‹ Raphaël: Peinture de Portraits, Volume 2Chapitre 101 sur 131 · LÉON X DANS L*INGBNDIB DU BOURG · texte numérisé non relu

LÉON X DANS L*INGBNDIB DU BOURG

La fresque de V Incendie du Bourg ^ la première en date des quatre grandes fresques qui décorent la troisième chambre de Raphaël au Vatican, dite Chambre de Charlemagne, fait allusion, vers la fin de l'année 151/i, au fléau d'une conflagration universelle conjurée par l'habileté de Léon X. Quand, durant l'in-

4. Le SI octobre 4544, Marie d'Anglelerre fut confiée au duc de Norfolk, qui la conduisit à Abbeville. Le mariage de cette princesse avec Louis XII y fut célébré, le 9 du môme mois, par des fôtes d'une grande magnificence. Anne Boleyn était au nombre des filles d^bonneur qui accompagnaient la jeune reine. Des tournois, où se distinguèrent surtout le duc de Norfolk et le marquis de Dorset, signalèrent ces fêtes. Louis Xil, quoique jeune encore, était dans un tel état de faiblesse, qu'il y assista sur un lit de repos. Henri VIII, à Toccasion de ce mariage, reconnut les droits du roi de France sur le Milanais.

cendie qui dévorait le Borgo vers le milieu du ix* siècle, Léon IV commanda aux flammes de s'arrêter, le miracle fut moins grand, disaient les apologistes des Médicis, que quand Léon X, aux approches de 1515, parvint à rendre la paix à l'Italie, si profondément et depuis si longtemps dévastée par la guerre. Raphaël reçut donc l'ordre de substituer Léon X à Léon lY dans la loggia de Tancienne basilique. Comme cette loggia est reléguée tout au fond du tableau, le pape, entouré de sa cour, n'apparaît qu'à l'arrière-plan, et l'on ne peut voir là tout au plus qu'une indication de portrait. Ce document, au point de vue de l'iconographie, est pour ainsi dire nul, et nous ne l'introduisons ici que pour mémoire... L'incendie du xvi* siècle, moins facile à maîtriser que celui du ix% ne fut éteint que pour un jour. Le feu continua de brûler sous la cendre, tout prêt encore à jaillir et à étendre partout ses ravages.

La médaille sur laquelle on voit, d'un côté le buste de Léon X, de l'autre la Paix, la Justice et l'Abondance, avec cette inscription : fut pax in virtvte tva (que tes vertus fassent régner la paix), fut également exécutée vers 1515 pour célébrer l'ère pacifique que le pape se flattait d'avoir inaugurée dans la Péninsule... D'autres médailles furent faites à la même intention. — Sur Tune d'elles, Jésus-Christ bénit ses apôtres : pacbh MEAM DO voBis (je VOUS douue ma paix). — Sur une autre, la Paix approche une torche allumée d'un faisceau d*armes : scvta cohbvret igni (elle brûlera les

boucliers)... Comme le peintre, les médailleurs travaillaient par ordre et se pressaient trop d'annoncer la bonne nouvelle.

François P' succède à Louis XII, et Léon X se trouve en pré^sence d'un prince jeune, brave, ardent, chevaleresque, enivré des récits merveilleux rapportés d'Italie, ne rêvant que de Ravenne et de Gaston de Foix, impatient de fouler cette terre ensoleillée d'amour et de gloire*. Pour ne pas laisser de doute sur ses intentions, il prend aussitôt le titre de duc de Milan, et se fait céder par la reine les droits qu'elle tenait de Louis XII sur le Milanais. Fort de l'alliance de Henri VIII et de l'archiduc Charles, c'est-à-dire de l'Angleterre et des Pays-Bas, il donne rendez-vous aux Vénitiens sur les bords de l'Adda. Vainement Léon X s'efforce de rompre une trame si précipitamment formée. L'audace du roi triomphe de la duplicité du pape, el voilà la paix, si pompeusement annoncée, encore une fois compromise, voilà les armées dé la France et de la Sainte-Ligue qui vont s'entre-choquer de nouveau, et le sang qui va se remettre à couler à flots dans la Péninsule. Tandis qu'arrivant par la route de mer Aymar de Prie s'empare de Savone et de Gênes, de Tortone et d'Alexandrie, Pierre de Navarre, à la tête de ses Gascons et de ses Basques, se glisse entre les* Alpes Maritimes et les Alpes Cottiennes, et entraîne le

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