‹ Raphaël: Peinture de Portraits, Volume 2Chapitre 119 sur 131 · Litta entre autres · texte numérisé non relu

Litta entre autres

2. Antonio Pollajuolo nous a laissé le portrait de la Simonetta. Ce portrait a passé de la maison Vespucci dans la collection de M. Frédéric Reiset, et de là dans la galerie du duc d'Aumale. Il représente une très élégante jeune femme, nue jusqu'à la ceinture : les tresses de ses cheveux sont garnies de perles; un collier, en forme de serpent, entoure son col et descend jusque sur sa poitrine. Au bas, se trouve Tinscriplion suivante : simonetta ianvensis TBSPVGciA. Voilà la vraie Simonetta, chantée par Pulci et par Politien. — Un prétendu portrait de la Simonetta, attribué à Sandro Bolticelli, se trouve au palais Pitti. Ce portrait^ cité par Vasari (t. V, p. 421), est celui d'une jeune femme, vue de profil, délicate, un peu pâle, avec un très long col. Le costume indique une personne d'humble condition. Cette peinture a été gravée par Calamatta dans le tome P' de la R, Galleria de* Pitti, etc., publiée par Luigi Bardi, et ne rappelle en rien le portrait de la galerie du duc d'Aumale.

3. Le fils naturel de Julien de Médicis fut tenu sur les fonts baptismaux par Antonio Giamberti da San-Gallo, et quand Julien eut été assassiné, ce fut aux Giamberti, peut-être à Antonio luimême, que Laurent le Magnifique confia l'enfant. (Voy., dans la Revue des Deux Mondes du 45 février 4875, le travail de M. Gustave Gruyer sur Touvrage que M. de Reumont a consacré à Laurent le Magnifique.)

sort de sa famille et se mit à errer de cour en cour, séjournant à Bologne près des Bentivoglio, à Pitigliano près des Orsini, à Città di Gastello près des Yitelli. Il s'associa à ses cousins dans leur tentative contre Florence en 1497, fit ensuite avec le cardinal Jean le voyage d'Allemagne et de France, regagna l'Italie en 1500, et vécut dans l'obscurité jusqu'en 1512. Il assistait à la bataille de Ravenne, et ce fut lui que Jean de Médicis expédia à Rome pour apprendre & Jules II de quel prix les Français avaient payé la victoire. Rentré à Florence avec tous les Médicis, il fut nommé chevalier de Rhodes et prieur à Capoue. Lors du couronnement de Léon X en 1513, il portait l'étendard de l'ordre et se tenait auprès du pape, qui le nomma cardinal au mois de septembre de la même année ^ Comme on ne pouvait faire entrer un bâtard dans le sacré collège, Léon X légitima sa naissance en supposant un mariage secret entre Julien de Médicis et la Fioretta. Personne ne crut à cette fable et tout le monde fut scandalisé, mais aucune protestation n'osa se produire. Le cardinal Jules, qu'on nomma dès lors le cardinal de Médicis, fut fait en même temps archevêque de Florence et pourvu par surcroît de riches diocèses en Italie, en Espagne et en France.* Il parut être à. la hauteur de sa fortune. On le voit, durant

4. Il fut créé cardinal au titre de Santa^Maria'-innDofnnicaj qu'avait porté le cardinal Jean avant d'ôtre Léon X. 2. n eut, entre autres, Tévôcbé de Marseille.

tout le pontificat de Léon X, chargé des plus importantes missions et s'en tirer à son honneur. En 1515, il est envoyé comme légat & Cologne et conserve cette ville à la papauté. Lorsqu'on 1517 Laurent deMédicis est mis hors de combat dans la guerre d'Urbin, c'est lui qui se trouve chargé du poids de cette malheureuse guerre et qui mène à bonne fin la campagne. Léon X le nomme alors vice-chancelier de la Sainte-Église, et lui confie le gouvernement de Florence après la mort de Laurent. A force de sagesse et de modération, le cardinal de Médicis désarme les partis, vient à bout des conspirations, et, sans effusion de sang, rétablit la paix dans la ville. On le retrouve, en 1521 , légat à l'armée pontificale en Lombardie, où il prend une part considérable au triomphe de la ligue contre les Français.

