‹ Raphaël: Peinture de Portraits, Volume 2Chapitre 120 sur 131 · février · texte numérisé non relu

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5. Catherine de Médicis était née, le 43 avril 4549, de Laurent duc d'Urbin et de Madeleine de La Tour-d'Auvergne. Elle entra en

plus possible. L'Eglise romaine a reçu d*incurables blessures, et c'est Clément VII qui, sans être personnellement responsable, porte le poids des plus terribles responsabilités.

Deux médailles, que Benvenuto Cellini a mentionnées et signées, montrent le malheureux pape dans la dernière année de son pontificat. — Sur l'une. Moïse frappe le rocher : vi. bibat. popvlvs. Le pape veut que le peuple ait sa place au soleil et sa part au festin. — Sur l'autre, la Paix tient une corne d'abondance et brûle des armes amoncelées devant le temple de Janus, auprès duquel est enchaîné le génie de la guerre : clavdvntvr belli . poi\tm . benvenvtvs . F. Après tant de ruines, la dernière parole attribuée par l'art à Clément VII est un appel suprême à la paix. Au droit de ces deux médailles, Benvenuto Cellini

45Î9 au monastère délie Murale, à Florence, et s'y trouvait lors du siège de la ville par les pontificaux. Vainement Clément VII lu réclama. On la garda comme otage. Les uns voulaient l'attacher au bastion principal contre lequel était pointée Tartillerie de l'ennemi; les autres eurent l'idée de la déshonorer publiquement. Leonardo Bartoiini proposa de la mettre à mort. Par égard pour son âge, on lui fit grâce ; mais les religieuses délie Murale passant pour favorables aux Médicis, on la transporta au couvent de Santa-Lucia. Florence ayant été prise en 4530, Catherine de Médicis fut conduite à Rome. Il fut question d'abord de la faire entrer dans la maison Sforza; mais l'alliance française prévalut, et Clément VII se rendit à Marseille, où François V' l'alla joindre pour la célébration du mariage. Catherine de Médicis portait alors le titre de duchesse d'Urbin, bien que le duché d'Urbin eût été rendu depuis longtemps à François-Marie dclla Rovere.

là. 2.)

a gravé un très beau portrait du pape : clemens. viî. PONT. MAX. AN. XI. HDxxxiiii... Clément VII mourut à l'âge de cinquante-six ans environ, le 26 septembre 1531, après dix ans, dix mois et sept jours de pontificat.

Après avoir regardé le portrait peint par Raphaël, on n'oublie jamais le cardinal de Médicis; après avoir examiné les médailles gravées par Cellini, on se souvient toujours du pape Clément VIL Tel on l'avait vu sur la médaille de Girolamo dal Prato au sortir de la captivité du château Saint-Ange, tel à peu près on le retrouve, au seuil de la tombe, sur les dernières médailles de Ben venu to. L'impression du portrait de Raphaël est si vive et si juste que, loin de l'effacer, les témoignages iconographiques fournis par les médailleurs, de 1528 à 153i, la confirment. On se sent toujours en présence d'un homme médiocre. En vain l'on cherche dans ces différents portraits la trace de la résolution, de la volonté, des profonds calculs. A seize ans de distance, les traits ont beaucoup vieiUi, se sont altérés sans doute, mais tout en demeurant, par les lignes essentielles, semblables à eux-mêmes. Le caractère moral, qui se trahit sous une apparence pittoresque, n'a pas non plus changé. La physionomie du pape est ingrate. Elle est restée ce qu'elle était jadis. On ne soupçonne en elle rien de ces grandes énergies pour le mal conmfie pour le bien, qui caractérisent si fièrement tant d'hommes remarquables nés à la fin du xV siècle. Cette figure est comme enve-

loppée d'insignifiance. Malgré quelques écarts de jeunesse. Clément VII était de mœurs austères*, demeurait étranger aux dissipations mondaines, avait de la piété*, de l'instruction, mais était dépourvu d'affabilité et ne savait pas plaire. Il était, pour son malheur à tous égards, trop voisin de Léon X, qui avait eu à l'excès tout ce qui lui faisait défaut'. Il y a des hommes marqués pour de certaines choses : les uns, quoique coupables, sont élus pour le bonheur; les autres, bien qu'innocents, sont destinés à payer pour tous. Clément VII fut de ceux-là. La fortune, qui avait adopté sa famille, l'éleva lui-même au rang suprême, mais sembla vouloir se venger sur lui des faveurs qu'elle avait accumulées sur tous les siens. L'Allemagne et l'Angleterre devenues schismatiques, Rome livrée au pillage, des germes de troubles religieux et de guerre civile répandus dans tout l'Occident, la France vouée dès 1583* aux horreurs de 1572% voilà les

4. Il fil emprisonner Marc- Antoine pour avoir gravé, d'après les dessins de Jules Romain, seize planches obscènes. L*Ârétin, grâce à la protection du cardinal Hippdyte de Médicis, fit délivrer Marc- Antoine, puis redoubla le scandale en composant les Sedici Itissuriosi saneiti qui complètent ces estampes.

2. Il approuva Tordre des Théatins en 45SI4, des Capucins en 4526, des fiarnabites en 4533.

3. Clément VIÏ, cependant, fut le protecteur de Vida, de Berni, et Machiavel lui dédia son Histoire.

4. Ce fut en 4533 que Catherine de Médicis épousa le fils de François I«', qui devint Henri IL

5. Les massacres de la Saint-Barthélémy, qui furent l'œuvre de Catherine de Médicis, eurent lieu le 24 août 4572.

désastres inséparables de son nom. On plaint Clément VII, mais sans être ému de son malheur. Tout paraît terne et triste durant ce malheureux pontificat. Au sortir de temps pareils à ceux de Jules II et de Léon X, on est tellement ébloui des rayonnements de la poésie, de l'érudition et de l'art, qu'on ne marche plus avec sécurité au milieu des événements et des hommes. La passion du beau, qui avait dominé toutes les autres, s'amollit. Ces heures radieuses dans l'histoire de l'humanité sont aussi des heures d'enivrement et provoquent de terribles réveils. L'idée morale et le sentiment religieux sont imprescriptibles; on ne les méconnaît pas en vain. Quand la passion du beau domine toutes les autres, quand le beau projette sur toutes choses des rayons d'un tel éclat que tout ce qui n'est pas lui disparaît, quand il tient lieu de tout et qu'il est, même pour les esprits élevés, l'unique affaire, quand la vertu réside dans l'art sans en exclure la scélératesse % il fait bon vivre assurément, mais il faut mourir à temps. Le catholicisme, qui était resté sourd à la voix de Savonarole, se redressa sous l'aiguillon de Luther. Mais en attendant les papes énergiques de la réaction, les Paul IV et les Sixte V, qui devaient ramener l'ordre dans le monde de la foi, il y eut une époque intermédiaire, époque de mollesse et d'indécision, où le beau déjà n'avait plus son prestige, sans que le bien fût prêt encore à triompher, sorte

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