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Ferdinand d'Aragon meurt le 23 janvier 1516, et sa mort est le signal de nouvelles complications dans la Péninsule. Au moment où François P', qui n'attendait que cet événement et qui se croyait sûr du pape, s'apprêtait à mettre la main sur la couronne de Naples, Maximilien entre en Italie avec des forces considérables. Léon X aussitôt dépêche à l'empereur le cardinal Bibbiena \ et, sans rompre avec le roi de France, travaille à le trahir. Mais l'indécision de Maximilien fait tourner de nouveau la fortune du côté des Français. Au moment où Milan allait tomber au pouvoir des impériaux, Maximilien donne ordre de lever le siège et se retire en hâte au fond du Tyrol. Léon X se rapproche alors de François 1", et, ne pouvant tailler une principauté pour son neveu dans le royaume de Naples, il dépouille François -Maria délia Rovere du duché d'Urbin afin d'en donner l'investiture à Laurent de Médicis... Les habitants de Lodi, partisans du roi de France, passés au fil de l'épée par Marc-Antoine Colonna ; les faubourgs de Milan, favorables aux impériaux, incendiés par le connétable de Bourbon ; une abominable spoliation commise par le pape dans un intérêt de famille : voilà encore, pour les sept premiers mois de l'année 1516, ce que donne la paix promise à l'Italie par Léon X, sans compter les flots de sang répandus à Brescia, qu'André Gritti et Laulrec reprennent pour le compte des Véni-
i. II ordonne en même temps à Marc-Ânloine Colonna, qui commandait en Romagne, de joindre ses troupes à celles de l'empereur.
tiens, et à Vérone, que l'armée pontificale conserve aux Allemands*.
La grande appréhension de Léon X était toujours de voir les Français s'établir en Italie. Pour les en déloger , tout lui fut bon. Le traité de Noyon, (13 août 1516), par lequel le roi de France et le roi d'Espagne se garantissaient leurs États en deçà comme au delà des Alpes, redoubla ses alarmes *. Il tenta vainement d'y opposer le traité de Londres (29 octobre 1516) '. U Alliance perpétuelle^ qui mit les cantons helvétiques du côté de la France, fut un nouveau coup de fortune pour François P'. Tout sembla tourner contre le pape. François-Marie délia Rovere reconquit son duché d'Urbin, et Léon X, pour le lui arracher de nouveau, fut forcé de soutenir une guerre de huit mois, qui épuisa le trésor pontifical en abaissant le prestige moral de la papauté. Survinrent la conspiration du cardinal Petrucci et les abominables supplices qui la suivirent *. Un assez grand nombre de cardinaux ayant
4. Après la retraite de Maximilien, Marc-Antoine Golonna était passé, avec Tassentiment de Léon X, au service de rAllemagne. Ce fut lui qui défendit Vérone contre Venise.
t. Charles d'Autriche s'engageait à défendre le Milanais conquis par François P', et François I" donnait en mariage à Charles d'Autriche sa fille Louise, âgée d'un an, à laquelle il abandonnait tous les droits de la maison d'Anjou à la couronne de Naples.
3. Par le traité de Londres, Léon X formait contre la France une ligue sainte avec l'Angleterre, l'Allemagne et l'Italie.
4. Les cardinaux Pauli, Riario, Soderini, etc., avaient été, plus ou moins directement, complices du cardinal Petrucci. Ils en furent
pris part à ce complot, Léon X ne se trouva plus en sûreté dans le sacré collège, et, pour s'y entourer de nouveaux partisans, fit en un seul jour (26 juin 1517) trente et un cardinaux, dont plusieurs n'étaient même pas encore arrivés à la prélature*. La plupart payèrent leur pourpre d'une partie de leur fortune, et comblèrent ainsi le vide que la guerre d'Urbin avait fait dans les finances du saint-siège. II y eut là, pour la papauté, un grand abaissement moral, et ce fut néanmoins l'instant où matériellement la cour de Rome rayonna de la plus grande splendeur. Quiconque y avait rang devait paraître avec un luxe éblouissant. Chaque cardinal avait un train de vie quasi royal. Le plus pauvre ne possédait pas moins de huit à dix mille ducats de revenu. Toute l'Europe, étant tributaire de l'Église, contribuait à leur fortune, dont le bon plaisir seul du pape fixait les bornes. A la fin de Tannée 1517, la prospérité de Rome sembla ne laisser rien à désirer. Les Romains, se croyant revenus à l'âge d'or, décrétè-
quittes pour de fortes sommes d'argent. Le chirurgien Vercelli et les complices secondaires payèrent pour tous. Non seulement ils furent mis à mort, mais, à la honte de Léon X, on ne sut qu'inventer afin d'aggraver leurs supplices et de prolonger leur agonie. 4 . Lodovico Rossi fut compris dans cette promotion. Jlgidius de Yiterbe, Lorenzo Campoggio, Gristoforo Numalio, Tommaso Yio, y représentèrent l'érudition. Giovanni Piccolomini, Andréa délia Yalle, Niccolè Pandolfo, Niccolo Ridolfi, Giov. Salviati, Ercole Bangone, Silvio Passerini, Francesco de' Conti, Paolo Emilio Gesi, Raffaelo Petrucci, Louis de Bourbon, Adrien d'Ulrecht, Pomp«o Golonna, Franciotto Orsini, etc., furent nommés ce môme jour.
rent qu'une statue serait élevée à Léon X au Capitule, et que, sur le piédestal de cette statue, on placerait l'inscription suivante :
OPTIMO.PRINGIPI.LEONI.X.