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se mettre à notre place, et à examiner la proposition, non pas en Américains, mais en Canadiens, pour savoir quelle sera leur réponse.
Le PRÉSIDENT GiBBoxs: Je suis fier de dire qu’ils la discuteront et qu’ils l'ont toujours discutée judicieusement.
M. R. C. Surru: Je dis, donc, que s’ils veulent tenir compte du fait que, sur une quantité de 600,000 chevaux-vapeur, 100,000 seulement seront produits sur le côté américain, ou soumis à la juridiction américaine, et que l’écluse appelée à remplacer lu route libre de toute obstruction sera ronstruite du côté canadien, et mise à la disposition du gouverneme"c du Canada, et que tous les autres ouvrages de commante et de régulation seront aussi en ce pays, ils ne pourront pas, en conscience recommander ce projet.
M. Cumberland a fait une heureuse description de la beauté naturelle des rapides. Nous devons, a-t-il dit, y voir une source de revenu et des droits acquis. On a dépensé des sommes énormes d'argent pour y amener des touristes, Mes amis ici présents ont prétendu que l’on allait nous donner quelque chose de mieux. Ils me font penser à cette Ecossaise qui disait: “Elles sont grandes, les œuvres du Créateur, mais les travaux des hommes sont supérieurs à toutes”. (Rires). On va remplacer les rapides par cette écluse et ce barrage, dont le pittoresque et la beauté attireront des visiteurs de tous les coins du monde. Je crois que la Richelieu & Ontario Nawgation Co., qui a créé cette industrie, est en lieu, mieux que la Development Company ou toute autre personne, de dire ce que le monde vient voir. Ces touristes viennent jeter un coup d'œil sur les plus grands rapides navigables du monde; et quand une fois le fleuve aura été barré, on ne reverra plus ces rapides en leur grandeur actuelle: ils auront disparu pour toujours. La navigation ne sera jamais dans les mêmes conditions, une fois le barrage construit. On nous a dit que ce projet améliorerait la navigation. Je ne puis discuter ceci, puisque vous avez déjà dit que les plans n’ont pas été tracés ni adoptés; donc il m'est impossible de dire—je ne le pourrais quand même—mais les ingénieurs peuvent nous renseigner sur la marche des courants. Le capitaine Battin est ici. Il a navigué sur ce fleuve pendant nombre d'années. J'ai discuté le sujet avec lui; il craint les effets des barrages sur ces courants. Nous ne savons rien sur la hauteur des barrages; nous ignorons quelle sera la déviation ou le refoulement des eaux. Naturellement, les pilotes sont incapables de le dire, avant que les ingénieurs aient calculé les effets qui seront produits sur les courants, mais il reste le point fondamental de la question: on propose de changer totalement le caractère de la navigation du fleuve.
D'un autre côté, on a recommandé que le gouvernement exécute lui-même le projet. J'avoue franchement que nous n’approuverions guère le gouvernement qui entreprendrait ce travail. Néanmoins, si
l'exécution du projet incombait au gouvernement, il y aurait une différence, car la corporation qui l'exécuterait aurait pour objet la production de force hydro-électrique et la réalisation de dividendes. Le gouvernement, au contraire, aurait pour but premier l’amélioration de la navigation. Pourquoi cela, parceque je voisen cemoment parmi nous un des commissaires port de Montréal,et il disait, il n’y a pas encore trois semaines, qu’il existe une course continue entre la production de l'Ouest et les facilités de transport de l’Est. Nous n'avons pas encore défriché cinq pour cent des millions d’acres de terre destinées à la culture. Ce Nord-Ouest se développera rapidement d’une année à l’autre. Les produits devront se rendre à l'océan. C’est par la voie du St. Laurent, le grand artère, le chenal naturel, amélioré et libre de tout entrave, comme l'a dit M. Kennedy, que devra passer lu majorité du grain et des produits de ce Nord-Ouest. Je déclare que la plus importante question qui se présente aujourd’hui au gouvernement est celle du transport. Je dis qu’une cousidération générale seulement devrait faire réfléchir cette Commission avant de formuler une recommandation à l’effet de barrer la totalité du St. Laurent, et de placer le trafic qui se dirige vers l’est, en passant par les rapides, entre les mains d’une puissance étrangère, bien que amie, en lui confiant cette écluse unique et les ouvrages de commande. On a dépensé des flots d’éloquence pour démontrer que nous devons conserver nos ressources naturelles. Je me demande si l'on a jamais pu supposer que cette Commission, formée d'hommes intelligents, et cette compagnie d'hommes aient pu croire que le moyen de conserver nos ressources nationales était de les utiliser en les livrant à une corporation privée, qui s’en servira pour en extraire des millions de dollars de revenus. J’affirme, monsieur, que ce n’est pas ainsi que j'entends la conservation de ces ressources. Je dis que la situation sera différente, si le gouvernement exécute lui-même l’entreprise, car son objet premier sera la navigation et la production de la force un but secondaire. Au contraire, maintenant toute l’entreprise est l’œuvre d’une corporation privée, dont le but—louable si l’on veut—est l'application de notre héritage national à la production de dividendes pour des particuliers. (Applaudissements prolongés.)
