‹ Raphaël: Peinture de Portraits, Volume 2Chapitre 68 sur 131 · Il était né en · texte numérisé non relu

Il était né en

tn RAPHAËL PEINTRE DE PORTRAITS.

Deux fois aussi, près du duc de Milan en 1420 et près du pape Martin V en j/i26, il avait conduit à bien d'importantes ambassades. Les Florentins, qui s'étaient donnés à son père avec pleine confiance, l'acclamèrent avec enthousiasme, et il y eut, entre le peuple et lui, une alliance d'autant plus solide que chacune des parties se croyait libre de la rompre quand il lui plairait. L'envie, cependant, qui ne désarme jamais, suscita bientôt la défiance. En 1433, Côme connut le chemin de l'exil* ; mais, au bout d'un an de disgrâce, il rentra triomphalement à Florence, et sa vie depuis lors ne fut plus qu'une suite ininterrompue de prospérités. Il y eut là comme un repos fécond de vingt ans, durant lequel ce qu'on est convenu d'appeler la république de Florence imprima aux lettres et aux arts un libre el définitif essor. Gemistus Pletho, Marcile Ficin, Constantin et Jean Lascaris, Démétrius Chalcondyle, Bessarion, George de Trébizonde, Ambrogio Traversari, Leonardo Bruni, Carlo Marsuppini, Poggio Bracciolini, Guarino de Vérone, Francesco Filelfo

4 . Rinaldo degli Albizzi, à la lète d'un parti puissant, se rendit maître des élections et obtint contre les Médicis un décret de bannissement. Côme fut exilé à Padoue pour dix ans; Laurent, frère de Côme, fut exilé à Venise pour cinq ans. Côme et Laurent se réunirent à Venise, où ils vécurent pendant un an, entourés de la plus haute considération. Au bout de cette année, de nouvelles élections les rappelèrent à Florence, et Rinaldo fut à son tour forcé de quitter la ville. Michelozzo Michelozzi, qui avait accompagné Côme à Venise, fonda dans le monastère de Saint-George une bibliothèque que les Médicis enrichirent des plus précieux manuscrits*

Niccolo Niccoli, Tommaso Calandriiio s Antonio Boccatelli : voilà, pour les lettres grecques et latines, quelques-uns des amis et des protégés de Corne. Voici ses préférés dans le domaine des arts : Masolino da Panicale, Fra Filippo Lippi, Masaccio, Brunelleschi, Michelozzo Michelozzi, Léon-Baptiste Alberti, Donatello, Ghiberti, Domenico Veneziano, Andréa del Castagno, Dello, Fra Angelico, Pietro délia Francesca, Antonio Filarète, Benozzo Gozzoli, etc. Que de beaux noms, et que de belles œuvres ! Plaute et Quintilien complètement restituées* ; les trois premiers livres des Argonautiqties de Valérius Flaccus découverts; Lucrèce, Silius Italiens, Columelle, Stace, Calphurnius^ Pétrone, rendus à la lumière ; la langue grecque reprenant son prestige ; Strabon, Callimaque, Pindare, Oppien, Dion, Diodore de Sicile, Xénophon, trônant dans la Bibliothèque de Saint-Marc; Platon prenant le pas sur Aristote, la philosophie de l'idéal triomphant de la philosophie positive, les jardins d'Académus se retrouvant dans les villas de Careggi et de Caffaggiolo ; les couvents, les églises, les palais, s'élevant, se complétant, s'ornant comme par enchantement de statues et de fresques : tel est ce que représente, dans l'histoire de l'esprit humain, le temps, j'allais dire le règne de Corne de Médicis, surnommé le Père de la Patrie^. Côme,

4 . II fut bibliothécaire de Saint-Marc et fonda, sous Nicolas V, la bibliothèque Vaticane.

3. Oq ne connaissait jusque-là que huit des comédies de Plaute. 3. On le nomme également Côme l'Ancien, pour le distinguer do

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cependant, n'avait donné aux travaux de l'intelligence que les loisirs de sa vie. Ainsi que Jean, son père, il avait été avant tout un homme d'affaires et un politique. Il s'était dit que l'homme le plus riche du monde pouvait en être aussi l'arbitre, et il n'eut en effet qu'à jeter sa bourse dans la balance, pour la faire pencher en faveur de la maison d'York contre celle de LancastreS et du côté des Vénitiens contre le roi de Naples d'abord, puis contre le duc de Milan ligué avec le roi de France. Côme de Médicis avait épousé Contessina, fille de Giovanni Bardi, et il en avait eu deux fils, Pierre et Jean, qu'il avait mariés à Lucrezia Tornabuoni* etàGinevra degli Albizzi'. Pierre étant infirme de corps et faible

ceux des Médicis qui, sous le nom de Côme aussi, gouvernèrent Florence au siècle suivant avec le titre de grands-ducs.

4. Ce fut en U60 et en U61, à Norlhamplon et à Mortimer's Cross, qu'Edouard IV, Gis de Richard, duc d'York {Rose blanche), aidé des sommes énormes que lui prôta Côme de Médicis, délit Henri YI, de la maison de Lancastre {Rose rouge).

2. La sœur de Lucrèce Tornabuoni, Dianora, avait épousé Tommaso Soderini. Ces deux femmes appartenaient à une des plus anciennes familles de la Toscane. Le nom antique des Tornabuoni était Tornaquina, qui fut changé vers 4393 en celui de Tornabuoni. Lucrèce Tornabuoni, d'une très grande culture d'esprit, était poète et laissa des hymnes sacrées. C'est sous son impulsion que le Pucci composa il Aforganle. Elle fonda, à San-Lorenzo, la chapelle de la Visitation et mourut le 28 mars U82. Pierre avait dû épouser d'abord, en 4438, Gualdrada, fille de Francesco Guidi, comte de Poppi, souverain du Casentino. Côme craignit que ce mariage princier n'effarouchât les républicains de Florence et il y renonça.

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