‹ Rapports annuels de Pierre Fortin, ecr., magistrat, commandant l'expé dition pour la protection des pêcheries dans le golfe St. Laurent, pendant les saisons de 1861 et 1862 [microforme]Chapitre 12 sur 63 · PREMIER VOYAGE · texte numérisé non relu

PREMIER VOYAGE

En conformité d'instructions reçues du département des terres de la couronne, je m'embarquai avec les officiers et les marins composant l'expédition de la protection des pêcheries à bord du steamer du gouvernement, le Vapoléon IL, le 5 mai, et le même jour nous partimes de Quéhec.

Le 7, nous touchâmes à l Anse à la Croix du Petit Matane pour y prendre la chaloupe que M. Bédard, le gardien du phare de la Pointe de Monts, avait eu la bonté de nous prêter l'automne dernier pour traverser le fleuve après le naufrage de La Canadienne, et que nous y avions laissée sous les soins de M, Gagné, ct en même temps les voiles et autres agrès des canots de La Canadienne; et vers deux heures de relevée, nous atteignîmes la Pointe de Monts.

Grâce au beau temps qu’il faisait, les approvisionnements destinés au phare de cet endroit furent débarqués en quelques heures.

Les deux canots de Lu Canadienne que nous avions échangés là contre de plus grosses chaloupes furent pris à bord et à 5h. 80m. p. m., nous allâmes mouiller vis-à-vis l'endroit où La Canadienne était échouée.

Nous commençâmes de suite à transporter à bord du Napoléon ITT les effets, cordages, voiles, canons, armes, cte., appartenant à la voëlette, lesquels effets, ete., étaient en parfait état de conservation ; mais nous ne pûmes prendre qu'une partie des agrès de La Canadienne ce soir-là, et le lendemain, la mer s'étant faite près du rivage, nous fûmes forcés de partir pour les Sept-Iles.

Je profitai de notre visite à la Pointe Caribou pour régler les pêcheries de saumon de cet endroit.

A quelques milles plus à l’est que Za Cunadienne, nous vimes le navire en fer le Pride of Canada, qu'un coup de vent accompagné de brouillard avait jeté à la côte le 3 mai, on travaillait à le relever.

Le rapitaine de ce beau navire m'apprit que le nommé David Lévesque, que j'avais placé à la garde de La Cunadienne, lui avait rendu de grands services pendant le sinistre, et que c'était au courage et au dévouement déployés en cette occasion par ce marin, que plusieurs d’entre eux devaient la vie.

Arrivés aux Sept-[les à 10h. 45m. a. m., nous en repartîmes à 10h. 15m. p. m., après y avoir mis à terre le percepteur du port, M. J. G. Smith, avec sa famille.

On avait commencé à prendre quelques harengs dans cette baie, mais la morue ne s’y était pas encore montrée. |

Nous fimes route pour les Iles de la Madeleine avec un temps faverabie.

Le lendemain, dans l'après-midi, une forte brise de sud-ouest nous amena un brouillard de neige assez épais, et vers le soir, étant en vue des îles, nous nous trouvâmes entourés de glace de tous côtés, et comme il était impossible de frayer notre chemin à travers ces masses flottantes, nous passâmes la nuit à la cape, courant peu de risque, il est vrai ; cependant, nous étions frappés de temps à autre par des glaces que le vent poussait sur le navire.

Le 9 au matin le vent ayant viré à l'ouest, nous pûmes nous dégager et arriver au Havre aux Maisons à 9h. 80m. a. m.

Je visitai dans la journée les établissements de ce port important ct ceux de l'Ile Grindstone. Je trouvai tout en ordre

Les goëlettes étaient arrivées de la chasse la plus fructueuse qui uit été faite depuis longtemps aux loups-marins sur les glaces flottantes du golfe, et elles avaient complétement réussi dans leurs courses continues et souvent périlleuses. Elles avaient rapporté, surtout

cette année, un grand nombre de loups-marins à capuchon, et quelques-unes des dépouilles de ces animaux (qui sont les plus gros de leur espèce qu'on rencontre dans le golfe) ; la peau et le lard pesaient plus de 300 livres.