M. Hisrarp: J'ai parlé hier de la position légale du gouvernement de l'Ontario. Je désire vous dire un mot aujourd'hui sur la possibilité de barrer le Long-Sault. Je tiendrai compte à ce sujet des droits acquis des habitants du comté de Dundas et du village de Morrisburg, représentés à la législature par Sir James Whitney. L'expérience des résidants de ce district, doublée de celle des bateliers de la région, devrait, àmons avoir du poids sur cette Commission. L'expérience a démontré , .ursqu’il s’est formé un amoncellement de glace à Cornwall, en aval du Long-Sault, le niveau de l’eau a monté de vingt pieds dans
D ARE, OS Dhs.
le fleuve. Le résu'tat fut que l’eau, libre partout, s’éleva de vingt et un pouces aux orss"s Je Morrisburg. A première vue, cet effet a tout l'air d’une im 5, étant donné la graüde hauteur des rapides du Long-Sault. N:.. uvons faire venir ici des témoins qui confirmerout, Sous serme’... , vérité de cette déclaration. Nous ne les avons pas amenés aujou: d’hui, car nous ne savions pas quelle tournure prendraient les discussions. En outre, à trois différentes reprises, des ponts de glace se sont formés entre l’île Croil et ls rive principale, dans le voisinage immédiat du canal de Farran Point. Les habitants de l’île, à la faveur des ténèbres de la nuit, aident la nature à former ces "ntassements de glace; ils scient la glace qui se forme dans les anses an --:1Mmencement de la saison; celle-ci, lancée dans le courant, vient se buter sur les bords de l’île, et y forme un pont de glace. Le fleuve est entièrement ouvert entre ce point et l'extrémité ouest des rapides Galop, soit une distance de trente-cinq milles; il se forme en cet endroit de grandes quantités de glace de fond et de frasil. De plus, la neige et le vent détachent de grandes galettes de glace des baies qui se trouvent le long du bord. Quiconque passe, en hiver, le long du fleuve, dans le comté de Dundas, peut voir cette glace et ce frasil et cette neige descendre le courant en grandes quantités. Ces masses de glace, en se tassant contre l’île Croil ont formé les ponts de glace de 1879, 1887 et 1905 ; ces amoncellements s'élargissaient d’un demi-mille à deux milles par jour. Les dommages ne furent pas très considérables avant la réunion de la glace de fond et des glaces flottantes, fondantes, et du frasil, dans les parties plus étroites du fleuve. Un de ces endroits est appelé pointe Weaver, à environ cinq milles de l’île Croil. A cet endroit la glace et la neige, qui cimentaient les glaçons, étaient entassées jusqu’au fond. La glace se forma à l’ouest de cet endroit et força l’eau à s'élever au-4essus des couches déjà formées en aval. Pendant une nuit une poussée de glace se produisit, elle grimpa sur la rive située entre la pointe Weaver et la baie Cook, écrasa une maison d'habitation, renversa la fournaise, et le feu consuma le logis; les occupants s’en échappèrent la vie sauve. En 1905, tout le chenal du fleuve, à l’ouest du village de Morrisburg, se remplit de glace de fond et de neige, par suite de la formation d’un petit barrage à l’île Croil. L'usine génératrice fut complète.sent submergée: elle avait été louée À Morrisburg par le gouvernement du Dominion. L'usine fut mise hors de service pendant quelque temps, ainsi que les bassins; les portes et même les chaussées du canal furent endommagées par les glaces. Nous avons ici une photographie de l’état du fleuve qui représente une vue de l’engorgement (la photographie est montrée au président). Cet amoncellement se produisit dans la dernière partie de février, alors que le soleil avait déjà de la force. Heureusement, aussi, que le temps doux se prolongea, ce qui permit à l’eau de se creuser une issue à travers la
