‹ Raphaël: Peinture de Portraits, Volume 2Chapitre 114 sur 131 · Vasari, t. Vlll, Vita di Andréa del Sarlo, p · texte numérisé non relu

Vasari, t. Vlll, Vita di Andréa del Sarlo, p

royal. Jusqu'en 18/1.1, personne n'avait mis en doute l'authenticité du portrait de Florence. Alors seulement, le chevalier Antonio Niccolini, directeur du MuseoReale, fit graver le portrait de Léon X que possède ce musée, et accompagna cette gravure d'un long plaidoyer en faveur de l'originalité du tableau de Naples. Une controverse pleine d'aigreur s'engagea entre les Napolitains et les Toscans, et, après nombre de mémoires publiés de part et d'autre, la victoire resta aux Florentins. En présence du témoignage de Vasari, en présence surtout de l'œuvre elle-même, tous les arguments et toutes les subtilités ne purent prévaloir. Le palais Pitti possède le portrait original de Léon X, aucun doute n'est possible à cet égard *.

Sur la peinture même de Raphaël, Vasari s'exprime ainsi : « Raphaël fit à Rome un tableau de bonne grandeur, dans lequel il représenta le pape Léon X, le cardinal de Médicis et le cardinal de' Rossi. Les figures semblent n'être pas seulement peintes, mais se montrer en relief et en bosse. Le velours a son poil ; la moire du damas dont le pape est vêtu miroite avec éclat ; les fourrures de la doublure ont la morbidesse de la vie; les ors et les soies sont si bien imités,

4. Vasari raconle, dans sa propre vie, qu'il avait peint aussi une copie du portrait de Léon X pour Otlaviano Medici, en 4587. Ottaviano, dans une de ses lettres, parle de cette copie, qui passa vraisemblablement de la collection de W. Roscoe, à Liverpool, dans celle de M. H. Coke, à llolkham. Elle est belle, quoique ayant poussé au noir. (Passavant, t. 1[, p. tl^,)

qu'ils ne paraissent pas avoir été simulés avec un pinceau, mais qu'on croit voir l'or et la soie mêmes. On remarque un livre dont une des feuilles est couverte de miniatures d'une extraordinaire vivacité de tons, et une sonnette d'argent d'un travail dont on ne saurait assez louer la beauté. 11 y a, entre autres choses, sur le siège pontifical, une boule en or bruni, dans laquelle se reflètent comme dans un miroir (tant est profonde sa limpidité) la lumière des fenêtres, les épaules du pape, et les lignes tournantes de l'architecture du fond. Et toutes ces choses sont faites avec un soin tel, qu'aucun maître assurément n'a jamais mieux fait et ne pourra mieux faire. Le pape récompensa royalement cet ouvrage, qui se voit dans les appartements du Grand-Duc \ » En insistant ainsi sur la perfection des choses secondaires, Vasari n'indiquet-il pas suffisamment quelle est la rare beauté des parties principales? Quand il s'arrête à vanter les détails et à en relever l'illusion, il est loin d'ignorer que de pareilles minuties, si achevées qu'elles soient, ne constituent point un chef-d'œuvre ; mais, voulant donner l'idée du chef-d'œuvre lui-même et ne trouvant pas de paroles qui puissent en transmettre l'image à l'esprit, il se rejette sur les moindres objets, et laisse à l'intelligence du lecteur le soin de juger du principal par rapport aux accessoires. Le principal, c'est-à-dire le pape et les deux cardinaux qui l'assistent, est en

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