges de Raphaël et l'Iconographie de la Vierge, t. Il, p. 21.)

2. Ce fut alors que Raphaël peignit, pour le duc d'Urbin, le Christ au mont des Oliviers^, qui appartient à M. Fuller Maitland, à Stanstead (Sussex) : « La quai pittura è tanto finita, che un minio non pu6 essere nè migliore, nè altrimenti. » (Vasari, t. VIH, p. 8.) Le Petit Saint Michel et le Petit Saint Georges, du musée du Louvre, datent de ce même voyage à Urbin.

il a mûri son talent au contact des plus grands artistes que l'Italie eut encore possédés, et, sans apostasie, mais avec un éclatant progrès, il a fait comme une nouvelle profession de foi dans la Vierge du Grand-Duc^, Revenu ensuite à Pérouse pour y terminer le grand tableau d'autel du couvent de Saint-Antoine de Padoue% il a peint en même temps la fresque des camaldules de San Severo, et prouvé de quel vol il pouvait s'élever désormais dans les hautes régions de la peinture. Florence, cepen- ^^ant, l'a rappelé bien vite. Il y a vécu de nouveau dans l'inlimité des Baccio d'Agnolo, des Filippino Lippi, des Ridolfo Ghirlandajo, des Benedetto da Majano, des Andréa Sansovino, des Antonio et des Aristotile da San Gallo ; il a été témoin de l'activité enthousiaste de la haute bourgeoisie florentine; il a peint la Vierge au Chardonneret^ pour Lorenzo Nasi, la Vierge dans la Prairie'^ et la Sainte Famille aux Palmiers^ pour Taddeo Taddei. Il a été sans doute vers la fin de l'année 1505 h Bologne, ou il s'est lié avec Francesco Francia et avec Lorenzo Costa. Enfin il est revenu en 1506 à Urbin, où il a trouvé, réunie autour de Guidobaldo et de la duchesse Élisabeth Gonzague, la

1. Les Vierges de Raphaël et l'Iconographie de la Vierge, t. III, p. 26.

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