glace. Voici une autre vue photographique du même amoncellement; elle représente la rive américaine et les îles. L'île Dry, maintenant la propriété de M. Corrigan de Cleveland, fut submergée. (Une deuxième photographie est présentée au président). Sile thermomètre eût marqué zéro fahrenheit en ce moment, ce qui arrive fréquemment en février, avec vent d'ouest en plus, cet engorgement aurait emporté les portes de l’écluse, et causé l’inondation de la plus grande partie de Morrisburg. Nous avons d’autres photographies qui représentent les bords du fleuve à Morrisburg complètement inondés. Une montre l'usine génératrice sur la chaussée du canal; l’eau atteint presque le sommet de la chaussée. Les eaux montèrent à une telle hauteur qu’elles éteignirent les feux en notre usine auxiliaire. 11 nous fallut placer une autre machine sur la chaussée du canal, pour actionner les pompes du service d’eau. Ces autres photographies représentent toutes les remises à bateaux et les quais complètement inondés.
Nous disons que dans toute l’histoire du Canada, depuis que les Loyalistes Anglais se sont établis sur le devant du comté de Dundas, il ne s’est produit aucun amoncellement de glace dans le fleuve, excepté lorsque l’homme a forcé la nature à changer le cours des choses. Si les habitants des îles, qui voulaient traverser le fleuve en traîneaux, n’eussent préparé ces ponts, nous n’aurions jamais eu d’amoncellements. Maintenant voici le point important: les eaux, comme l’ont dit M M. Rickey et Holgate, à l’ouest du Long-Sault ont une vitesse d’environ deux milles à l'heure, mais dans notre rigoureux climat, ces eaux gèlent au commencement de décembre. Lorsque le temps sera couvert, que les jours seront courts et que les accumulations de glace de fond, de frasil et de neige fondante descendent les rapides Galop et les autres rapides. et que le tout se rassemblera, nous aurons la répétition de ces amoncellements chaque année, au lieu de les avoir à de longs intervalles. Mais la Development Companies disent, “oh, nous y rémédierons”. Nous voudrions savoir qui seront ces ‘nous’ et de quels moyens ils se serviront pour nous protéger contre ces amoncellements. Je diffère d'opinion avec mes savants amis qui se disent contents de la décision du Président, quand il déclare que nous aurons un rapport sur la possibilité du projet, mais nous ne nous attarderons pas aux questions de détail. Avec tout le respect que je vous dois, je déclare que le rapport sur la possibilité n’a de valeur que s’il n’indique comment seront sauvegardés les autres intérêts. Toute la possibilité de barrer le fleuve dépend de la manière que les droits acquis le long des rives du fleuve, et ceux des villages de Farran Point, Osnabuck, Morrisburg, etc., seront protégés. De tels droits acquis ont la priorité. La Compagnie dit qu’elle se servira de brise-glaces. Si l’on construit un barrage d’une hauteur de 40 à 45 pieds au Long-Sault, on créera une nappe d’eau relativement dormante
jusqu’à Farran, soit une distance de 5 à 6 milles. La Compagnie nous dit que le barrage fera monter de 2 pouces le niveau de l’eau à Morrisburg. Comment l: sait-elle? Personne au monde ne peut dire de combien de pouces sera élevé le niveau de l'eau à Morrisburg, étant donné que le fleuve est tellement sinueux et rempli d'iles, si l’on permet à ces amoncellements de se produire. J'ai vu se former ces empilements de glace, je les ai vus abattre des arbres sur les bords du fleuve, des érables de deux pieds de diamètre. J'ai vu les riverains transporter leurs effets, leurs instruments agricoles, leurs voitures, sur les terres hautes à proximité de la ligne du chemin de fer Grand Trunk—qui su
la ligne de partage €-s eaux. Je les ai vus passer des nuits sans dormir, de peur d’être surpris par ces glaces mouvantes. Je suis sous l'impression que le barrage du fleuve St. Laurent au Long-Sault créera de pareils états de choses. Messieurs, écoutez ceci: sur une distance de cinquante milles, entre Prescott et Cornwall, le fleuve a une dénivellation de neuf pieds. A l’ouest de Prescott le fleuve gèle: aucun danger de glace de fond à l’ouest de Prescott; aucune craint: d’engorgement à l’ouest de Prescott. Ces amoncellements pourraient se produire à Cornwall et à l’est de cette place, mais la nature y rémédie. La grande superficie du lac St. François, et sa grande profondeur servent à emmagasiner les glaces de fond qui se forment dans les eaux courantes de l’est. Si le barrage du Long-Sault était une garantie que toute l’eau de surface gèlerait