De 1513 à 1521, voilà la période la plus brillante et la plus heureuse de la vie du cardinal de Médicis. C'est alors que Raphaël joint le portrait de ce personnage au portrait de Léon X. Le cardinal et le pape étaient à peu près du même âge. L'un, cependant, a l'air beaucoup plus jeune que l'autre, est de complexion plus vigoureuse et plus saine. Laurent le Magnifique, robuste d'esprit, avait été valétudinaire de corps, et Léon X était en tout l'héritier de son père. En épousant Clarice Orsini, Laurent n'avait fait qu'un mariage politique. En butte à la haine de Sixte lY, il avait voulu se ménager un allié puissant auprès de la papauté même, et ne s'était peut-être pas assez pré-

occupé des enfants qui seraient ses fils et ses filles ^ Quant à Julien de Médicis, l'histoire nous montre en lui un brillant chevalier, épris de poésie, laissant la politique à son frère et s'abandonnant sans arrière-pensée à la fantaisie, à Tamour. Et qu'était-ce que la Fioretta ? Une fille séduisante et séduite, belle assurément puisqu'elle était aimée, éprise elle-même follement de son volage amant. A défaut de légitimité, les enfants nés de pareilles unions apportent généralement, comme appoint dans la vie, la santé. Ce fut en effet le lot du cardinal de Médicis, et c'est ce que Raphaël a parfaitement déterminé. En 1518, le cardinal de Médicis était arrivé à la maturité, en conservant l'apparence de la jeunesse. Il était grand et bien équilibré dans sa force. Tel il nous apparaît dans son portrait. Raphaël a non moins bien exprimé le caractère moral de l'homme: une certaine étroitesse de vue, la timidité, l'indécision du caractère, l'irrésolution de la pensée, une honnêteté sans prévoyance, tout un ensemble de qualités moyennes, qui permettent à un honune de briller au second plan, mais qui le condamnent à la médiocrité dès que la fortune le porte au rang suprême. Jules de Médicis, dévoué corps et âme à Léon X, fut de 1513 à 1521 un excellent exécuteur de la pensée du maître, et l'on se put méprendre alors sur sa va-

4. Gela, bien entendu, n'est qu'une supposition. Si nous connaissions avec certitude quelque portrait de Clarice Orsini, nous serions dans une certaine mesure édifié sur ce point.

leur. Quand Theure des grandes responsabilités sonna pour lui, il donna sa mesure véritable.

Les Français avaient abandonné Milan et le cardinal de Médicis venait d'y entrer en triomphateur, quand lui parvint tout à coup la nouvelle de la mort de Léon X. Aussitôt il accourt à Rome, pensant être élu pape par une assemblée de cardinaux où siégeait tant d'hommes qui devaient tout aux Médicis. Cependant le vieux précepteur de Charles-Quint, Adrien d'Utrecht, devient Adrien VL Le cardinal de Médicis, calomnié près du nouveau pape par le cardinal de Volterre, se retire à Florence; mais il en est bientôt rappelé, et Adrien VI lui accorde dès lors toute sa faveur *. Le 18 novembre 1523, après quarante-huit jours de conclave, il devient pape à son tour sous le nom de Clément VII *. Alors commence pour lui la montée du Calvaire. Peu d'hommes ont été plus malheureux, peu d'hommes ont moins mérité leurs malheurs et peu d'hommes ont moins obtenu la pitié de l'histoire.

En prenant possession de la tiare. Clément VII fit généreusement sortir de prison le cardinal Soderini et lui rendit, ainsi qu'à tous les siens, la patrie, la

4. Le cardinal de Volterre était frère de Pierre Soderini, Fancien gonfalonier de Florence chassé en 4542 par les Médicis, et il se vengeait sur le cardinal Jules. Adrien VI ne tarda pas à découvrir les machinations du cardinal de Volterre, qui conspirait avec la France, et le fit jeter en prison.

