POSITION DU PROBLÈME
Tous les auteurs admeltent la distinction des kystes de la rate en kystes parasitaires (représentés par la grande classe des kyStes à échinoccoques) et en kystes non parasitaires. Mais les classifications proposées pour ces derniers sont loin d'être comparables. Il est même curieux de constater le peu d'uniformité que l’on trouve dans les comptes-rendus anatomo-pathologiques concernant les seuls kystes vrais qui nous intéressent ici.
D'après les travaux de Rhamdor et Schmidt, publiés simultanément dans l’année 1894 et d’après ceux de Renggli parus presque à la même date, les kystes non parasitaires de la rate se divisent en kystes petits et multloculaires, et en gros kystes uniloculaires. Il semble, d’après ces auteurs, que les kystes vrais de la rate appartiennent à cette dernière catégorie.
Helbing et Jamashita, en 1908, ont étudié les ie sites non parasitaires de la rate et l’un d'eux s’est attaché à expliquer la formation des kystes vrais en reprenant les hypothèses de Renggli sur lesquelles nous reviendrons.
En 1909, Schalk, dans sa thèse de Strasbourg, classe les kystes non parasitaires, d’après leur contenu, en kystes hémorragiques, séreux, lymphatiques ; mais 1l
est difficile de se rendre compte de ce que sont pour jui les kystes vrais.
Pius tard, Villard (cité d’après le Traité de Pathologie chirurgicale, édité par Masson, 1924) décrit quatre va-
riétés de kystes non parasitaires de la rate :
Les kystes séreux faux :
Les kystes séreux d'origine hématique.
Les kystes séreux devenus hématiques.
Les kystes sanguins vrais.
Finkelstein, de Bachou (cité d'après le Traité de Pa- {hologie chirurgicale, édité par Masson, en 1924), reprenant la classification de Rhamdor et Schmidt adopte la division suivante :
Pelils kystes, en général multiples : ce sont des kystes séreux purs qui ne se rencontrent que dans les rates présentant des altérations aiguës ou chroniques, et con- Uüennent un Hquide citrin, parfois gélatineux, renfermant de l’albumine et de la cholestérine ;
Grands kystes, comprenant :
Les faux kystes consécutifs à des hémorragies périspléniques sous-capsulaires ou intraspléniques ; ce sont les kystes traumatiques, caractérisés par l'absence d'épithélium recouvrant la surface Interne de la paroi kystique. «
Les kystes vrais, avec capsule nettement distincte et paroi interne endcthéliale, sont volumineux, en générai uniques et uniloculaires, et renfermant rarement du sang pur, plus souvent de la sérosité tentée de sang.
Cette classification semblait définir avec assez d’exac-
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titude ce que sont les kystes vrais, mais, en 1926, au Congrès International de Chirurgie de Rome, différents auteurs ont essayé d'envisager cette dernière catégorie par rapport au grand groupe des kystes non parasitaires, de les étudier au point de vue clinique et anatomopathologique, d'en expliquer la pathogénie. Ils ont cherché, de plus, à donner une définition aussi précise que possible du kyste vrai et tenté de résoudre ainsi la partie la plus importante du problème que nous nous sommes. pesés. C'est pourquoi, tout en ne voulant nous occuper que des kystes vrais, nous croyons devoir rapporter brièvement cerlames notions essentielles concernant ies kystes non parasitaires.
M. le Professeur Patel, mettant à part les kystes dermoides (dont on connaît deux cas, l’un d'Andrai, en 1859, qui fut une trouvaille d’autopsie: l’autre, de Kumain, en 1915, qui fut l'objet d'une splénectomie et qui guérit) distingue :
a) Les kystes mulliples de la rate, sorte de dégénérescence polikystique par lvmphangiectasie probable qui peut acquérir un volume assez important pour déterminer une intervention.
b) Les grands kystes uni ou multiloculaires, variété la plus fréquente, qui peuvent attemdre un volume considérable et dont le contenu est constitué soit par de ja sérosité pure, d'origine lymphatique probable, soit par un liquide sérohématique. Dans ce deuxième cas, 1 s’agit soit d'angiomes véritables, ce qui est rare, soit de reliquats d'hématomes ou d’hématomes enkystés.
Léotta, de Bari, rapporteur au même Congrès, met-
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tant toujours à part les kystes dermoïdes, classe les kys-
tes non parasitaires en :
a) Kystes hémaliques qui, pour lui, sont généralement uniques el uniloculaires, plus où moins grands, centraux ou périphériques et contenant soit un liquide brun épais. sorte de coagulum de fibrine, soit des globules rouges ou blancs plus ou moins altérés. La paroi est constituée par du tissu conjonclif jeune ou bien différencié suivant l'époque de formation de kystes, habituellement sans revêtement ‘épithélial, mais parfois aussi tapissé par un
épithélium aplati.
biKystes sérohémaliques el Séreux, à l'intérieur desquels s’est produit une hémorragie ; ce sont des kystes uniques ou multiples, avec des cavités de grandeur variable, à paroi conjonctive revêtue ordinairement par un épithélium cubique. Le contenu est identique, mais cependant plus clair que celui des kystes hématiques.
c) Kysles séreux subdivisés en kystes séreux posthémorragiques et en kystes séreux mulliples. Les premiers, habituellement uniques, peuvent ne pas avoir un contenu nettement séreux, mais un contenu parfaitement limpide ; ils sont le résultat d’un kyste hémorragique, dans lequel la substance colorante du sang a été résorbée et où il s'est formé un revêtement épithélial complet de la paroi ; les seconds, bien différents des premiers, et à propos desquels les opinions varient pour savoir ce que sont en réalité ces kystes séreux multiples.
infin, Jentzer, de Genève, également rapporteur au Congrès International de Rome s’est inspiré longuement
d'une classification des kystes non parasitaires de la rate