SES MÉDAILLES
Quand le Castiglione se rendit en Espagne comme ambassadeur de Clément VII auprès de Charles-Quint,
le duc d'Urbin, voulant Pindemoiser de la perte que son père avait faite du château de Novilara, lui donna le château d'Isola del Piano, sur le territoire d'Urbin. Nommé, en 4582, généralissime des armées du duc de Manloue et gouverneur du marquisat de Monferrato, Camillo mourut à Gesale en 4598. En 4576, il avait obtenu de la congrégation de l'Index l'autorisation de restituer les passages prohibés dans l'édition du Cortegiano de 4533. De son mariage avec Catterina di Bernardino Mandelli, de Plaisance, étaient nés trois enfants : Cristoforo, Baldassare et Giulia Gamilla. Gristoforo, marié à Flaminia Bonarelli d'Âncône, mourut sans enfants en 4605. Giulia Gamilla fut religieuse au monastère de Saint-Benoît, à Mantoue. Balthazar épousa Gerolama Salvago et en eut un fils, Francesco. Francesco , marié d'abord à Ippolila Guerrieri, puis à TeodoraGollalto, eut pour fils Balthazar, qui fut ambassadeur du duc de Mantoue en Pologne (4670). Balthazar mourut en 4703, laissant, de son mariage avec Teresa Barbo, un fils, Francesco, qui épousa Marguerite, fille du prince Giangiordano Gonzague. De ce dernier mariage naquit Gorrado, qui mourut en 4735. Onoralo, fils de Gorrado, mourut en 4763, laissant un fils, Balthazar, qui, marié àGarolina, fille du marquis François Merlini Paolucci de Forli, laissa onze enfants : Mariglio, Gamillo, Béatrice, Rinaldo, Garlo, Onorato, Luigi, Rosa, Gerolamo, Teresa, Laura, dont les rejetons ont été ou sont encore nos contemporains.
il se fit suivre de son portrait. Cette précieuse peinture fut rapportée en Italie après la mort du comte et entra dans le cabinet du duc de Mantoue, où elle resta jusqu'au commencement du xvii* siècle. Elle passa alors dans la collection de Charles P% roi d'Angleterre, fut achetée ensuite par Van Usselen et alla dans les Pays-Bas, où Rubens et Rembrandt en firent l'un et l'autre une copie*. Mise en vente le 9 avril 1639, Sandrart la poussa jusqu'à 3,400 florins, mais fut distancé par don Alfonso de Lopez, conseiller de Sa Majesté très chrétienne, à qui on l'adjugea pour 3,500 florins '. De la galerie Lopez, elle vint dans celle de Mazarin ', puis dans la collection du roi et enfin au musée du Louvre*.
Raphaël lui-même n'a-t-il pas peint un autre por-
4. La copie faite par Rubens se trouva dans la succession de ce grand peintre. Quant à la copie de Rembrandt, elle est lavée au bistre et accompagnée de la noie suivante : De comte Dalasser de Katjlyone van Rafaël, verkogl voor 3,500 gulden. Ce dessin appartient maintenant à la collection Âlbertine, à Vienne.
2. Accademia tedesca délia architeiiam, scuUura e piUara, par Sandrart. NUrnberg, 4675-79, 2 vol. in-fol.
3. Elle fut estimée 3,000 livres dans l'inventaire du cardinal de Mazarin.
4. Peint originairement sur bois, ce portrait a été transporté sur toile. — Il a été gravé : par Persinius, pour J. Sandrart; par Nie. Edelinck, pour le Cabinet Crozat; par N. de Larmessin, pour Y Académie des sciences et des arts de fiullarl; par J. Godefroi, pour le musée Napoléon; par Boutrois, pour la galerie Filhol, etc. Une gravure digne à la fois de Balthazar Casliglionc et de Raphaël reste encore à exécuter.
trait de Balthazar Castiglione? On serait tenté de le croire, d'après une lettre écrite de Rome par le chargé d'affaires de Ferrare, le 12 septembre 1519 : « Passant devant l'habitation de Raphaël et trouvant la porte ouverte, j'y entrai et le fis demander. Mais je reçus pour réponse qu'il ne pouvait venir. Je descendis donc de cheval et je m'apprêtais à monter chez lui, lorsqu'un second domestique me dit que son maître était dans sa chambre, occupé à faire le portrait de M^ Balthazar Castiglione, Je fis semblant d'ajouter foi à ses paroles et lui annonçai que je reviendrais une autre fois*. » A prendre ces mots à la lettre, Raphaël aurait donc fait, en 1519, un second portrait du comte Castiglione. Comme on n'en trouve aucune trace, il est possible que ce portrait n'ait jamais existé.
Antonio Beffa Negroni mentionne un portrait dans lequel Balthazar Castiglione, cette fois sans barrette, est tourné vers la gauche*. Ce portrait est peint de la main d'un élève, et n'en a pas moins été attribué au maître lui-même. L'élève n'aurait- il pas travaillé d'après une esquisse de Raphaël, et cette esquisse ne