2. l\ fut élu malgré l'opposition des Golonna, alliés de l'empereur.

fortune, les honneurs... Les mœurs étaient détestables en Italie, particulièrement dans l'Église. Le 2 mail52/i, le nouveau pape lança une bulle contre les abus du clergé et voulut les réprimer. L'intention était excellente, l'effet fut nul, et par conséquent déplorable. Il y a des plaies qu'il faut cacher et qu'on ne doit même pas avouer, quand on n'est pas sûr, en les dévoilant, de les guérir. Les abus demeurèrent, et, publiquement dénoncés par le pape, servirent d'arguments contre la papauté. Clément VII, néanmoins, put célébrer en paix le jubilé de 1525 ; mais l'éclat de ces fêtes religieuses ne fit qu'exciter Luther, qui parcourait l'Allemagne et gagnait à sa cause la plus grande partie des populations. Le nonce pontifical, envoyé à Nuremberg pour combattre le schisme, avait des instructions qu'il eut l'imprudence de ne pas tenir secrètes et dans lesquelles le souverain pontife lui-même ne dissimulait pas les côtés faibles de la cour de Rome. La diète demanda un concile œcuménique. Clément VU, timide et irrésolu, recula devant cette mesure extrême. L'audace des révoltés, aussi bien que les remontrances des princes et les prières des hommes les plus dévoués au siège apostolique, auraient dû le décider. Il n'osa rien. On a prétendu que l'irrégularité de sa naissance lui avait fait craindre le concile. On a dit aussi qu'une accusation de simonie devait être portée contre lui et qu'il avait reculé devant elle. Ces imputations sont calomnieuses. La vérité est que Clément VII, par timidité naturelle et par irrésolution, ne sut prendre un

parti. Il avait plus peur encore de Charles-Quint que de Luther, et il crut aller au plus pressé en essayant de faire échec au puissant empereur. En cela, il manqua de jugement et de clairvoyance. Il compta sur la France, toute meurtrie des blessures de Pavie, sur son roi, grisé par le grand air dont il s'enivrait après toute une année de captivité, sur Henri VIII, qui son» geait déjà à son divorce avec Catherine d'Aragon, sur les États secondaires de la Péninsule, que le moindre échec devait accabler, et il se lança très imprudemment dans une guerre dont l'issue était marquée d'avance *. Au moment décisif, ses alliés l'abandonnèrent, et la colère de Charles-Quint retomba de tout son poids sur lui. Le connétable de Bourbon, qui se fit l'exécuteur des hautes œuvres de l'empereur, prit Rome d'assaut et la livra au pillage *. Clément VII, enfermé au château Saint-Ange, y subit durant sept mois la plus dure captivité. Le sac de 1527 étendit comme un voile funèbre sur la ville étemelle. De toutes les splendeurs passées, il faillit ne plus rester qu'un épouvantable mélange de boue, de sang et de ruines. Raphaël avait eu le bonheur de mourir sept ans auparavant. Ses œuvres furent profanées, son école fut dispersée, tout ce qu'il avait laissé de son âme à ses élèves disparut ii jamais. Rien de semblable ne s'était vu depuis Alaric. La Renaissance italienne ne se releva pas d'un pareil coup.

4. La ligue formée par Clément VU fut conclue le 22 mai 4526. 2. Le connétable de Bourbon perdit )a vie en s'emparant de la ville.

Charles-Quint était à Valladolid quand il apprit le désastre de la papauté. La reine venait de mettre au monde l'infant don Philippe, et Ton était en pleine réjouissance. L'empereur prit le deuil, mais ne lâcha pas sa proie. Clément VII en fut réduit à souffrir de la faim. Son infortune émut le cardinal Colonna, son ennemi personnel, qui le fit sauver sous un déguisement et l'accompagna lui-même jusqu'à Ometo. S'il avait suivi les conseils de Balthazar Castiglione, son ambassadeur auprès de Charles-Quint, il eût préservé Rome du plus grand des désastres et la papauté de la plus grande des hontes.

