‹ Rapides du Long-Sault, fleuve Saint-Laurent [microforme]Chapitre 126 sur 158 · NORD PAR LES (GLACES · texte numérisé non relu

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Dundas, appréhendent sérieusement les vigoureuses démarches que font les promoteurs du projet d’endiguer le Long-Sault, afin de pousser le Gouvernement du Dominion du Canada à adopter une loi qui leur permettra de barrer le St. Laurent à ou près du pied des rapides du Long- Sault.

Cette population a appris à connaître à ses dépens les dangers d’une crue anormale des eaux du fleuve St. Laurent.

Au cours des années 1879, 1887 et 190, des amoncellements de glace se formèrent près du village de Farran Point, causés par l'arrêt du frasil, et surélevèrent de treize pieds le niveau du fleuve à Morrisburg. Au nombre des dr-1mages provenant de ces crues des eaux et des glaces flottantes poussée. . ir les terres, on peut ranger la destruction de maisons d’habitation, de hangars, de bâtiments de fermes, d'arbres, de poteaux de télégraphe et de téléphone.

Par suite de la crue du fleuve, tel que susdit, les forces hydrauliques du canal de Williamsburg furent détruites. Le village de Morrisburg, en vertu de baux passés avec le gouvernement du Dominion, numéros 8513, 13815, a obtenu trente-cinq chevaux-vapeur pour faire fonctionner son système de distribution d’eau, au coût de trente-cinq mille dollars ($35,000).

Cette municipalité a fait aussi l’acquisition de 250 chevaux-vapeur pour son usine d'éclairage électrique, construite et aménagée au prix de trente-cinq mille dollars.

Elle a construit aussi une usine de force motrice d’une puissance de 750 chevaux-vapeur, au prix de soixante-quinze mille dollars.

En plus de ce qui précède, quelques particuliers ont loué une force hydraulique.

Vos pétitionnaires sont persuadés que le barrage du Long-Sault produira une crue des eaux du fleuve qui affaiblira beaucoup les forces hydrauliques susdites et annulera leur utilité au point de vue commercial, et nous protestons fortement contre tout changement fait au cours naturel du fleuve pas votre Gouvernement qui empêchera votre Gouvernement de remplir les conditions de ses contrats en vertu du dit bail.

Le barrage du fleuve aura pour résultat de ralentir le courant À l’ouest de ce barrage, et causera la formation de quantités de frasil qui se massent dans le fleuve et feront remonter les eaux qui déborderont de tous côtés, endommageant les propriétés riveraines.

Nous croyons que ce projet tend à favoriser des capitalistes qui seront obligés de vendre leurs produits en pays étrangers. Si l’on doit se servir du Long-Sault pour produire de la force motrice, il importe d'attendre que notre population soit suffisamment nombreuse pour

l'utiliser au profit de nos manufactures. Notre pays n’a pas maintenant besoin d’une telle force. Montréal et Ottawa en possèdent au-delà de leurs nécessités. Si cette force est produite et transmise aux Etats- Unis, elle ne nous sera jamais renvoyée, et notre magnifique héritage, qui nous appartient par droit de naissance, sera perdu à tout jamais.

Nous craignons que l’objet de l’exploitation du Long-Sault ne soit entièrement différent de celui des chutes du Niagara, car ce sera une exploitation conjointe, et elle sera en fait, sinon en théorie, au pouvoir d’un plus riche associé. D’un autre côté, ce sera mettre notre transport par eau à la merci d’un gouvernement étranger, vu que le plus grand canal sera situé sur territoire américain. Nous pensons donc qu’un tel projet pourra, à un moment donné, être le sujet de complications internationales, que nous désirons éviter à tout prix, et

Enfin, pourquoi détruirions-nous la beauté naturelle de notre majestueux St. Laurent, dans le seul but d'enrichir des capitalistes?

Ce mémoire était signé et scellé par le greffier du village.