jusqu’à Prescott, nous ne nous opposerions pas directement au projet. Notre usine génératrice serait mise hors de service, nous aurions droit à compensation sous une autre forme d'énergie électrique, ou nous pourrions peut-être vendre notre installation. Mais quand l’eau du fleuve scra refoulée jusqu'à Farran Point, nous sommes en pertes. La vitesse du courant étant de “deux milles à l'heure”, quiconque connaît le passé de ce climat avouera que le fleuve gèlera.
Je dis, qu'avant que l’on fasse aucun rapport cette Commission ne devrait pas s'occuper de préparer aucun rapport intérimaire, mais elle devrait demander la permission d'entrer dans les détails. Cette Commission avait raison quand elle demanda, lorsqu'elle siégea à l’hôtel King Edward, que les renseignements les plus complets devraient être fournis. Quel résultat obtiendra-t-elle, si elle se contente de faire rapport sur la simple question que ce projet est faisable en partie, quelque part, d’une façon quelconque? Ce rapport sera présenté au Congrès, et le Bill approuvé. Ce rapport sera présenté su Parlement à Ottawa, et approuvé par les Chambres. Nous ne pouvons séparer cet ie question des complications qui vont être présentées au% Parlement: C’est un véritable nœud Gardien. Done, je soutiens que la Commission ne devrait présenter aucun rapport ni à l’un ni à l’autre Gouvernement, avant que les détails les plus complets n’aient été obtenus, et que le
rapport n’ait été adopté en son entier. Si je comprends bien la Commission, elle se propose, à l’ajournement de cette assemblée, de ""ésenter un rapport à son gouvernement respectif, sur la possibilité barrer le fleuve; et je demande, avant l'adoption du plan des compagnies, que l’on nous accorde le privilège de le discuter. Messieurs de la Commission, le malheur sera alors irréparable. Si cette Coinmission demande aux différents gouvernements la faveur de passer en revue ces plaas avant de recommander la possibilité de réaliser ce projet, je crois que je puis dire que nous retirerons toutes nos objections. (Bravo, bravo). N’est-il pas possible à la Commission de demander l’autorisation de faire rapport sur les plans, avant de présenter un rapport quelconque à son gouvernement respectif? Il me ferait plaisir de voir le Président se rendre à ma demande.
Le PRÉSIDENT GiBBoNS: Je vais essayer de répondre, mais je ne puis pas parler au nom de toute la Commission. Je vous ai fait connaître mon opinion. Tous les sujets dont vous avez fait mention ont été étudiés par les ingénieurs du gouvernement. J’ai pu avoir le bénéfice de leurs renseignements spéciaux. Ce n’est pas la première fois que cette Commission entend parler de la question des glaces. Tous ces sujets ont donné lieu à des rapports et ont été étudiés par des hommes qui croient les comprendre, et la Commission va les examiner. J’ai cru que nous pourrions en finir à la suite de cette discussion. Il est impossible d’épuiser en une assemblée du genre de celle-ci tous les détails d’un plan de l’étendue de celui-ci. Jamais on ne pourra y arriver. Il faudra scruter les plans soigneusement, et il sera nécessaire de formuler une quantité de dispositions auxquelles on n’a pas même fait allusion ici, mais qui sont présentées aux ingénieurs du Gc ivernement et à la Commission. Quand toute cette masse de données aura été mise en ordre, c’est mon idée—mais je ne parlerai qu’en mon propre nom—que le public devra être consulté de nouveau. Si nous concluons que le projet est possible sous quelque forme, il me semble que notre devoir sera de vous donner connaissance des plans qui auront été approuvés et des
garantie . -# été fournies, pour que le public ait l’occasion de les examint Approuver ou de les condamner.
