ARRETE
Effet des Ouvrages Proposés sur les Compagnies de Transport et le Public
Une seule ligne de bateaux de passagers descend les rapides du Long-Sault; ces bateaux font une descente chaque jour pendant la saison d'été des touristes, de juin à fin de septembre. Ni les radeaux, ni les transports à vapeur ne peuvent passer par le chenal principal sur le côté nord de l'extrémité est de l’île Long-Sault, et aucun bateau ne peut remonter ce chenal. Lors d’une audience publique à Montréal, le 6 novembre 1907, on s’est opposé à la construction des barrages proposés, sous prétexte que la disparition des rapides réduira de beaucoup le nombre des passagers.
La construction des barrages projetés fournira aux touristes l'occasion de passer par la plus haute écluse en maçonnerie qui existe au monde, et de voir les plus longs barrages déversoirs qui aient été jamais construits, du sommet desquels l’eau d’une profondeur de plusieurs pieds se précipitera d’une hauteur de quarante pieds. De pareilles attractions jetteront dans l’ombre un voyage à travers les rapides du Long- Sault, qui, dit-on, généralement, sont moins pittoresques et moins émotionnants que les rapides du Coteau, ceux des Cèdres, de Split Rock, des Cascades et de Lachine, que, l’on passe les uns après les autres, entre ce point et Montréal.
Les steamers transportant des passagers ne seront retardés que d’une vingtaine de minutes, pendant leur passage par l’écluse du Sault du Sud, en comparaison du temps qu’il faut pour sauter le Long-Sault. En se rendant vers l’ouest, les bateaux gagneront au moins deux heures sur le temps nécessaire pour remonter le fleuve en passant pas le canal de Cornwall. Done, sur un voyage d’aller et retour, ils gagneront 14 de temps si les ouvrages proposés sont construits,
Écs steamers de transport pourront gagner au moins 44 de temps par tournée en passant par l’écluse de Sault du Sud.
La force motrice des ouvrages proposés sera utilisée surtout par les ateliers et les manufactures qui seront établis dans un rayon de transmission possible des usines génératrices. Les matières premières seront apportées à ces établissements de diverses sources, et les produits manufacturiers expédiés aux marchés dumonde. La construction des ouvrages proposés grossira donc énormément le trafic des chemins de fer et des compagnies de transport par eau.
De nouvelles industries et manufactures, qui dépendront de la force motrice produite par les eaux du Long-Sault, donneront de l'emploi à des milliers de personnes; et, d’une manière ou de l’autre, tous les cen-
tres qui utiliseront la force produite par ces ouvrages projetés, et le public en général, en bénéficieront grandement.
Arpentages de Contour le Long du Fleuve
Les ingénieurs des deux compagnies ont terminé des arpentages exacts de tout le fleuve, à partir de l'extrémité est de l’île Barnhart jusqu’à Waddington, formant une longueur d’environ 23 milles. Ces arpentages indiquent tous les contours, à 24 pieds d'intervalle, ainsi que les lignes de propriété sur les îles et les rives principales, jusqu’à un point en amont de l’île Croil; entre ce dernier point et Waddington les lignes de contour et de propriété ont été arpentées jusqu’au repère 215 au-dessus du niveau dela mer. C’est à l’aide de ces cartes que l’on pour-
ra régler toutes les questions qui se présentent lorsque le fleuve sera élevé jusqu’au niveau proposé.
La St. Lawrence Power C'o., Limited, a fait l'acquisition de beaucoup des terres et des droits de plusieurs riverains, qui auraient subi des dom-
mages par les changements proposés, et des négociations sont engagées pour l’achat de ce qui reste.
Sur le côté américain, la Long Sault Development Company a pris possession de presque toute l’île Barnhart et de la moitié est de l’île Long-Sault; elle a aussi acheté les droits des riverains sur l'extrémité ouest de l’île, et environ 2,000 acres de terre sur la rive principale, à partir d’un point vis-à-vis de l'extrémité est de l’île Barnhart et se dirigeant vers le haut du fleuve jusqu’au canal de Massena, sur une longueur d'environ 8 milles. Les deux compagnies achètent du terrain sur leurs bords respectifs du fleuve, jusqu’au repère 215 au-dessus du niveau dela mer, qui sera suffisamment élevé au-dessus du niveau future du fleuve; elles acquièrent aussi les droits des riverains le long des cours d’eau qui se jettent dans le fleuve St. Laurent, où les riverains pourraient être
os
exposés à quelques dommages.
