LÉON X DANS LA DÉFAITB DES SARRASINS
Léon X était rentré à Florence le 22 décembre 1515. Il avait officié, le jour de Noël, à Santa-Maria-del- Fiore, était revenu à Rome pour le commencement de l'année 1516 et se reposait à Civila-Lavinia des fatigues de son voyage, quand des corsaires barbaresques débarquèrent sur la côte et faillirent s'emparer de la personne même du pape*. Léon X n'eut que le temps de se sauver à Rome... La fresque qui représente la victoire de saint Léon IV sur les Sarrasins fut peinte en mémoire de cet événement *. Léon X, qui vient
1. Civita-Lavinia était à trois milles de la mer, entre Ântium et Ostie.
î. Voir les Fresques de Raphaël au Vatican, p. 285.
d*échapper aux infidèles, prend tout naturellement la place du pape qui avait donné son nom à la cité Léonine. Assis, à la gauche de la fresque, sur un siège exhaussé d'un piédestal de marbre, il lève les yeux vers le ciel, en action de grâces du triomphe des chrétiens, et bénit les guerriers qui viennent de vaincre les Sarrasins*. De profil à droite et coiffé de la tiare, il est revêtu de ses habits sacerdotaux. Son visage est fort idéalisé. Là encore on n'a pas un portrait véritable, on n'a qu'un simple souvenir. « Les histoires, dit Montesquieu, sont des faits faux composés sur des faits vrais, ou bien à l'occasion de faits vrais. » Il en est de même de bien des portraits, dans lesquels l'imagination ajoute à la vérité naturelle... Les personnages qui entourent le pape sont aussi des portraits. On reconnaît notamment, derrière le souverain pontife, le cardinal Jules de Médicis et le cardinal Bibbiena. Ce dernier, nous l'avons vu*, allait être mêlé de la façon la plus intime aux projets de guerre sainte que Léon X nourrissait déjà dans son cœur.
Le 1" janvier 1516, l'Italie crut entrevoir la fin de ses maux. Ce ne fut qu'une halte de quelques jours dans la voie douloureuse qu'elle avait à parcourir encore, une courte éclaircie dans un ciel chargé d'orages.
4. Les mains du pape portent des bagues au pouce, à Tindex et à l'annulaire.