M. : u: Sera-ce avant ou après que la Commission fera son rapport avernements respectifs sur la possibilité du projet? Voilà le sujet.
Le PRÉSIDENT G1BBONS: C’est une question à laquelle je ne répondrai pas pour la Commission. Mon idée personnelle était de proposer qu’il serait peut-être possible de rédiger un rapport portant que d’après certaines circonstances—en suivant beaucoup le genre de remarques faites aujourd’hui par M. Kennedy—moyennant certaines conditions et dispositions, le projet serait réalisable.
M. Hiurarp: Puis-je demander comment la Commission peut faire rapport sur les conditions et les sauvegardes sans avoir tous les pians détaillés?
Le PrésinenT GiBBons: Les ingénieurs de notre Commission et ceux du Gouvernement, qui doivent connaître ce qui leur est nécessaire, ont pensé avoir le somme de détais suffisants pour leur permettre de former une opinion sur la nature générale de l’entreprise, moyennant certaines conditions. Je ne suis pas ingénieur. Les ingénieurs du Gouvernement et ceux de la Commission ont pensé avoir les données voulues pour régler la question générale.
M. Hizraro: Alors, M. le Président, le public n’aura maintenant pas l’occasion de critiquer les plans qui ont été présentés et dont vous avez eu connaissance ?
Le PRÉsIDENT GiBBons: Je ne vois pas que des plans définis aient été soumis. Je suis sous l’impression qu’on ne s’occupe actuellement que de la proposition générale.
M. Hiuurarp: Alors, ce qu’il conviendrait de demander à la Commission, avant qu’elle présente son rapport, et ce que je conseille fortement, c'est ceci: Je trouverais opportun, qu’au moins, ces plans fussent soumis au public, avant qu’un rapport soit furmulé par cette Commission. C’est à dire, après que l’on a commencé à faire des recherches sur cette affaire, je trouve qu’il ne devrait pas y avoir d’investigations faites par les ingénieurs de la Development Company et ceux du Gouvernement qui ne soient au préalable, présentées au public, avant que cette Commission prépare son rapport. C’est mon opinion. Il me semble que ce serait manquer de courtoisie à l'égard des différents intéressés, qui ont été invités à paraître devant cette Commission que de permettre que sur la grande et l’importante partie de l'enquête, les promoteurs puissent s'adresser au gouvernement, et que les autres intéressés ne puissent obtenir de la Commission que de vagues renseignements.
Le PRÉSIDENT GiB8BoNS: Je crois que nous comprenons votre question.
M. Hizcrarp: Par exemple, M. le Président, je soutiens qu’un rapport privé du Gouvernement du Dominion au Président de cette Commission Internationale des Eaux Limitrophes nous prend à notre désavantage. La question principale que nous venions discuter se trouve éliminée. Si ceci doit être la fin de l’enquête, je dis, au nom du Gouvernement de l'Ontario que nous devrons prendre d’autres procédés.
M. Kinc: M. le Président, je me trouve dans une position très très difficile. Je n’aimerais pas à être traité de rabâcheur et de remplisseur. D’autres ont fait du rabâchage et du remplissage. Cependant, je dois, déclarer formellement, au nom des intérêts que je représente, que je
n’approuve nullement le projet tel qu’on pourrait peut-être le supposer par l'attitude semi-conciliante que j'ai semblé prendre il yYaun instant. Les déclarations que j’ai faites étaient basées sur une entente qui, maintenant, prend la tournure d’avoir été plutit une méprise, et je veux essayer de me rectifier; parce que j'étais désappointé—je l'avoue humblement M. le Président—en voyant de quelle manière la Commission a traité hier notre entente antérieure. Je tiens à mettre les choses au point maintenant, car je ne veux pas que l’on vienne me dire, un jour ou l’autre, que nous avons convenu au nom des intérêts de la navigetion, q'ie le projet était acceptable. Ce que nous avons dit c’est que nous étions disposés à nous tenir à l'écart, pourvu que nous fussions en possession de tous ces plans. Si l’on ne veut pas se rendre à notre désir, nous maintenons notre oppositioi ,
M. Hirzianp: Il y a ici un monsieur Connolly des environs de Morrisburg et Dundas—qui a vécu plusieurs années à cet endroit, et qui est né sur le bord du fleuve; il aimerait à donner quelques renseignements.