Clément VII parut atteint jusqu'aux sources de la vie, mais sa force de tempérament était telle qu'il ne mourut pas. Il portait vigoureusement ses cinquante ans à la veille de sa captivité ; il parut plus âgé que son âge au lendemain de cette épreuve. Jusque-là il était resté semblable à son portrait par Raphaël. On retrouvait en lui le visage fraîchement rasé, l'œil limpide et le regard calme que l'on avait connu au temps de Léon X. Il n'en fut plus de même après les sept mois de réclusion durant lesquels le pauvre pape avait laissé croître sa barbe, que depuis lors il ne coupa plus\ L'œil s'était enfoncé dans son orbite, le regard

i . Od trouve des médailles qai représentent le pape célébrant le jubilé de 4525 et portant toute sa barbe, mais ces médailles ne furent faites que longtemps après; le caractère idéal que présente la tête du pape en est la preuve. — Sur une de ces médailles, on voit le buàle du pape : clbmbns vu . pont . max . udxxv . anno ii .

s'était éteint, le nez s'était aminci et comme allongé, la bouche désormais rentrante et les lèvres amincies disparaissaient presque sous les ondulations de la longue barbe, qui cachait aussi le menton et les joues. Un homme était entré au château Saint- Ange, un vieillard en sortait. — C'est ce que démontre la médaille remarquable attribuée par Vasari à Francesco di Girolamo dal Prato. Le buste du pape est tourné vers la droite : gl£]ii£X«s.vu.pox«t.]iiax. La tête est nue, en partie dépourvue des cheveux qui naguère entouraient la tonsure, répondant de tous points au signalement qui vient d'être donné. On n'est pas cependant sans y reconnaître le personnage dont Raphaël avait peint le portrait dix ans auparavant. Au revers, le Christ est attaché à la colonne : post . mvlta • plvrima • restant (après beaucoup de souffrances, il en reste d'autres plus grandes encore) • L'homme, quelque malheureux qu'il soit, ne peut se vanter d'avoir atteint le terme de la douleur. Clément VU le savait, et, prenant cette devise, semblait jeter un regard prophétique sur sa propre destinée ^

(deuxième année du pontiGcat de Clément VII). Au revers, sont les armes des Médicis avec ces mots : gloria et honore goronasti EVii.RoyA. — Sur une autre, au revers du môme buste, on voit la Naissance du Christ, avec ces mois : hodi . salvs . facta • est . MVNDO . CLEMENS . VII . ANNO . ivBiLEi • Vasan disant que Yalerio Belli grava des médailles de Clément VU pourvues de beaux revers, on pourrait attribuer à ce graveur en pierres fines les médailles du jubilé de 4525 gravées après 4527.

4 . Vasari attribue à Francesco di Girolamo dal Prato la médaille

Pour Rome, après 1527, Tère de la guerre paraissait fermée et le règne de la paix définitivement assuré. C'est l'éternel et vain serment qui suit les cataclysmes. Le pape et l'empereur se réconcilièrent, et des médailles gravées par Benvenuto Cellini célébrèrent cette réconciliation. — Au revers de l'une d'elles, la Paix tient de la main gauche une branche d'olivier, et de la main droite une torche allumée qu'elle approche d'un faisceau d'armes : scvta.combv- RBT.iGNi. L'efTigie de Clément VII : clembns.vii.pont. MAx.ANNO.v. (1528) se voit au droit de cette médaille. — Deux ans plus tard, des monnaies que Cellini luimême se vante d'avoir gravées proclamaient bien haut l'alliance entre Rome et Madrid. Sur un doublon d'or exécuté en 1530, le pape et l'empereur soutiennent la croix, afin que la terre entière puisse l'adorer : vt. OMNis. TERRA. ADORET. TE. Le rcvcrs de ccttc monnaie dit que le monde doit avoir en eux toute assurance et tout espoir : VNVS. sps. et. vna. fides. erat. in. eis. Saint Pierre et saint Paul eux-mêmes s'en portent garants. — Sur un autre doublon d'or gravé à la même date, on trouve d'un côté un très beau portrait du pape.

