‹ Rapides du Long-Sault, fleuve Saint-Laurent [microforme]Chapitre 18 sur 158 · IS · texte numérisé non relu

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“Les rapides du Long-Sault, dans leur état actuel ne sont visités que pendant la courte saison d’été, qui dure environ quatre mois, et les visiteurs ne les voient que quelques minutes en y passant rapidement par bateau. Le panorama des environs des barrages projetés pourra, au contraire, être contemplé par les touristes toute l’année.”

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Toutefois, il ne semble pas que l'existence des barrages sera telle qu’elle puisse transformer l’état des choses, en hiver, de manière à rendre la vue des rapides plus attrayante qu’elle est à présent.

DonNÉES PHYSIQUES

M. Rickey, dans son témoignage devant le Comité des Rivi':»8 et des Havres, a déclaré que le débit du fleuve St. Laurent est d'environ 255,000 pieds cubes par seconde, et qu’à cet état du fieuve environ 48,500 pieds par seconde ou 19 pour cent du débit total, passent par le chenal du Sault du Sud, 76 pour cent par le chenal principal, entre les îles Long- Sault et Barnhart, et 5 pour cent par la rivière Little, le chenal entre les îles Barnhart et Sheek.

La Long Sault Development Company entretient des jauges automatiques aux stations suivantes. Les cotes relevées à midi, le ler octobre 1911, peuvent être considérées comme typiques dans le bassin du St. Laurent.

Tête de l’île Long-Sault (Delany id.).......

Prise d’eau du Canal..................... 198.50

Côté de l’île Long-Sault. ................. 190.28 Do ns PO TT PO RE 169.70 Embouchure de la rivière Grass. .......... 154.55 Tête de la rivière Grass. ............. .... 161.90

Le changement de niveau dans le chenal du Petit Sault, de la tête de l’île Long-Sault au crique Polly, donnerait, selon le tableau ci-haut, une chute de 31.9 pieds.

Le plus haut niveau indiqué par la jauge de la Pointe Bradford était de 209.9, le 4 juin 1912; le plus bas, au même endroit, était de 205.8, le 7 octobre 1911.

Les cotes des jauges signifient le nive u au-dessus de la mer, tel que déterminé par les ingénieurs des Etats-Unis, Les jauges sont reliées

par des lignes de niveaux au repère No. 35, situé près de la prise d’eau du can».

Pour les donuces de débit, les formules, etc., consulter le rapport sur la régulation du lac Erié soumis par la Commission ‘nternationale des eaux Limitrophes.*

ConcLusIoN

La Commission de la Conservation s'oppose À toute concession de charte à l’effet de barrer le Long-Sault, pour les raisons suivantes:

(1) Vu que le traité d’Ashburton stipule que “les chenaux du fleuve St .Laurent sur les côtés” des îles Long-Sault, Croil et Barnt-rt “seront également libres et ouverts pour les navires, vaisseaux pateaux” de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, nulles constructions, qui gêneraient le moindre.1ent la navipation, ne peuvent être érigées dans aucun de ces chenaux, sans le consentement de la Grande-Bretagne.

(2) Il est très possible que de graves dommages résulteront de la construction de ces ouvrages. Je sais, cependant que des ingénieurs prétendent qu’un tel dommage est impossible. D’un autre côté, les personnes qui habitent du long de la rive, les navigateurs et les observateurs les plus expérimentés soutiennent presque tous, dit-on, qu’il s’ensuivra probablement de r"ands dégats. Avec tout le rrspect que l’on doit aux opinions émises par ces ingénieurs, qu’on nous permette de déclarer qu’il n’est pas ici question d’un vroblème du génie, et qu’il n’existe pas de données suffisantes, pour que les ingénieurs puissent y baser leur opinion. Nul ingénieur ne peut dire où et comment se formera la glace, lorsque, dans un climat rigoureux comme le nôtre, on obstrue le cours d’un fleuve qui roule un tel volume d’eau. On sait que des obstructions de peu d’imnortance ont, dans le passé, causé des dommages par l’eau et les amoncellements de glace. L'arrêt possible de tout le cours du fleuve, comme conséquence des ouvrages projetés, est une chose que l’on ne peut dire impossible ou éloignée. Un tel arrêt causera d'énormes dommages aux propriétés des particuliers, et peut mettre en danger le canal de Cornwall, qui est une partie intégrale et essentielle de la voie fluviale, toute-canadienne, du lac Supérieur à la mer.

Il ne semble pas nécessaire d'exprimer une opinion pour montrer que le poids des témoignages ou de la probalité est en faveur des vues

*Voir le rapport de la Commission International des Eaux Limitrophes sur la Régulation du Lac Erié avec une discussion sur la Régulation du Système des Grands Lacs, ainsi qu’une annexe, des tableaux et planches, Ottawa, 1910. Voir aussi la liste des rapports, cartes, etc., se rapportant au fleuve du St. Laurent dans Les Forces Hydrauliques du Canada, Commission de la Conservation, Ottawa, 1911 page et suivantes.