M. Johnson, le principal nésociant de l'endroit, avait acheté la plus grande partie de ces graisses de loups-marins et ses deux chcraiers, (appareil où se fait la fonte de l'huile par l’action du soleil seul,) et ses hangars pouvaient à peine les contenir.

Je ne dois pas oublier de dire que personne en Canada ne fabrique de plus belle huile de loup-marin que lui, et cette bonue réputation lui a valu le contrat de la fourniture des huiles pour les phares de la Nouvelle-Icosse.

Je donne à la fin de cc rapport une liste des soëlettes du Favre aux Maisons, qui ont fait la chasse au loup-marin cette année, avec le montant de leur capture, ete.

Qu'il me suflise de dire iei qu'elles avaicut rencontré les troupeaux de loups-marins, principalement aux alentours des Iles de la Madeleine et au nord de l'fle d'Anticosti; c'est là aussi qu’elles avaient réussi à en prendre le plus grand némbre.

On avait commencé à prendre du hareue à ce havre depuis une semaine environ, mais pas encore en grande quantité. A l’Etane cu Nord, on en avait pas encore vu.

Le 10 au matin, nous nous rendîmes au Havre Amherst.

[n’y avait dans ce port que 17 goëlettes, s'occupant à li péche du hareng.

Voilà leurs noms avec la quantité de poisson qu'elles avaient déjà prise à cette date.

Nomgre de goëlettes qui se trouvaient au Port d’'Amherst, le 10 mai. ë Î

| | A quel port la goëlette [Nombre del Nombre Barils o Noms des goëlettes, [Nom des capitaines.! | de :

| appartient. älets, | d'hommes. | hareng. &

| | | | LÉO ssssessnises .…|Matherson..…..…. "lle St. Jean... | 3 | 80 12 Pandy .…......,..,.,.)0'Neil . Gutt de Causo D 15 3 Speed-Well........,..,|Reed ........... Gloucester 9 | S00 | 92 Mary-Ann …......,..!Redman...….. vitesse Halifax... 5 | 500 | 42 Queen Stanley...) lfrémont, Maine 4 | 250 07 Caldar.........….l!Caldar... St. Andrews, N. B.. 1 do | 9 | 300 939 Edwin... Mitchell... …|Eastport Ü 1 do : S | 500 80 Pointer …, ,.,....,.|I[olmes ISt. Andrews, N, B..,.,1 1 do ! 9 | 250 7 F, Coold …..........1#. Coold | (De MN rs Ü Leine 8 | 400 46 EMPITE ss J. Haÿsssinst do Re) … 1 do 4 | 350 29 Antilope.…..........!J, Calder — dons à “aies OR CR S | 400 83 Abigail, chaloupe .. [Small /[Luhec........... FE Los: 6 | 200 40 Harmony, do .…..! Furgusson............,/|Eastport ....,....... tres ss ! L do | 5 | 400 47 David Campbell .… Parker [St Andrews, N -B.,,., Ü 1 do | 8 700 | 61 Protector …........…|Clark............. ………|Zrémont, Maine... 17 filets (E 400 GL Italian... ...Tinker..... .lEastport see Le 40 | ù | 600 67 Belle-Poule …. …J. Cassidy …........|Ambernt NO Te D ee Le

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le nombre de goëlettes est bien petit en comparaison de la flotte de 200 à 800 voiles qui visitent les Iles de la Madeleine annuellement à la même époque pour la pêche du hareng ; ct la cause qu'il ÿ en avait si peu cctte année, c'était que le plus grand nombre de goëlettes des ports de la Nouvelle-Écosse et des Etats-Unis, destinées aux [les de la Madeleine, n’avaient pu s’y rendre à cause de l'énorme quantité de glaces qui couvraient en entier cette partie du golfe qui s'étend depuis l'ile du Cap-Breton, l'Ile du Prince- Edouard et les Iles de la Madeleine, mais depuis une quinzaine de jours seulement ; car les goëlettes qui se trouvaient maintenant dans le Port d'Amherst avait pu venir du détroit de Canso vers le 15 d'avril, sans presque rencontrer de glaces flottantes,

La Baie de Plaisance avait été libre depuis le commencement d'avril, et Les banes de bareng n'avait pas tardé à y faire leur apparition : mais vu qu'il se trouvait pes de pêcheurs

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aux îles pourvus de bonnes seines, il n'avait été d'abord capturé qu'une quantité Ho tivement peu considérable de ce poisson, ct eo n'était qu'une semaine avant notre arrivé Amherst, que le premier fort coup de seine avait 6t6 donné.