de Clément VII au revers de laquelle se trouve la Flagellation du Christ, Venuti pense que la médaille exécutée par Francesco di Girolamo est celle qui porte au revers le Christ à la colonne. M. Armand se range à la vis de Venuli, non sans faire cependant quelques réserves en faveur de Benvenuto Cellini. (Voy. les Médail" leurs italiens des xv« et xvi* siècles, par M. Alfred Armand, p. 404.)

et de l'autre un egck homo : pro. eo. yï. me. dilige- RiNT. — Une pièce de deux carlins, également décrite par Cellini, dit encore : qyare dvbitasti?... Donc nul doute possible sur l'amitié qui unit désormais dans une action commune le pape et l'empereur \ Et, afin de sceller plus fortement cette alliance, voilà les deux nouveaux arbitres du monde qui s'entendent pour courber définitivement les Florentins sous le joug des Médicis. Alexandre de Médicis, fils naturel de Jules de Médicis devenu Clément VII, épouse Marguerite d'Autriche, fille naturelle de Charles-Quint, et devient duc de Florence*. — L'iconographie du pape s'enrichit à cette occasion d'une nouvelle et remarquable médaille, que Vasari nous dit être de Giovanni Bernardi da Castel Bolognese, graveur célèbre en pierres fines*. Cette médaille porte d'un côté le buste du pape : clem. vu.

4. La paix fut déûnitivement signée entre ClémeDt VII et Gbarles-QuÎDt le 26 juin 45âl9.

2. La mère d'Alexandre de Médicis était une esclave de couleur. Son père était Jules de Médicis, qui, très prudent, se garda bien d'afficher cette paternité, dont les contemporains ne doutèrent pas. Quand Jules de Médicis fut devenu pape, ses courtisans donnèrent pour père à Alexandre de Médicis Laurent de Médicis duc d'Urbin, qui, étant mort, ne put protester. Clément VU, d'ailleurs, aima, éleva, traita, établit Alexandre de Médicis comme son propre fils. Alexandre de Médicis avait la peau colorée de sa mère ; il en avait aussi les lèvres épaisses et les cheveux crépus. Au moral, ce fut un monstre.

3. Voir fionanni. — Ce fiit Bernardi qui fit, pour le cardinal Hippolyte d'Esté,- les gravures sur cristal de roche du coffret conservé au musée* de Naples.

PONT. MAX.*, et, de l'autre côté, Joseph reconnu par ses frères : ego. svm. iosbph. frater. yester. Nouveau Joseph, Clément VII pardonne à ses frères coupables, c'est-à-dire aux Florentins*.

Pendant que le ciel s'éclaircissait entre la péninsule ibérique et la péninsule italienne, le vent du nord poussait d'épais nuages sur Rome, où de nouveaux orages allaient éclater. Ce n'était pas assez que le parti de Luther fut triomphant en Allemagne, il fallut que le schisme se déclarât aussi en Angleterre. Henri VIII, voulant épouser Anne Boleyn, demande à Clément VII de prononcer l'annulation de son mariage avec Catherine d'Aragon. Le pape refuse par scrupule de conscience autant que par crainte de déplaire à Charles- Quint*. Henri VllI se passe de la permission du pape, dédaigne les foudres du Vatican et se déclare chef de l'Église de son royaume. Voilà, pour la papauté, d'irréparables désastres. En vain le catholicisme s'efforce par de grandes pompes, telles que le sacre de Charles-Quint à Bologne* et le mariage de Catherine de Médicis à Marseille % de jeter un voile de pourpre et d'or sur ces écroulements. L'illusion n'est

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