Rapport général présenté par M. Thiers au nom de la Commission de l'assistance et de la prévoyance publiques dans la séance du 26 janvier 1850
Vous avez choisi dans votre sein une Commission de trente membres, à laquelle doivent être adressées toutes les propositions relatives à l’assistance publique, soit que ces propositions naissent de votre initiative, soit qu’elles émanent de celle du Gouvernement. Votre intention a été de ra-
* Celle Commis-ion se composait de MM. Piscatory, Proa, Savatier-Laroche, Lcvavasseur, de Melun (Ille-el— Vilaine), de Riancey, de Rémusat, de Lespinay, de Melun (Nord), Cordier, Corne, Berrjer, Coquerel, Lequien, Parisis, Béchard , Louvet, Noailles de Mouchy, de Montebello, Callel, De Sèze , Godelle, de Monlalemberl , Arago (Emmanuel), Raudot, Buffet, Ancel, Dupin (Charles), de Beaumont ( Gustave) , Thiers.
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mener à un centre commun tous les travaux qui ont pour but d’améliorer la condition des classes ouvrières, d’éviter ainsi les efforts divergents, et de rattacher à un ensemble bien conçu, d’accord dans toutes ses parties, les institutions de bienfaisance déjà créées, ou restant à créer. Pénétrée de la pensée qui avait présidé à sa formation, la Commission dont j’ai l’honneur d’élre aujourd’hui le rapporteur, a voulu d’abord envisager d’un point de vue général l’œuvre si vaste que vous lui aviez imposée. Elle a cru qu’elle ne remplirait ni votre intention , ni sa mission véritable, si elle se bornait à examiner isolément telle ou telle proposition de loi, qui lui serait renvoyée, ou qui naîtrait dans son propre sein , et qu’elle devait au contraire examiner sous tous ses rapports l’importante question de la bienfaisance publique , rechercher quels étaient dans une société chrétienne et civilisée, les moyens vrais, sérieux, durables, et non chimériques, de venir au secours des classes pauvres , de leur faciliter le travail, de leur alléger la souffrance, de réaliser enfin cette Fraternité si souvent annoncée, mais toujours d'autant moins pratiquée qu’elle a été plus fastueusement promise.
La tâche de votre Commission, ainsi considérée, s’agrandissait singulièrement, et avait même de quoi intimider les esprits les plus hardis. Toutefois devant