M. W. C. Coxxr"y: Monsieur le prés'dent et messieurs les Commissaires, je suis ici pour représenter mes propres intérêts seulement. J'ai demeuré toute ma vie dans les environs de Morrisburg, et j’ai des intérêts, actuellement, sur les deux côtés du fleuve. Je désire vous dire que, en général. les anciens résidants des bords du fleuve sont terrifiés en entendant parler de ce projet, car ils ont déjà été témoins d’ nondations. Moi-même j'ai vu une fois un amas de glace au-dessus des rapides: cet amoncellement parut inoffensif, au début, mais bientôt il remplit le fleuve de fond en comble et causa des dommages sur une distance de 11 milles. Je ne connais aucune force humaine capable de nous débarrasser de ces amoncellements. Ce sont des choses que nous croyons audessus du pouvoir de toute compagnie ou peut-être de tout Gouvernement, étant donné certaines conditions. Maintenant, tel que je le comprends, le sommet du barrage dont la construction est projetée, sera audessus du niveau cu bief d’amont du canal de Cornwall. Une ligne horizontale tirée du sommet de ce barrage sera d’environ dix pieds au-dessus de la surface du Saint-Laurent à Morrisburg, à vingt milles en amont de ce point, c'e dire qu’un barrage de 20 pieds de hauteur serait submergé en c. droit.
M. McCarray: M. Connolly, êtes-vous intéressé dans quelque autre projet de force hydraulique dans la localité?
M. Connozzy: Non, mais j’ai placé des fonds dans ce qu’on appelle la force hydraulique de Waddington. Autrefois j'en possédais une partie.
Le PRÉSIDENT GiBBons: Je ne comprends pas M. King lorsqu'il dit qu’il ne retire pas son opposition à cause de quelques arrangements. Je ne vois aucun changement entre hier et aujourd’hui. Mais on de-
mande maintenant à la Commission d'exprimer une opinion sur l'effet général —et la pression provient de l’action du Congrès.— Les membres de la Commission américaine ayant reçu une communication du Congrès il nous a fallu y voir. Les commissaires sont unanimes et l’ont toujours été sur ce point, que, s'ils décident d'exprimer une opinion en faveur, ils exigeront comme première condition que les plans leur soient soumis et approuvés par eux.
Le Commissaire CLINTON: L'approbation des Commissaires est requise.
Le PrésinenT GiBBons: Ces plans doivent être approuvés avant d'être soumis, même à l'approbation des différents Gouvernements. Naturellement nous ne pouvons que recommander. Mais si ces plans nous sont soumis, nous les mettrons à votre disposition, pour que vous puissiez les critiquer. Je ne vois pas d’où provient le malentendu. Je puis dire seulement que nous entrerons cette condition, advenan$ que nous serons favorables au plan général.
M. Kinc: M. le Président, devons-nous «omprendre que c’est une déclaration faite de la part de la Commission à si c’est l'opinion perso nelle du Président?
Le Présinenr GiB8ons: J'ai parlé au Général Ernst; je crois que c’est l'opinion générale, n'est-ce pas? Etes-vous de mon avis?
Le GÉNÉRAL ErNsr: Je n’ai aucune objection du tout à ce sujet, mais il me semble que c’est une grande perte de temps. ‘le ne vois pas qu’une assemblée telle que celle-ci puisse se prononce. sur les détails d’un plan d'ingénieurs. Nous voulons entendre touics les objections que peuvent présenter les intéressés; mais, quand il s’£git de régler les détails d’un plan d'ingénieurs, je ne vois pas comment procéder dans une assemblée comme celle-ci. C’est tout. Mais, si tel est votre désir, je n’ai aucune objection à vous les soumettre.