Le MÉMOIRE SUIVANT, SIGNÉ PAR LE BAILLI DU VILLAGE D’IRoQuoIS ET LE BAILLI DU TOWNSHIP DE WILLIAMSBURG FUT PRÉSENTÉ:

Au nom des habitants de Dundas qui demeurent entre Mille Roches et Prescott, nous protestons respectueusement, mais fortement contre le projet de barrer le St. Laurent au Long-Sault par la St. Lawrence Power Company.

Il existe, en outre de l’opposition générale des Canadiens, qui s’est manifestée en diverses parties du pays, plusieurs autres raisons sérieuses qui condamnent l’entreprise.

Il est tout naturel que les forts adversaires du projet sont ceux qui habitent le long du fleuve même. Ce sentiment s’est montré plus ostensiblement dans son ensemble, il y a quelques mois, lorsque le public a eu connaissance du projet pour la première fois. Toutefois, il nous fait peine de constater qu’une ou deux des plus grandes villes (par exemple, Brockville) ont non seulement adouci leur opposition, mais sont actuellement en faveur de l’entreprise. Ce volte-face est le résultat d’une vigoureuse propagande menée par les journaux de l'endroit, qui ont radicalement changé d’attitude à l'égard du projet. Ce changement a été attribué à diverses causes par différentes personnes, mais sans trop discréditer leur sincérité, nous pouvons dire que plusieurs des promesses alléchantes que ces publications font miroiter aux yeux du public, au nom de la Compagnie, sont non seulement vagues, mais entièrement irréalisables.

La perspective de force motrice À bas prix a été offerte à Morrisburg, Prescott, Brockville, ete; mais nous avons douté et nous doutons

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encore plus de l’accomplissement de ces promesses, et cela pour diverses raisons; parmi ces raisons se trouvent la déclaration de plusieurs experts à l’effet que la St. Lawrence Power Co. ne ferait aucun profit en construisant et en entretenant une ligne de transmission pour ces points, étant donné le peu de force qui leur sera nécessaire; mais la Compagnie dirigera la grande quantité de cette énergie sur New York, où elle sera livrée en bloc.

Mais, d’un autre coté, il ne faut pas perdre de vue que les terres agricoles, situées à l’est de Prescott, seront exposées à de graves dommages par suite de la crue des eaux ru. en sera la conséquence. A prendre Morrisburg, par exemple, not : :.vons raison & -roire que le coursier d’aval de son usine municipale « » force motrice :2ra inondé par le refoulement des eaux, et que ses Quai: seront détruits, etc., car les levés faits par ordre du gouvernemen., “ ‘896 ont montré que l’eau, au pied du canal de Morrisburg, n’est à présent que de 10.85 pieds au-dessus du niveau du fleuve à la tête du canal de Cornwall.

Les plus habiles ingénieurs ne sauraient même dire jusqu’à quel point le barrage proposé refoulera l’eau à Morrisburg. Pour rendre la chose plus saisissante, nous donnons ci-après une citation de l’opinion du professeur Mansfield Merriman, de l’université de Lehigh, une des plus grandes autorités en hydraulique, et l’auteur de plusieurs écrits

qui sont reconnus comme le modèle du genre parmi les ingénieurs:

“Lorsqu'une digue est construite à travers un chenal, elle élève la surface de l’eau sur une grande distance en amont. Un tel effet a fourni matière à discussion; plusieurs ont essayé des calculs théoriques et ont cherché à trouver l’augmentation probable de la profondeur à divers endroits en amont du barrage. Mais on ne saurait dire qu'aucun ait réussi, sauf lorsque la pente du lit du chenal est uniforme et sa coupe transversale telle que sa largeur puisse être considérée la même partout, et que le rayon hydraulique est pris à égalité de la profondeur.”

