OBSERVATION III
d’après JENTZER, de Genève
(VII Congrès de la Sociélé Internationale de Chirurgie, Rome, 1926).
Le 6 mai 1922, nous envoyons dans notre service une malade âgée de 28 ans, avec le diagnostic de tumeur abdominale.
En septembre 1917, la malade a fait un séjour à la Clinique chirurgicale (Professeur Krummer). Le 20 octobre 1917, elle ressent busquement des douleurs en coups de ciseaux dans la fosse iliaque droite. La malade est obligée de se coucher. Le lendemain, elle se lève, elle n’a plus de douleurs, mais elle éprouve un fort vertige et tombe à terre. La malade n’a Jamais subi de traumatisme sur l’abdomen. Le 1°” décembre 1917, la malade a une nouvelle crise nocturne. Point de Mac Burney non douloureux. La cystoscopie el le sondage des uretères ne relèvent rien de pathologique. Le 14 décembre 1917, on radioscopie la malade, après lui avoir fait prendre de la bouillie barytée el on constate un estomac mobile, hypotonique, très déplacé à droite, ce qui prouve que la tumeur de la rate existait déjà à cette époque. On sent, en effet, une rate augmentée de volume qui arrive au niveau de la dixième
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côte non palpable, cependant résistance pathologique et sensibilité à la pression. Rien ailleurs. Le sang est examiné : globules rouges, 4.110.000 ; globules blancs, 6.825 ; neutrophiles, 78 : éosinophiles, 0 ; lymphocytes, 19 ; monocytes, 3.
En mars 1918, la malade subit une résection partielle bilatérale pour ovarite scléro-kystique. Mariée en 1918, elle n’a eu ni enfant, n1 fausses couches. Mais elle constate que la grosseur dans l’hypocondre gauche remarquée déjà en 1917, augmente progressivement de volume. Cette tuméfaction ne la gêne nullement : elle ne ressent ni troubles ni vertiges. En avril 1922, la malade cependant commence à s'inquiéter de sa tumeur, parce qu'elle la gêne à la marche et à la flexion du tronc. Elie est facilement essoufflée ; on ne constate pas de Iésions pulmonaires. Ce sont ces symptômes qui l'amènent äu Docteur Jentzer, qui l'envoie à l'Hôpital cantonal le 6 mai 1922.
Cliniquement, on se trouve en présence d’une grande tumeur lisse, non douloureuse, élastique, occupant tout l’hypocondre gauche. L'estomac est normal, mais fortement repoussé à droite. Le 17 mai 1922, quelques minutes avant l'opération, ponction exploratrice du kyste de Ia rate. On retire 10 cc° de liquide sans aucune difficulté. Il est foncé et inodore. Au microscope, on constate des globules rouges dégénérés et normaux, ainsi que des cristaux de cholestérine. Sang du 7 mai 1922 : Globules rouges, 3.800.000 ; globules blancs, 5.600 ; hémoglobme, 10 % ; neutrophiles, 77; lymphocytes, 16 ; monocytes, 7.
On fait une incision médiane et latérale gauche commie
pour la vésicule biliaire (Kehr). On tombe sur une tu-
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meur grosse comme une volumineuse tête d'adulte, très tendue, de couleur violacée, occupant toute la région de la rate adhérente au diaphragme gauche. On essaie d’ex- Lirper la tumeur sans Imcision du côté, mais vu le volume de celle-ci, on résèque les deux dernières côtes. En coupant le ligament phrénocolique, on arrive à dégager le bord supérieur de la tumeur que l'on détache à coups de ciseaux du diaphragme. La tumeur libérée, on place les orandes pinces au niveau du hile de la rate et on sectionne le pédicule en prenant un soin particulier de l'artère splénique qu'on ligature séparément à la soie.
On constate en outre quelques adhérences intestinales que l’on sectionne facilement. Fermeture des différents plans. Pansement compressif. La tumeur pèse 3.500 gr.