M. i "Nc: Pas nécessairement dans une assemblée générale. Si les divers intérêts, qui sont maintenant diamétralcment opposés au projet, étaient mis en position de se consulter avec des experts, c’est réellement ce dont nous avons besoin, plutôt qu’une occasion donnée dans une assemblée de ce genre qui, d’après moi, n’est pas le l’eu voulu.
Le P: ésinewr Gtasons: Pour ma part, je suis tout à fait de votre avis, ain-i que le suit M. Kiss, je comprends que l’avantage devrait. vous être offert et que vous riez en profiter, en amenant des experts indépendants et qui peuvent donner le profit de jeur opinion devant. la Commission. M. King se ##ppellera que même, lors de l’assemblée tenue à Montréal, j'étais &- avis, J'ai toujours demandé l'opinion d'experts indépendants.
M.R.C. Smiru: Perme au directeur général de la Richelieu & Ontario Navigation Comy tire quelques mots de son horr're?
Le PRÉSIDENT GiBBoNS: l‘ertainement.
M. C. J. Surra: En plus des remarques de votre avocat, M. KR. C. Smith, j'a merais à expliquer sur quoi nous devons nous baser pour préparer notre horaire qui sera dérangé par ce projet. Nous sommes forcés d'adopter un horaire que nos bateaux doivent suivre en quittant Toronto, après l’arrivée de tous les trains de l'Ouest et des bateaux de Niagara, c’est-à-dire à trois heures de l’après-midi. Nous suivons un horaire pour nous rendre à Charlotte, pour faire raccordement avec les trains qui partent de ce district pour se rendre via Rochester à New York et aux points centraux de l'Etat de New York. Ces trains sont là peu de temps après notre arrivée, et, après que nous avons pris les voyageurs qui sont amenés par voie de Rochester, nous descendhns à Kingston pour faire raccordement à trés bonne heure avec les ‘’agons-dortoirs du Grand Trunc venant de l'Ouest. Ces wagons-dortoirs amènent les voyageurs qui n'arrivent pas à Toronto à trois heures, mais viennent de Chicago et de l'Ouest pendant le jour et se rendent, pendant la nuit, de Toronto à Kingston où nous les embarquons à six heures du matin. C’est une question de raccordement avec les trains. De là, nous nous rendons à Clayton prendre les voyageurs amenés par les différentes lignes du New York Central, dont les trains arrivent vers sept heures du matin. A partir de «+ point, nous n’avons pas de temps à perdre, car il a été raccourci par ces raccordements de trains, pour nous rendre de jour à Montréal, afin de transborder des passagers sur nos bateaux qui se rcadent à Québec et qui partent de Montréal à s pt heures du soir. En arrivant à Québec, les passagers sont transférés à Lévis sur un bateau traversier; de là ils se rendent à divers points par les chemins de fer de l’Intercolonial et du Québec Central. Afin de faire ces raccordements, les bateaux doivent quitter Montréal au plus turd à sept heures p.m. En vue d'arriver à ce résultat et pour améliorer l’état des choses, de même que pour créer un système d’excuraions, la Richelieu & Ontario Navigation Company a dû construire des Steamrrs modernes et rapides pouvant accommoder plus d: passagrrs. 1 fallu en arriver là, car de nos jours il faut donner mc : aux touristes, un service pouvant rivaliser avec les aut services de touristes par eau et par chemins de fer. Par conséquent, nous ne pourrons nous soumettre aux nouvelles conditions sans subir des pertes. On nous dit ju ua nous sei anc de la nouvelle écluse sur le côté Américain, notre voya, : ‘1: ce point à Montréal ne sera retardé que d’une demi-heure. Il est permis d’en douter. Les seuls renseignements que nous ayons sur ce sujet, nous ont été fournis par les ingénieurs qui représentent les promoteurs de ce projet. A l’heure qu’il est, nous profitons des courants d’amont et de ceux d’aval du Long- Sault. Il est impossible de déterminer le temps qui nous sera nn.
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cessaire. Nos pilotes n’ont pu obtenir de renseignements, en dépit des
promesses à re «jet, faites à la réunion de novembre; rous ne les possé-
dons paser +. Je ne crois pas me tromper en disant qu’ tendent,
par cette demi-heure de retardement, le temps du passa : l'écluse.
Mais, en supposant que d’autres gros bateaux, y devance es nôtres,
notre retardement: sera prolongé du temps nécessaire à 1eur passage.