Les conditions telles que susmentionnées sont loin d’être celles de cette partie du fleuve St. Laurent entre l’emplacement du barrage et Morrisburg. 1l sera difficile de trouver une rivière dont le lit est plus inégal que celui du St. Laurent en cet endroit. Ilest entrecoupé de nombreuses îles ; la ligne du bord est festonnée d’une foule de baies, y compris des pointes de terre en saillie, qui, à certains endroits forment des sortes de gorges étroites et profondes, tandis qu'ailleurs ce sont des bandes larges, eur lesquelles l’eau a peu de profondeur, Une carte gouvernementale de cette partie du fleuve St. Laurent, préparée par A. J. Grant I. C., en 1896, pour le gouvernement du Canada, indique une différence de niveau de 10.85 sur une distance de 15.7, à partir du pied du canal de

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Morrisburg jusqu’à la tête du canal de Cornwall, soit une chute moyenne de 8 pouces par mille. Or, le Long-Sault est, pour ainsi dire, le débouché de cette distance de 15.7 milles. Si la pente de cet émissaire à l’état naturel est de 8 pouces par mille, pour peu qu’il y ait de l’obtruction, elle sera de plus en plus faible sur une distance indéterminée en amont, ou en d’autres mots, elle formera un “refoulement des eaux,” ou comme disent les experts, la déclivité du courant uniforme sera une asymptote par rapport à la courbe de l’eau refoulée. Ce refoulement d’eau est plus grand qu’on ne le pense en général. On pourra s’en rendre compte par la description suivante: Supposons que l’on endigue un cours d’eau de cinq pieds de profondeur, de façon à élever la surface jusqu’à 10 pieds à la digue, la pente uniforme du courant étant de 1 pied par mille, et son chenal tel que le co-efficient sera de 65, on trouvera qu’à cinq mille en amont de la digue la profondeur de l’eau sera de 6 pieds. C’est-à-dire que la surface de l’eau est haussée d’un pied à une distance de 5.7 milles en amont de la ‘igue, bien que la pente du courant dans le chenal soit d’environ 5.7 pieds.

Pendant l’hiver, toutes ces conditions dangereuses seront rendue: pires par les multiples effets nuisibles des glaces. Premièrement, la surface du fleuve en amont du barrage sera tout d’abord considérablement augmentée, ce qui aura pour effet direct de diminuer le courant et de favoriser la formation de la glace des bords du fleuve en monceaux plus étendus et plus épais qu’à présent, et par là même de rétrécir la largeur du chenal. On peut donc prévoir que les glaces des baies seront de beaucoup accrues, et que la largeur libre du chenal sera grandement rétrécie, et qu’une couche de glace se formera plus facilement sur toute la surface du fleuve, lorsque les ents favorables à cette fin auront détaché et mis en mouvement ces nomtreuses baies congelées. Pareils ponts de glace se sont formés même récemment. Une fois que la surface du fleuve est couverte, la couche de glace, mince au commencement, s’épaissit bientôt rapidement par l’addition de glaçons et de frasil ou aiguillettes de glace flottante. Les cours d’eau non congelés roulent toujours une quantité plus ou moins considérable de ces aiguillettes de glace, pareilles à des cristaux, et qui atteignent quelquefois une épaisseur de plusieurs pieds. Cette nappe de glace se rattache aussi aux glaces de fond ou d’arrêt des bords, lesquelles se sont déjà élevées vers la surface; elle se détache ensuite et flotte au fil de l’eau et se colle à toute obstruction qu’elle rencontre en chemin, et vient grossir la masse congelée qui traverse le fleuve. ‘est donc un fait que ces nappes de glace peuvent se former à des m sen amont de l’endroit où la glace a fini par obstruer le fleuve d’un t .« à l’autre, et qu’elles arrivent à s’y amonceler en masses énormes.

Il est certainement impossible de déterminer jusqu’à quel point ces

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amoncellements reculeront l’eau, car les pires entassements connus jusqu’à date n’ont jamais eu pour se former les avantages que leur procurera ce barrage projeté.

Voilà se qui se produira sur un chenal ouvert d’en aval du fleuve: mais, si les plans de la Compagnie sont exécutés, le courant à partir de l’allongement de cette coupe transversale ne sera pas assez fort pour tenir longtemps le chenal ouvert, après que l’hiver sera commencé.

