Abouikasim Firdousi, auteur du Livre des Rois
2. Presque à la môme époque, Baphaël allait entreprendre pour Bindo Altoviti une grande Sainte Famille, la Madorma delV Impannala, avec un saint Jean, patron de Florence. Ce tableau se trouve dans la galerie Pitti. (Voir les Vierges de Raphaël et V Iconographie de la Vierge, t. ffl, p. 336.)
forment un fond chaudenaent coloré sur lequel se dessine le contour de la joue gauche. La partie droite du visage étant dans 1^ lumière, la partie gauche est reléguée dans Tombre; mais, tandis que l'ombre, transparente et comme lumineuse, ne laisse rien perdre des parties sur lesquelles elle s'étend, la lumière, discrète et comme imprégnée d'ombres diaphanes, n'éclaire qu'avec ménagements les surfaces qu'elle enveloppe. Le front, bien découvert, présente un large développement. Les yeux, bleus et très beaux, regardent à gauche, en sens inverse du mouvement de la figure. Le nez est irréprochable de dessin et de modelé. La bouche est petite et surmontée d'une légère moustache ; les lèvres sont d'une épaisseur moyenne. Le menton, presque carré, a quelque chose de sculptural. Les joues, garnies dans leur partie supérieure d'une barbe blonde et peu fournie, affectent une certaine plénitude, sans avoir encore pris d'embonpoint. Le col, robuste et léger tout ensemble, porte la tête avec élégance. La robe noire, frangée de blanc, le dégage complètement et laisse voir jusqu'à la naissance du dos. Un manteau, posé par-dessus cette robe, en découvre les manches. Les attaches de la tête au col, du col aux épaules et de la nuque au dos, si belles souvent dans la nature italienne, sont ici d'une opulence et d'une distinction remarquables. La main gauche, dont l'annulaire porte une bague ornée d'un chaton en pierre précieuse, est ramenée sur la poitrine par un geste plein d'aisance et
de noblesse. Un Grec du temps de Périclès ne se draperait pas mieux dans son péplus que ce Florentin dans son ample vêtement. En présence du portrait de Bindo, oiX songe involontairement au Sophocle du musée de Latran, et l'on reconnaît à quel point les saines traditions forment une chaîne dont les anneaux sont indissolublement noués par la main des maîtres.
Si le dessin, la grande tournure, le style en un mot de ce portrait sont admirables, la couleur n'est pas moins saisissante. Raphaël venait de voir les œuvres de Giorgione, et, toujours en quête du mieux, il s'était assimilé quelques-unes des qualités maîtresses du peintre vénitien. Jusque-là, la justesse et l'harmonie des tons, les notes claires et les mélodies simples lui avaient suffi. Le voilà qui cherche et qui trouve sans effort les sonorités puissantes. Il avait peint, quelque temps auparavant, dans la Messe de Bolsène, le portrait de Jules II et des personnages de sa suite avec quelque chose déjà de l'éclat des pompes vénitiennes. Le portrait de Bindo témoigne à un plus haut point encore des mêmes préoccupations pittoresques. Cependant les qualités qu'il emprunte ne restent toujours pour lui que des qualités secondaires. S'il s'approprie la palette des coloristes les plus renommés, si, comme chaleur et comme effet, le portrait de Bindo ne le cède guère aux portraits de Titien, « non cedendo, nelle tinte^ aile più fine e vive di Tiziano^, »