Le poisson depuis n'avait pas cessé d'être abondant dans la Baie, peut-être un peu moins que l'année dernière, et la veille de notre départ de l'ile, il'avait été renfermé dans une grande seiue sur le rivage de la Baie de Plaisance, au moins 2000 barils de harcug.

La morue ne faisait que de se montrer aux [les de Ia Madeleine ct on en avait encore pris que quelques-unes dans la Baie de Plaisance.

Je fis une visite au Port d'Amherst, je m'assurai d'après le rapport du gardien de ce port, M. Cassidy, que les règlements, surtout ceux qui regardent le délestage des vaisseaux et défendent de jeter Je Zst à l'an, avaient été bien observés. On conçoit facilement l'importance de faire chserver strictement ces règlements, lorsque l'on suit que le Havre d'Ambherst, le plus important des îles, n'a que 9 pieds d'eau au plus à son entrée, et pas plus de 50 pieds de largeur, et que le Zest de deux vaisseaux jeté à sa partie la plus étroite suffirait pour y faire assembler les sables de manière à le rendre impropre à la navigation.

De mémoire d'homme, son entrée s'est déjà rétrécie de plus de 100 picds. Qui ne sait pas aux Les que le bassin, vaste étendue d’eau salée, qui se trouve à la partie sud d'A mherst, et qui à été si longtemps fermé (on y entre maintenant à marée toute haute avec des berges de pèche) était il ÿ a suixante ans un port de mer très fréquenté par les pêcheurs Jersiais dont les navires du port de 200 à 300 tonneaux ct plus, ÿ trouvaient un abri aussi sûr que commole ; ee sont des ensablements successifs qui en 0 nt bouché l’entrée, et la même chose arriverait pour le Havre d’'Amherst si l’on y portait la plus sérieuse attention, et Amherst sans port deviendrait un endroit de nulle valeur.

Pendant mon séjour à Amherst qui ne se vprolongea que jusqu'au 12 (j'avais reçu instruction de faire ce voyage dans un temps limité) ; je vis à ce que les règlements de pêche fussent mis en foree, et à ce que l'ordre fut observé dans le havre ; et avant de rartir je laissai quatre de mes hommes sous les ordres de mon second, M, Eugène Famond, à Ambherst.

Cet officier devait pendant mon absence, surveiller les pêcheries qui se pratiquent dans la Baie de Plaisance, et y faire exécuter les règlements qui les régissent ; en outre, de maintenir l’ordre dans les ports des Iles de la Madeleine, et de prêter mair-forte aux autorités dans le besoin. ME Fox, percepteur de Ja douane de ce port, et M. Fontana, tous deux juges à paix, s'étaient engagés à seconder M, Hamond de tous leurs pouvoirs.

Je donnai à cet officier 2 instructions détaillées qui devaient lui servir de règle de conduite en tontes circonstances; en même temps, je lui disais d'agir avec prudence et avee fermeté toutefois, car je me rappeluis l'assaut crave commis sur un de mes officicrs ue dernière au même endroit, assaut suivi d'une blessure dangereuse à la tête, et je

aignais que vu le petit nombre d'hommes que je laissais aux îles, quelques-uns des hours être NBEIS Be fuss2nt tentés de renouveler les mêmes scènes.

Partis à 2 h. 30 m, pam., de l'Ile Aimherst, nous nous arrêtämes quelques heures à l'Ile d'Entrée, puis nous fîmes route pour la Baie des Chaleurs.