Même nous r’arrivons pas actuellement tor'jours en temps à Cornwall.
Il nous faut tenir compte des brouillards et attendre l'heure des trains,
mais si nous avons le malheur d’être retardés, nous pouvons rattrapper ce retardemc : car nc° disposons d’une certaine marge de récupéra-
tion. Cette marge 81: rise ec sera insuffisante, si nous sommes obligés de passer par “es éciuses. ©i nous étions obligés de passer ps le canal
de Cornwall, en nous renc'aut vers l’est, nous serions retardés de quatre heures; et nous ne pourrions pas nous rendre à Montréal en un jour, car lorsque les ténèbres commencent, il est impossible de passer par les rapides. Nous serions obligés de remettre ce voyage qui était le seul objectif des touristes venus en notre pays. Ceci aurait pour résultat de détruire la principlae source de revenus de notre commerce. Quatrevingt-dix à quatre-vingt-quinze pour cent de nos passarers viennent de l'Ouest, et voyagent par terre et par eau. Nous déclarons que ce sont les rapides du Long-Sault, les Mille-Iles et les autres rapides qui attirent ces touristes. Briser un chainon de cette chaine, c'est endomr. ager notre cummerce, et nous iguorors les pertes qui peuvent en résulter. Nous pouvons dire, toutefois, que si nous sommes cbligée de suspendre le service de nos bateaux qui descendent les rapides, et si nos passagers sont tenus de prendre le train pour se rendre à Montréal, le nombre de nos touristes tombera de 300 à 400 par jour à 50 par jour, et cela av milieu de la saison. C'est la raison qui me pousse à vous parler de cet horaire. Tout est réglé selon cet horaire, et nous ne pouvons le suivre qu’en partant de Kingston à 6 heures du matin, et à 5.30, lorsque les jours se raccourcissent. Donc, tout obstacie à la navigation sur ce fleuve entraînera des dommages réels et des pertes sérieuses.
Le Présinenr G1BBoNs: Ÿ a-t-il plusieurs autres messieurs qui veulent parler à cette séance? Si beaucoup désirent prendre la parole nous ferions peut-être mieux d’ajourner et d’aller déjeuner. Quels sont ceux qui désirent parler, y en a-t-il plusieurs?
M. McCarruy: Je ne le crois pas.
Le Présinenr GiBBons: Si personne ne tient à parler, je crois qu’il serait bon de lever la séance générale.
M. Princze: Quelques mots seulements au sujet de l’énergie électrique pour les parties de l’est. Je crois que l’on a dit des faussetés sous ce rapport. J'ai sur moi des correspondances relatives . ‘énergie électrique. Quelques-uns ont dit ici, je crois, que cette éners..e, prise à
l’usine génératrice coûtait $12 par cheval-vapeur, En premier lieu, on a mis ce prix à $12, sans restriction, plus tard on a modifié la chose, et l’on a dit que c'était 812, prise à l’usine. Je trouve maintenant que les prix de l'énergie électrique, dans cette partie de l'Ontario, sont mentionnés dans une circulaire publiée par la Hydro-Electric Power Commission de l'Ontario. Cette énergie se vend à l’usine génératrice de $9 à $10 par cheval-vapeur; aux points de distribution elle coûte de $18 à 829.50. Nous ne savons pas où est établie cette usine—aucun de nous, qui demeurons dans l’est de l'Ontario, n’en a connaissance— mais j'ai des correspondances que nous, citoyens de Cornwall, avons échangées à ce sujet avec la Hydro-Electric Commission. Nous cherchions à nous procurer de l'énergie électrique, et personne n’a pu nous en fournir en cette région. Nous avons suggéré un ou deux projets réalisables pour obtenir cette énergie; mais on nous a répondu qu’un de ces plans était hors de question, et l’on a parlé vaguement de s'adresser à Waddington. Quand nous avons fait des recherches—
M. Hizirarn: À quelle date était-ce, M. Pringle?
M Prince: C'était en 1906, et les démarches furent continuées pendant quelque temps. Je dis que c'étaient les prix que l’on nous a demandés pour nous fournir de l'énergie électrique.
M. Hizzrarp: Quelle est la date de la circulaire?