D'un autre côté, les ingénieurs de la Compagnie déclarent première ment, que le courant, à partir du barrage, sera assez lent pour permettre aux bateaux lourdement chargés de remonter le fleuve; et, secondement, qu’ils pourront même utiliser les vannes pratiquées dans le barrage à plusieurs pieds au-dessous de la surface, pour empêcher l’eau ne se précipiter par le déversoir, et que de cette manière sera diminué le montant du frasil formé pour le froid, qui durcit, presque instantanément les minces couches de la crête des bourrelets d’eau qui se produisent à la surface du courant, frasil qui maintenant, presque chaque hiver, s’entasse en telle quantité au lac St. François, qu’il refoule l’eau et cause l’inondation de la partie basse de la vills de Cornwall.

Donc, ces deux cas prouvent qu'il n'est pas nécessaire que la glace d'une baie se détache pour commencer un engorgement de glace dans le fleuve; mais que la glace de surface qui se produit en amont du barrage, ou la glace flottante qui descend continuellement et viendra se heurter contre le barrage, quand l’eau passera par les vannes et non par le déversoir, s’entassera en quantités suffisantes pour couvrir totalement cette partie du fleuve sur une distance de plusieurs milles en haut du courant

D’un autre côté, c’est un fait bien connu qu’une compagnie, qui exploite une usine de force motrice dans notre climat aux hivers rigoureux, serait disposée à sacrifier de grandes sommes d’argent, pour pouvoir établir un réservoir ou bief en avant du grillage de l'entrée du coursier, qui serait suffisamment grand, et dans lequel l’eau serait assez calme, pour permettre à la surface de geler et de rester en cet état tout l'hiver. Que ne donnerait pas la Lachine Power Co. pour avoir un tel bief, et de quel prix ne serait-il pas pour Massena, même au cours de cet hiver pourtant comparativement doux?

Done, conclusion inévitable, les conditions que devroat obtenir les ingénieurs de la Compagnie, afin que les usines et les autres ouvrages puissent fonctionner avec satisfaction, sont les mêmes que celles qui permettront la formation d’une nappe continue de glace en amont du barrage, sur une distance considérable.

Et, tel que dit plus haut, bien que pareilles conditions soient idéales pour le fonctionnement des usines génératrices, elles sont destinées à

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créer immanquablement les plus désastreux ravages, par suite de la formation d'immenses amoncellements de glace, dès le commencement de l'hiver qui, à mesure que la saison avancera, atteindront des proportions sans précédent.

L’extrait suivant d’un rapport de la Montreal Flood Commission n’est pas sans intérêt, car il énumère les endroits où les glaces créent habituellement des difficultés:

“Le fleuve St. Laurent est d’une largeur et d’une profondeur telles, que, nonobstant le grand volume d’eau qu’il roule (son débit à l’étiage étant de 315,000 pieds cubes par seconde, en amont du lac St. Pierre), son écart maximum entre les plus hautes et les plus basses cotes n’est que de six pieds, soit un dixième de celui de l’Ohio à Cincinnatti. Ce n’est que pendant l’hiver que l’eau dépasse ce niveau, et cette hausse provient de l’entassement des glaces. Les glaces exercent une influence su, les eaux du fleuve St. Laurent, à partir du point où s’arrête le refoulement de l’eau par les marées, jusqu’au pied des rapides de Lachine—soit une distance de 80 milles—toute la surface du fleuve, sauf quelques soupiraux, est couverte de glace. Mais, en amont des rapides de Lachine, le niveau n’est remonté par les glaces que sur une faible distance, vis-àvis de Cornwall et de Beauharnois. Partout ailleurs, y compris les parties non congelées, et celles des lacs couvertes de glace, sauf de rares exceptions locales, le niveau se maintient à l’état ordinaire. Les exceptions sont les endroits où un pont ou entassement de glace se forme, dans les chenaux plus étroits, en amont de Cornwall, lorsque les hivers sont très rigoureux, ou lorsque l’on concourt artificiellement à la formation d’un pont de glace, en coupant des blocs ou galettes le long du bord, et eu les dirigeant à travers le chenal sur une île, afin d’établir la communication avec la terre-ferme. Ces ponts de glace ne changent pas le niveau de l’eau à cet endroit; mais, par suite de l’arrêt de la glace flottante, cette bande de glace peut avancer vers le haut du courant et atteindre un point où l’eau n’a que peu de profondeur, et où la rapidité du courant peut déterminer la formation d’un engorgement ou d’un barrage. Les parties du fleuve qui se sont pas couvertes de glace ont une longueur d’environ 40 milles, entre Cornwall et Prescott, et d’environ 15 milles entre le lac St. François et le lac St. Louis, et d'environ 10 milles entre la partie couverte de glace de ce dernier et le pied des rapides de Lachine. On ne connaît pas de cas d’un barrage permanent, lorsque, en aval de l'endroit où il est formé, il existe une partie libre de glace dans son voisinage immédiat (comme dans le cas d’une gorge au moment de la débacle), mais la hausse permanente du niveau d'hiver à Cornwall et à Beauhar-

