PIERRE FORTIN, MAGISTRAT
COMMANDANT L'EXPÉDITION POUR LA PROTECTION DES PECHERIES DANS LE GOLFE ST, LAUREN'',
PENDANT LA ISAISON
DE
PT J'ai l'honneur de faire le rapport suivant sur Ja manière dont j'ai rempli, péndaut Ju saison de 1862, ma mission dans le golfe St. Laurent, en ma qualité de magistrat ftipendiaire, commandant l'expédition pour la protection des pêcheries canadiennes. Eurc A 54 Les devoirs de cette mission sont nombreux, et consistent :— nt
1,673 1° À protéger les pêcheries canadiennes, maritimes et fluviales qui se trougént# les côtes du golfe ct du bas du fleuve St. Laurent, à l'Ile d'Anticosti, aux Lies de Je Made. leine ct sur la côte de Gaspé, le tout formant une étendue de côtes maritimes de plus de 900 milles.
Ces côtes sont habitées par une population sédentaire de 30 à 35 mille âmes, d'origines anglaise, écossaise, irlandaise, jersiaise ct franco-canadienne ; c'est cette dernière qui prédomine : eu outre, elles sont fréqueutées tous les ans, depuis l'ouverture jusqu'à la elôture de la saison de la navigation, par plus de 1,500 goëlettes de pêche, de la Nouvelle-Ecosse, du Nouveau-Brunswiek, de l'Ile du Prince-Hdouard et des Etats-Unis, montées par au moins 20,000 marins qui viennent se livrer aux pêches de la morue, du hareng, du maquereau, soit près des côtes, soit sur les bancs au large.
2° A garantir aux pêcheurs canadiens Ja possession de leurs stations de pêche, aoit de morue, de saumon, de loup-marin, ete., ete.
3° À cmpécher les pêcheurs américains de pêcher dans nos rivières et de prendie sur nos Côtes des poissons à coquilles, (crustacés, mollusques, ete.)
47 A tenir les péehonrs français de Terrencnve éloignés de nos côtes, d'où ils sont exelus par les traités.
9° Faire observer, par nos pêcheurs et par les pêcheurs étrangers, les lois et règle. ments qui régissent les pêches maritimes.
6° Organiser les pêches fleuviales, celles du saumon et de la truite, dans toutes les rivières qui se jettent dans le golfe, dans le bas du fleuve et dans la Baic des Chaleurs, au moyen de licences que chaque possesseur d’une de ces pêches est tenu de prendre de moi.
T° Surveiller ces pêches et mettre en force les lois et règlements qui ont pour objet la préservation du saumon et de Ja truite.
8° Maintenir l'ordre et la paix publique dans les ports de mer et dans les lieux fré-
quentés, soit par nos propres pêcheurs, soit par ecux qui viennent de l'étranger, er en | nos général sur tout le littoral du golfe : voilà encore une des attributions de ma charge. a € 99 Encore un de mes devoirs importants, c'est de donner assistance ct prêter main- dan forte, avee les hommes armés placés sous mes ordres (lesquels sont assermentés et agissent pas comme constables), à tous les officiers du gouvernement, soit judiciaires, soit de la douane ou autres.
10° Je suis, de plus, pourvu d’une commission de dovane pour le district de Gaspé L et pour lu côte nord, et pendant deux aus, j'ai perçu des droits de douane sur Ja côte du : Labrador.
Depuis l'établissement du port-franc de Gaspé, cette partie de mes devoirs consiste à surveiller le commerce sur la côte nord, de manière à empêcher le commerce de contrebande entre les ports qui se trouvent dans les limites du dit port-frane et Québec , Pour faire mou service tel qu'énuméré plus haut, le gouvernement a bien voulu em- ne ployer, cette année, (la goëlette armée La Canadienne, qui avait été affectée précédemment e pec peudant sept aus au même service, ayant fait naufrage l’année dernière, le 24 novembre, po pendant son voyage de retour à Québec) le steamer à hélice le Napoléon TIL Mais ce steamer avait, de plus, à faire le service de ja surveillance et de l'approvision- Eu au
nement des phares du bas du fleuve St. Zaurent, du golfe et du détroit de Belle-fle, lequel service nécessite deux voyages par été à ces différents endroits. en Le Napoléon III avait, outre son équipage ordinaire, les officiers au nombre de deux des
et les 11 marins, tous en uniformes, armés ct disciplinés, qui soit placés sous mes ordres de: immédiats et qui forment les équipages des canots dont je me sers avee mes officiers pour | aller remplir, sur les côtes ct dans les rivières, les devoirs de ma charge. dro J'ai fait trois voyages dans le golfe, cette année, a ee le Napoléon 111. | C'est le 5 mai qu'eût lieu le départ pour le premier voyage. Nous allämes un peu ?° cha sur la côte nord, nous visitâmes les Iles de la Madeleine et la côte de (Gaspé, et nous effec- ou. tuâmes notre retour à Quéhec le 24 du même mois. € Nous partîmes pour le second voyage avec les approvisionaements des phares le 2 juin. | voil Nous cûmes beaucoup de peine à visiter les phares du détroit de Belle-[le à cruse de état l'énorme quantité de banquises et de glaces flottantes qui s'y trouvaient et qui y demeu- i dier rèrent jusqu'au milieu de juillet. Puis ce service accompli, je fis la visite de toutes les ‘ par
stations de pèche de nos côtes maritimes et nous revinmes à Québec le 10 août, ayant à la ï remorque la goëlette La Cunadienne, que nous avions réussi à tirer de sa position péril- | cet léuse et à mettre à flot, 1
Nous quittâmes de nouveau Québec pour le troisième et dernier voyage le 30 août. Pr Nous avions encore les phares du golfe à approvisionner ; nous fimes ce service prompte- Fine
ment cette fois, grâce au beau temps dont nous fûmes favorisés pendant toute cette course, |
et après je fis une dernière visite aux stations de pêche de la côte nord, des [les de l à la
Madeleine et de la côte de Gaspé, et nous fûmes de retour à Québec le 31 octobre. l c'ét En faisant une récapitulation des jours employés pendant la saison écoulée au service d'e
seule de la protection des pêcheries, et en défalquant par conséquent les jours pendant
lesquels nous avons été occupés au service des phares, et ceux aussi pendant lesquels nous Je
avons été forcés de nous éloigner de nos côtes pour aller nous approvisionner de charbon, LM .
soit à Sidney, soit à Pictou, et ceux que nous avons passés à la Petite Rivière Trinité, k étai
pendant que nous étions occupés à relever La Canadienne, je trouve que le steamer Napoléon III n’a été en réalité employé au dit service de la protection des pêcheries que LE l’espace de 98 jours pendant la saison comme suit : de
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Je dois ajouter que les instructions reçues le printemps dernier et pendant l'été spécifiaient l’époque fixe de nos départs de Québec et de nos retours au même port, et je m’y suis conformé en tout point.
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Avant de parler des résultats avantageux et immédiats du service de la protection de nos pêcheries dans le golfe, je vais rendre compte des courses que la nature de mon service a exigé que je fisse sur nos côtes pendant la saison écoulée, et je vais parler des conditions dans lesquelles j'ai trouvé nos pêcheries ct des événements remarquables qui ont pu r’y passer.