M. PRINGLE
M. Hiriiann: Ce tarif a été revisé depuis.
M. PriNGue: Les prix varient. L'énergie hydro-électrique se vend $18.10 à Toronto; à St. Marys, les prix vont jusqu’à $29 50; ils sont de $26 à Hespeler, 824 à Berlin, $26.50 à St. Thomas, et ainsi de suite. Je puis vous dire, M. le Président, ainsi qu’à vous, messieurs, que Brockville, Cronwall et les autres villes de l’est ne cherchent pas à se procurer de l'énergie à ces prix-là. J’abuse un peu de votre patience, mais si vous voulez m’accorder un instant j'aurai bientôt fini. On a parlé de tout au cours de ces séances, depuis des broquettes jusqu’au monopole de la vente du bœuf, et l’on a souvent perdu le sujet de vue. J’ai écouté attentivement l'exposé de M. Kennedy, car nous Canadiens, avons la plus grande confiance en lui. Nul mieux que lui ne connaît le fleuve St. Laurent et ses différents états et conditions, car il s’est trouvé si longtemps en rapport avec les travaux du port de Montréal. J’ai noté avec soin ce qu’il a dit, car il a traité de la question la plus essentielle. Cette question vous a été présentée, messieurs, je la répète: “ce projet est-il réalisable?” M. Kennedy l’a traitée de main de maître, car il a touché à tout ce qui s’y rapporte. Il a dit que cette entreprise peut être exécutée sagement et avec sûreté. N'est-ce pas la situation tout entière ?
M. Hirciano: M. Pringle accepterait-il toute la réponse de M. Kennedy?
M. PriNGze: Une minute, M. Hilliard; je ne vous ai pas interrompu. M. Hilliard nous a fait un exposé très sérieux; je serais peiné si j'apprenais que nos amis de Morrisburg devaient être incommodés par l’eau. Je crois que nos ingénieurs peuvent satisfaire M. Hilliard quant à ce qu’il demande relativement à ce projet. Nous ne parlerons pas de ce point maintenant, car je ne crois pas que ce soit le temps. Il ne s’agit pas de savoir si les citoyens de Cornwall ou la Chambre de Commerce de Cornwall accepteront l'opinion de M. Kennedy. M. Kennedy a déclaré que ce projet peut être exécuté sagement et avec sûreté. C’est une question de détail à régler par les gouvernements respectifs. Je regrette que quelqu’un ait traité cette Compagnie comme étant composée “d'étrangers” à notre pays. Pourquoi avoir dit ce mot? Les principaux actionnaires de cette Compagnie ont placé deux ou trois millions de dollars au Dominion du Canada. Le voisinage de Cornwall en aurait eu le bénéfice, si cette ville avait pu leur fournir de l’énergie électrique. J'ai vu M. Davis pour la première fois, quand il est venu à Cornwall s’enquérir pour savoir si cette ville pouvait lui fournir de l'énergie électrique. Maintenant, voyez notre position, je vous la décrirai en quelques mots. Nonobstant ce qui a été avancé ici, je déclare que l’on ne peut trouver un seul cheval-vapeur électrique qui ne soit utilisé aujourd’hui sur toute la rive nord du St. Laurent;* toute la somme produite est en usage; il est impossible aussi d’en produire un seul cheval de plus sur le côté sud du fleuvet. 11 nous faudra maintenant avoir recours au fleuve, si nous voulons nous procurer cette énergie. Comme je représente la ville de Cornwall, j’ai pour mission de “Faire tout en mon pouvoir, afin d'aider à la production de cette force, du moment que les intérêts des Canadiens seront protégés”. On a beaucoup parlé ici de possession par le gouvernement. Je ne sais pas quelles sont les vues du gouvernement de ce pays sur cette question. Plusieurs de ceux qui sont ici favorisent la possession par les particuliers sous la juridiction du gouvernement. Je me suis levé uniquement pour corriger une impression qui peut s'être étendue au moins jusqu’à Cornwall—je crois que je puis même dire jusqu’à Brockville, n'est-ce pas, M. Maclaren?
M. MacLaREx: Oui.
M. PRiNGze: On n’a jamais offert de l'énergie électrique à Brockville au prix de $12 le cheval-vapeur. Je crois que Prescott est dans le même cas, et que ses manufacturiers n’ont jamais eu connaissance d’une telle offre. On l’a dit devant la Commission, afin de jeter un peu de poudre À nos yeux et de retarder le rapport sur la possibilité d'exécuter ce
*Lors de cette déclaration il v avait un exeédent de 1,100 h.p. à l'usine génératrice de Mille Roches, située à cinq milles de Cornwall. —Ep.
tL'usine génératrice de Massena N, Y, disposait de 40,000 h.p., mais les générateurs n'avaient pas été installés, faute de demande de force motrice. —En.
projet. S’il faut accepter les déclaration des experts amenés ici par les promoteurs, et le témoignage de M. Kennedy—qui admet carrément que le projet est réalisable—il ne reste qu’à l’étudier sagement et convenablement, et à voir à ce que l’exécution soit dirigée soigneusement, Certes, nous avons assez de confiance en ceux qui nous représentent au Parlement, pour savoir qu’ils veilleront à la protection de tous les intéressés, et que tous les moindres détails du projet seront étudiés avant sa mise à exécution, entreprise que nous savons tous être colossale. Je vous remercie beaucoup, messieurs, pour m’avoir accordé ces quelques minutes d’attention. (Applaudissements.)
M. Hircrar»: Je réitère simplement l'offre de M. Beck. Le gouvernement de l'Ontario est engagé par sa promesse, il est tenu de la remplir.
Le PrésipenT GrBBons: Je suppose que le gouvernement de l’Ontario n’a pas fait de promesse aux habitants du comté de New York”?
M. Hircrar»: Non.
Le PrÉsinenT Gros: Cette question est purement internationale, et je ne vois pas que cela puisse avoir une grande portée. Y a-t-il encore quelqu'un qui désire nous adresser la parole? Dans la négative, nous allons ajourner. L'assemblée publique est maintenant ajournée. La séance est levée à 1.30 p.m.