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nois est due aux mêmes causes que celle qui a lieu à Montréal, à savoir: la jonction d’une partie restée libre à une autre couverte de glace, ou la rencontre d’un fort courant avec de l’eau comparativement immobile.”

Les dommages causés par les glaces et la hausse de niveau, avant la construction des ouvarges de protection à Montréal, sont des faits bien connus. Les ponts de glace et les débordements de glace sur les rives se sont renouvelés fréquemment aux rapides des Cèdres. Cornwall a été témoin de nombreuses inondations causées par l’entassement des glaces dans le lac St. François.

La glace de surface au lac St. François ne sert qu’à former un pont qui arrête toute la masse des glaces flottantes, glaçons et frasil entratnés par le courant et mélangés avec des galettes de glace de surface. Les eaux du chenal, poussées ar la rapidité du courant, viennent se briser contre les eaux plus tra 1uilles du lac, et favorisent la cimentation des grandes galettes et .les glaçons, et donnent ainsi une plus grande résistance au devant du pont de glace. D’un autre coté, les glaces de fond ou du bord, épaissies par le gel et la neige (rendues plus lourdes par les dégels et par les pluies accidentelles, et aiaées par le frasil qu° -emplit les interstices) s’avancent dans le courant et ont pour effet © ver la surface. Cette hausse monte les glaces du bord et parfois ls détache, quand les conditions sont favorables; ces monceaux de glace entraînés par le courant et poussés par le vent descendent par le chenal principal jusqu’à la rencontre du barrage. S’il survient alors une forte tempête de neige accompagnée d’un vent violent, qui souffle cette neige de la surface des grandes nappes de glace (le fleuve est souvent impassable en bateau à rames pour cette cause), il se forme une masse qui remplit rapidement toutes les interstices qui séparent les galettes flottantes, et la quantité de ces glaces couvre rapidement les espaces laissés libres vers le haut du courant.

Done, si l’on construit un barrage au Long-Sault, toute cette accumulation de glace se réunira en ses eaux tranquilles au commencement de l’hiver—selon le temps—et le pont remontera rapidement le courant jusqu’à la pointe Weaver, où la largeur du fleuve est de beaucoup rétrécie par une projection rocheuse, et où le courant est proportionnellement plus rapide. En cet endroit les glaces qui descendent le fleuve se massent contre l’étroit devant du pont. Quelquefois le courant soulève les galettes de glace et les plante sur les côtés; en pareille position elles plongent dans le courant et en émergent à une grande hauteur

au-dessus de la surface, et tous les espaces libres se remplissent rapidement de frasil et de glaçons de neige fondante. Quelques-uns de ces blocs de glace de fond, alourdis par des masses de frasil, plongent sous la glace de surface, mais se relèvent bientôt, lorsque l’état des choses le