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exprimées par les ingénieurs, ou de celles des habitants de la localité, lesquels possèdent une connaissance intime de l’histoire du fleuve depuis plusieurs années. Le fait qu’il existe des divergences d'opinion, quelque légères qu’elles soient, est une raison suffisante pour condamner le projet. On ne devrait prendre aucun risque dans un sujet d’une importance aussi vital.

(3) La dérivation d’eau proposée, par le barrage construit entre l’île Long-Sault et l’île Barnhart, enlèvera du chenal navigable principal, entre l’île Barnhart et 'a terre-ferme des Etats-Unis, environ 50 pour cent de son eau, Cepend nt, les effets d’une telle dérivation d’eau d’un chenal navigable est imposcible à calculer. On peut dire, néanmoins, avec certitude, qu’elle n’est pas de nature à améliorer la navigabilité

du chenal.

(4) La construction des barrages en question aura pour résultat d’obliger la navigation (autre que celle du canal de Cornwali) * suivre une nouvelle route connue sous le nom de passage du chenal it du Sud. Les navigateurs expérimentés sont d’opinion que «

sera inférieu-e de beaucoup à celle maintenant suivie.

(5) Nul doute que le gouvernement Canadien sera dans l+ en de fournir bientôt des voies navigsbles plus profondes dans le st. Laurent. Si les ouvrages projetés de la St. Lawrence Power ny

sont construits, il n’aura aucune liberté d’action.

Les droits acquis de la Compagnie exigeront des reconsidésations. Si les plans des ingénieurs adoptés pour améliorer et creuser davantage le lit du fleuve, en vue de la navigation, causent de l’obstructäon ou des dommages aux ouvrages de la Compagnie, ce qui est plus que probable le gouvernement sera alors tenu d’exproprier ces ouvrages e* de payer des sommes énormes sous forme de dommages-intérêts. En outre, ris ne prouve qu’il sera possible de faire une telle expropriatkon en tou temps. Le caractère international de l’entreprise peut pporter & obstacle insurmontable, qui réduira le gouvernement à mpuiss et l'amélioration projetée restera en suspens.

(6) Le projet de la St. Lawrence Power Company se propose de usage du côté canadien du fleuve tout simplement pour y construin barrage. Un examen très superficiel des plans de la Compagnie sufiit à montrer qu’une faible partie seulement des dépenses sera faite s0» territoire canadien, et qu’une petite somme de l'énergie électriqu proluite sera aussi consommée au Canada.

(7) En examinant de près tout le projet, il ne semble pas que la compagnie se soit beaucoup préoccupée des besoins ou des intérêts

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du Canada. Les plans ont Pour objet complète monopolisation de toute la force possible des rapides, tout +n accordant aux intérêts du Canada une bien faible attention.

(8) Il n'existe à présent aucun marché sur le côté canadien pour y écouler la force qu'il s’agit de produire, ni même pour une partie appréciable de cette force. Lorsque de grandes quantités de force seront néc :saires à la région tributaire des ouvrages projetés, elles pourront être produites ailleurs. 11 est possible de produire, dans un rayon de transmission économique, une abondante quantité de force, en territoire purement canadien, sans recourir nullement au fleuve St. Laurent.

(8) Si, plus tard, il devenait nécessaire de fournir une plus grande somme de force aux besoins du Canada, et que la construction d’un barrage à travers le fleuve St. Laurent s’imposait, le Canada bénéficierait de la moitié de la force ainsi produite, laquelle serait à sa disposition sans exception ni restriction.

(10) Elle est puérile l’idée que l'énergie électrique, générée sur le côté américain, ou celle produite sur le côté canadien, et exportée aux Etats-Unis, sera subséquemment renvoyée au Canada, en cas de nécessité. La Compagnie se gardera bien d’eniever la force motrice qu’elle aura fournie à ses clients américains pour la mettre au service du Canada. Si l'énergie est utilisée aux Etats-Unis, des industries y seront établies et des droits acquis créés, en conséquence, et qu’il sera impossible d'ignorer. Ce seront des difficultés presque insurmontables que de faire revenir la fnrse au Canada, après qu’elle aura été exportée ou utilisée aux Etats- Unis, pendant des années. Tel ne serait pas le cas, si la Compagnie et ses ouvrages étaient en totalité sur le territoire canadien. Si a Compagnie essaye d'éviter un tel ordre ou d'y résister, il n’y aura pas de moyens de l’obliger, sans recourir à une procédure qui peut amener des complications internationales.

(11) Bien que ia force, que peut produire le St. Laurent ou Long- Se: +, ne soit pas actuellement nécessaire, elle est très grande, et elle ser», ans doute, un jour, d’une énorme valeur. Le projet actuel a pour objet de concéder cette ressource précieuse à une compagnie étrangère, tout à son avantage particulier, sans grande compensation en retour.

(12) La conclusiun évidente, qui ressort des faits susmentionnés, semble démontrer que le Canada doit maintenir dans tite leur intégrité et libres de toute entrave ses droits de Possession el d’absolue juridiction.

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