‹ Raphaël, peintre de portraitsChapitre 85 sur 133 · FRÉDÉRIC DE MONTEFELTRO · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC DE MONTEFELTRO

DUC d'uRBIN ^

Dans l'inventaire de la succession du duc d'Urbin dressé par Bastiano Venturini en i65/i, on trouve la mention d'un portrait de Frédéric de Montefeltro peint sur toile par Raphaël. M. Dennistoun pense que ce portrait est celui que l'on voit maintenant au palais Pitti^.. Frédéric, tête nue, a revêtu son armure, par-

1. Raphaël étant né un an après la mort de Frédéric de Montefeltro, n'a pu faire qu'une répétition de ce portrait. Nous n'en donnons pas moins à ce chapitre la valeur et le titre que nous attribuons aux chapitres qui contiennent des portraits originaux, et cela pour deux raisons: l'importance du personnage; l'intérêt que prend son portrait placé en tête d'une galerie de famille, dans laquelle le portrait de François-Marie délia Rovere va rattacher les portraits des ducs d'Urbin aux portraits de Jules II.

2. On en connaît une réplique dans le palais Albani, à Urbin. — Memoirs of Ihe Dukes ofUrbino, par M. Dennistoun, London,185 l, vol. III, p. 441 ; et Passavant, tome II, p. 46.

dessus laquelle il a jeté un manteau rouge doublé d'hermine. De ses deux mains il soutient un livre posé sur une table, où sont étalés les insignes de l'ordre de la Jarretière. Au fond, à droite, un rideau vert; à gauche, une fenêtre ouverte, qui permet d'apercevoir le château d'Urbin. Par l'arrangement et par le style, ce tableau appartient à la fm du xv^ siècle ; par l'exécution, il est postérieur au siècle de Léon X et ne porte la marque ni de l'esprit ni de la manière de Raphaël. La figure, de grandeur naturelle et coupée à mi-corps, est gauchement dessinée, froidement peinte, sans originalité, sans physionomie et sans caractère.

D'un autre côté, Pungileoni parle d'un petit portrait du duc Frédéric, peint à l'huile par Raphaël d'après un tableau de Giovanni Santi\ Ce tableau, qui a passé de la galerie du peintre Agostino Gomerio dans celle du chevaHer Grivelli, à Milan, n'est pas plus de la main de Raphaël que le précédent; mais comme il reproduit celui du palais Pitti, l'un et l'autre sont probablement des répétitions d'un même portrait original, dont on peut très vraisemblablement faire honneur au père de Raphaël, en s'autorisant des relations intimes qui avaient existé entre Frédéric d'Urbin et Giovanni Santi ^ .

1. Elogio slorico di Giovanni Santi, p. 18. — Voir aussi Longhena, p. 242 de la traduction italienne de l'ouvrage de Quatremère de Quincy.

2. Ce portrait a été gravé, sans indication du nom du peintre, pour l'ouvrage de Girolamo Musio Giustinopolitano : Ilistoria de

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