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permet, et viennent se coller à la surface interne de 1: xlace de surface, et ainsi augmentent considérablement l'épaisseur de celle-ci, et forment une sorte de rideau suspendu le long du devant du pont de glace. L’amoncellement se forme ici sur la rive sud, et quand l’eau s'élève à une hauteur suffisante sur le devant, la pression de l’eau produit une poussée qui emporte des monceaux de glace dans la direction de la pente du lit du fleuve, c’est-à-dire du côté canadien. Ce phénomène s’est produit en 1887 et en 1905. En cette première année une maison de brique fut défoncée et les occupants s’en échappèrent sans pouvoir rien emporter de leurs effets. Un peu plus loin, les glaces pénétrèrent dans l’étage inférieur d’une autre maison et la démolirert. Mais ces bancs tendent seulement à resserrer l’amoncellement, et un second pont se forme pardessus, et ce procédé se répète ainsi vers le haut du fleuve jusqu’à la rencontre d’une autre partie étroite du fleuve. En 1905, ce second pont remonta de six milles en amont de la pointe Weaver, ou jusqu’en amont de Morrisburg, le devant se dirigeant, à partir d’un point en amont de l’île Canada, en une ligne oblique, vers le bord du canal. Heureusement qu’en cet endroit des temps pluschauds arrêtèrent ses progrès, autrement un nouvel amoncellement se serait formé et comme le courant se rue avec force vers la rive nord, la masse des glaces aurait très probablement éventré le bord du canal et démoli l'édifice des pompes de la ville et d’autres maisons sur la rive.

En jetant un coup d’œil sur une carte de navigation, on voit que les parties étroites suivantes sont situées à la pointe Pine Tree et à la pointe Rockway à Iroquois, où une masse de glace, qui doit suivre le courant, détruira certainen...* la partie basse de la ville.

Pendant l’£u 1: :iement de 1879, bien que les glaces s’arrétassent à une distance de quatre milles de Morrisburg, l’eau passa par-dessus les écluses d’amont du canal de Morrisburg, au-delà du rapide Plat. Donc, on peut en toute sûreté, affirmer qu’une formation de glace au commencement de l’hiver, sur la partie inférieure du fleuve, occasionnera une crue des eaux beaucoup plus forte que celle de cette année, et fera disparaître la chute de 3.36 pieds, entre la tête du canal de Morrisburg et Iroquois. Personne ne saurait dire jusqu’à quel point ce pont avec ses amoncellements pourra remonter le fleuve.

Mais on connaît l’histoire des trois derniers engorgements. Les plus anciens habitants n’eurent jamais connaissance d’un amoncellement de glace dans le fleuve, avant que ces obstructions ne fussent jetées sur l’île Croil.

La crue de 1879 fut causée par la formation artificielle d’un pont de glace de l’île Croil à la pointe Baker, dans le chenal du nord, et de la tête de cette île à la rive américaine sur le côté sud. La glace remonta jusqu’à la pointe Weaver, la première partie étroite du fleuve, où se

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En 1887, un pont fut formé encore à la pointe Weaver, dans le chenal du Nord, mais à travers le chenal, entre les îles Chat et Croil sur le côté sud. Le premier amoncellement, commença, comme celui de 1879, à la pointe Weaver, le pont de glace ne s'étendant qu’à une faible distance en amont. L'eau s’éleva à 12 pieds au-dessus de la normale à Morrisburg, et l’on n’empêcha l’inondation de canal qu’en plaçant des planches d’arrêt sur les portes des écluses d’amont. Les bancs de glace détruisirent, à la pointe Weaver, ue maison de brique et une maison de bois, qui se trouvèrent sur leur passage. Toutes les routes le long du fleuve et une partie des fermes riveraines furent inondées.

En 1905, le pont de glace commença au même endroit qu’en 1887, mais cette fois, après avoir formé un amoncellement à la pointe Weaver, il se prolongea d’un quart de mille en amont de Morrisburg, le devant commencant à la tête de l’île Canada et descendant obliquement le courant jusqu’au bord du canal. A cet endroit du fleuve les galettes de glace s’arrêtèrent, pointe en l'air; plusieurs furent lancées sur le haut du pont et le long des bords, d’autres furent poussées et tenues sous l’eau. Un deuxième amoncellement était en voie de formation, lorsque la fin de la saison et une suite de jours de temps doux y mirent un arrêt et exemptèrent la localité des dommages qui en auraient résulté.