Suiles opératoires relativement bonnes, malgré quelques petits incidents.
Le 17 juin, la malade sort guérie, et le 21 avril 1925, elle accouche d'un enfant normal à la Maternité de Ge-
nève.
Examen analomo-pathologique. — Rate en dégénérescence kystique avec une grande cavité de 2.900 cc’ de volume. La paroi du kyste est formée par les {issus de Ia rate modifiés. L'épaisseur atteint, en certains points, 15 millimètres, mais ne dépasse pas le plus souvent 1 millimètre. Par endroits, la paroi du grand kyste est plus ou moins régulière. |
Au microscope, la capsule de la rate est, de facon générale, uniformément large, non épaissie, mais un peu: élirée par places. À d’autres endroits, elle présente sur son côté externe des adhérences lâches conjonctives.
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Dans d'autres coupes, par contre, on a de l'épithélium péritonéal parfaitement bien conservé.
Le tissu splénique conservé montre des follicuies en grand nombre, on en compte jusqu'à 5 par champs, un certain nombre présentent nettement des centres germinatifs, les trabécules parcourent les endroits amincis.
La pulpe est d'une facon générale anémiée. La réacton au fer est négative. On trouve de nombreuses fentes vasculaires qui augmentent en nombre du côté du kyste. Ces vaisseaux dont la lumière est nettement dessinée sont en général vides. À divers endroits, la pulpe apparait comme aplatie et comprimée avec des traînées atrophiques. Là où la paroi est mince, les capillaires se dirigent la plupart du temps dans le sens de la surface.
La paroi du kyste est formée par des lamelles de tissu conjonctif de différentes épaisseurs : en partie elle est mince, à d'autres endroits elle paraît plus épaisse par l'apparition des trabécules. Les lamelles se composent de faisceaux collagènes trapus, à noyaux rares ; dans à plupart des coupes, on reconnaît à l’intérieur de la paroi un revêlement épilhélial bien développé. On ne peut y déceler des fibres élastiques.
De petits kystes existent. Ils présentent une paroï conjonctive tapissée du côté intérieur par une couche de tissu plus riche en noyaux, formant un large syncitium endothélial. Cette couche se colore au Van Giesen, en une teinte jaunâtre contrastant avec le rouge foncé de Ia couche conjonctive.
Et l’auteur ajoute, comme conclusion, que Ia composition du sang ne paraît pas être modifiée du fait de lapparition de la tumeur kystique, que le traitement qui
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s'impose est la splénectomie et que cette dernière n'a troublé en rien un accouchement subséquent.
Quant à l’étiologie et à la pathogénie de ce kyste, elles restent, d’après l’auteur, très obscures, à moins que l’on admette la conception réticulo-endothéliale, c'est-à-dire l'hypothèse de Renggli. fei, Jentzer ne parle pas de cellules embryonnaires qui se seraient développées à un moment donné. Il rapporte le cas d’un kyste vrai. Mais pour lui, le problème reste entier quant à son étiologie et à sa pathogénie.
OBSERVATION IV d’après Novak
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(Surgery Gynecology and Obstetrics, vol. 45, n° 5, nov. 1927, p. 586, d'après Journal de Chirurgie, 1927).
I s’agit d’une femme de 22 ans, se présentant avec une énorme tumeur de l’'hypocondre gauche. IT s’agit d'une rate kystique. La masse a un volume de 28 x 14 x 14 cm° et pèse 1.784 grammes.
Au microscope, la paroi du kyste se montre constituée par une couche de tissu conjonctif fibreux hyalin par places ; cà et là, elle est recouverte par une couche unique d'épithélium cubique bas. Là où le kyste est mince, il n'y a pas trace d’hémorragies, mais dans les portions épaissies on trouve un amas considérable de sang entire les diverses couches de la paroi, ce qui, en dépit de tout antécédent, permet à l’auteur de conclure à une origine traumatique.
bé Yi