Amélioration de l'Etat des Glaces à Cornwall
La plus grande partie du frasil de la section du fleuve, en amont de Cornwall, se forme dans les courants qui précèdent les rapides et dans les rapides eux-mêmes, La construction des barrages proposés réduira la rapidité de ces courants d’amont. Les rapides disparaîtront complètement, et il y aura une grande diminution de frasil.
Dans l'état actuel des choses, il se forme d'énormes masses du frasil en amont des rapides, et dans les rapides eux-mêmes: ils sont emportés par les eaux jusqu’à la tête du lac St. François où ils s’entassent
sous la couche de glace qui recouvre le lac. Chaque hiver ces barrages suspendus causent des inondations par le refoulement des eaux qui s'élèvent de 15 à 30 pieds au-dessus du niveau normal de l'été, et mettent la ville de Cornwall en danger. En l’année 1887, les eaux ainsi refoulées remontèrent jusqu’à la cinquième rue et inondèrent environ les deux tiers de la ville.
Les barrages projetés ne feront pas disparaître entièrement le danger d'inondation de la ville de Cornwall, mais ils amoindriront de beaucoup celui causé par l’amoncellement des glaces, question vitale pour les citoyens de Cornwall.
Amélioration de la Situution Créée par les Glaces en Amont des Barrages
Au cours des années passées, entre autres en 1887 et 1905, de grands amoncellements de glace se sont formés à des points dangereux dans le chenal du fleuve, vis-à-vis de Farran Point, ainsi que sur le côté sud de l’île Croil. Les eaux retenues par ces amoncellements remontèrent jusqu’à Morrisburg.
Des investigations attentives des cotes d’eaux hautes, au cours des pires inondations enregistrées, celle de Morrisburg en 1887, entre Cornwall et Morrisburg, ont prouvé péremptoirement ce qui suit:
Le chenal principal du fleuve, à partir de l'extrémité inférieure de l'ile Croil jusqu’à l'extrémité supérieure de l’île Barnhart, n’a jamais été obstrué par les glaces, mais lorsque les eaux d’en aval des rapides ont été refoulées jusqu’à un niveau presque aussi élevé que celui qui sera produit en amont des barrages proposés. En aval du Long-Sault et en amont de l’île Croil, les glaces obstruent souvent le chenal tout entier, d’une rive à l’autre.
Les inondations à Morrisburg sont princij.… ment causées par les amoncellements de glace dans les environs de : 4e Weaver.
Le tableau qui suit indique le surélèver. ent des eaux, en février 1887, au-dessus du niveau normal d’été, le débit du fleuve étant d’environ 250,000 pieds cubes par seconde dans les deux cas.
normale | Niveau, Elévation Endroit du chenal Principal au-dessus |inondation| de l’eau de la mer | de 1887 Refoulée
rm
Vis-à-vis de l’écluse 18..................... 156.4 185.4 29-0 pds. Vis-à-vis de l'extrémité est de l'île Barnhart. 159.2 190-2 31-0 “ Vis-à-vis du centre de l'île Barnhart ........ 164.7 194.2 29.5 « Vis-à-vis de l’ouest de Itle Barnhart........ 172.9 194.2 21:3 “ A l'endroit proposé pour le barrage supérieurs] 182.0 200-0 180 “ Vis-à-vis de l’entrée du canal de Cornwall... 200 :1 204:1 4.0 “ Un mille en aval de l'extrémité ouest de l’île Long-Sault........................... 203-0 204.4 1.4 « Vis-à-vis de l’ouest de l’île Long-Sault...... 204.8 206.2 1.4 « Vis-à-vis de l'extrémité ouest de l’île Croil. .… 206:1 209.7 3-6 “ Un mille à l’est de la pointe Weaver........ 208-0 214.3 6-3 “ Vis-à-vis de la pointe Weaver.............. 208 -3 224.7 16.4 “ Vis-à-vis de Morrisburg.................... 213:5 225.5 12:0 “
Les amoncellements de glace, en amont de l’île Long-Sault sont généralement formés artificiellement par les habitants, et peuvent être empêchés. Ilest possible de briser ceux qui se forment naturellement.
La construction du barrage projeté améliorera l’état des glaces d’amont, et amoindrira le danger d'inondation à Morrisburg.
RESUMÉ