Entre les années susdites, d’autres ponts se formèrent à la pointe Weaver, mais du temps doux et des conditions défavorables les obligèrent à se rompre, avant que l’eau ne se fût élevée assez haut pour causer des dommages.

Quelques Effets sur la Navigation

Etudions maintenant les effets nuisibles des plans projetés sur la navigation. Les nouvelles écluses améliorées seront situées au pied de l'île Long-Sault sur la rive américaine. Pour racheter cette différence d’altitude de 47 pieds, au moyen d’une ou de deux écluses, n’y aura-t-il jamais de ruptures et de désastres qui en seront la conséquence, tels que ceux qui se sont produits au Sault Ste Marie?

Le chenal entre l’île Barnhart et le côté américain, aboutissant à l'emplacement projeté, où doivent être construites les écluses, est inégal et tortueux; il est sillonné de courants contraires et de remous, cette combinaison de causes le rend difficile à la navigation, même pour des bateaux de peu de longueur, soit pour remonter soit pour redescendre le courant. Qu’on s’imagine ce que deviendra ce chenal,

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quand son principal tributaire sera traversé par un barrage entre l’île Long-Sault et l’île Barnhart, et que le chenal du Sud sera complètement fermé par des écluses et les ouvrages d'approche en ses eaux calmes. Le niveau de l’eau sera abaissé, le courant plus rapide, de sorte que nul bateau ordinaire ne pourra y passer.

Tout homme qui a navigué sur ce fleuve sait que le courant, vis-àvis du canal de Cornwall, coule plus rapidement là que partout ailleurs, dans le chenal des bateaux, entre le canal de Cornwall et Morrisburg, et ce ne sera certaine:nent pas un gain de temps que de contraindre un bateau à lutter contre un tel courant.

En outre, étant donné qu’un pont de glace se prolonge jusqu’à Morrisburg, il est douteux que le fleuve puisse être libéré des glace, surtout des grandes masses plus lourdes qui se réunissent dans une eau rapide, pour le temps habituel de l’ouverture de la navigation. Il est certain que la navigation sera fermée au moins un mois plus tôt, et qu’elle sera paralysée pendant le temps le plus pressé, au commencement et à la fin de la saison; il est même possible qu’il survienne un retard beaucoup plus considérable, causé par les dommages qu’auront subis les chaussées du canal, par suite du débordement des bancs que forment toujours les entassements de glace.

Lors des hautes eaux des saisons passées (et celles des deux dernières années ont atteint le niveau le plus élevé depuis 1871), les chaussées du canal ont beaucoup souffert par les eaux que refoulent contre elles les bateaux qui descendent le chenal. Donc, si le fleuve est barré, ce lavage des chaussées sera continuel, ce qui occasionnera au gouvernement des dépenses de centaines de mille dollars par année. Le tablier du pont de Cornwall construit sur le fleuve, et qui est la propriété du chemin de fer New York Central and Ottawa, un embranchement du New York Central, est à 60 pieds au-dessus du niveau de l’eau. Donc, comment les bateaux pourront-ils passer en dessous, s’ils sont obligés de suivre ce chenal. Les bateaux de la R. & O. qui sautent les rapides, ont supprimé leur mâture. Quand le pont fut construit, les ingénieurs trouvèrent que le fond du fleuve ne pouvait pas supporter des piliers, que même si c'eût été possible de faire usage d’une travée tournante, il eût été impossible d'augmenter suffisamment la hauteur pour donner assez d’espace aux bateaux à vapeur.

Mémoire PRÉSENTÉ PAR LE CAPITAINE W. J. MurPuy: Il est tout naturel que les propriétaires fonciers et les citoyens de

Morrisburg et des environs s’opposent fortement au projet de barrer les rapides du Long-Sault; ceux qui ont habité cette localité toute leur

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