Nous amenâmes avec nous, pour les déposer à Paspébiae, le capitaine Hubert Bernier du trois-mâts, le Québee, avec son équipage de 26 hommes. Ue navire avait été jeté à la côte sur l'Ile Bryon, pendant une tempête accompawaée de neige, le 7 décembre de l'année dervière, et comme Ja navigation entre Les Iles de la Madeleine et les ports voisins se trouvait close, ils s'étaient vus forcés d'hiverner aux iles.

Le 13, dans l'après-nidi, nous arrivâmes à Paspébiac. Ce port n'avait eucore reçu que trois vaisseaux d'outre-mer, et ils avaient été retardés quelques jours par les elaces ? à l'entrée du golfe. Leur cargaison consistait en sel et en fournitures dé pêche.

Le barene était apparu sur les côtes depuis trois jours.

Je visitai les établissements de pêche du banc; tous y étaient dans l'ordre.

On s’y préparait à envoyer des expéditions pour la pêche de la morue sur la cûte du Labrador, au nord du golfe et du fleuve St. Laurent. Ces expéditions devaient s3 composer de pas moins de 790 hommes, tant pêcheurs que terriens, tous de la Paie des Chaleurs. Conduites avec sagacité et économie: elles rapportent de grands bénéfices à ceux qui les équipent, et en même temps, procurent au Canada un article important de eommerec pour l'exportation.

Mon voyage dans la Haie des Chalcure avait pour but d'affermer les pêchea de saumou

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qui s’y pratiquent, soit dans les rivières, soit sur la eôte, et de voir à ce que personne ne pêche sans avoir une licence du gouvernement et contrairement aux règlements de pêche.

Dès le matin du 14, nous nous mîmes en route; nous nous arrêtâmes d’abord à Carleton pour y prendre un pilote pour la Rivière Ristigouche, que nous visitâmes le même jour.

Je donnai, à M. Mclwen, le garde-pêche de la Rivière Ristigouche, les licences destinées aux pêcheurs de cette rivière; puis nous reviînmes à Carleton le 15, ct je pus ce jour-là affermer les pêcheries de saumon de ect endroit et de Maria.

Dans ce dernier endroit, on était occupé à prendre des plies avec des scines qu’on tirait sur le rivage; un pêcheur en avait pris ce jour-là une quarantaine de barils ; ce poisson est excellent à manger, mais on ne l’utilise pas dans la Baie des Chaleurs comme on fait dans les vieux pays: on s'en sert seulement pour l’engrais des terres, qu’il fertilise au plus haut degré.

Pendant ma visite à Maria, j'appris un fait qui est des plus satisfaisants et en même temps des plus encourageants pour l'avenir de nos pêcheries de saumon ; c'est que dans les fosses de la Rivière Grand-Cascapédinc, en aval de l'endroit où elle est jointe par un de ses affluents, appelé Salmon-Branch, il avait été vu, dans le mois d'avril, plus de 2,000 saumous, par un habitant de Maria, qui s'était rendu là pour y chercher de l'or.

Le bruit avait couru, l'année dernière, qu'on avait trouvé des mines d’or dans le haut de la Rivière Cascapédiac et aux pieds des Monts Chicchoc ; mais ce n’était que des pyrites de fer et de cuivre qu'on avait pris pour ce métal précieux.

Mais pourquoi aller chercher si loin? N'a-t-on pas déjà trouvé les véritables mines d'or de la Péninsule de Gaspé? Est-ce que ces immenses et inépuisables pêcheries ne valent pas les mines de la Californie ? 11 y a bien longtemps, les Hollandais, ces inventeurs de la grande pêche, n'appelaient-ils pas leurs pêcheries de hareng gould myn (mines d’or), après que Wilhelm Beukels eut imaginé la manière d'encaquer ce poisson ?

Ce dernier, par sa découverte, avait rendu un service signalé à ses compatriotes, et on lui avait conservé tant de reconnaissance, que Charles-Quint lui fit élever un monument en son honneur, à Bicroliet, sa patrie.

Le 16 au matin, nous allâmes mouiller dans la Baie de New-Richmond, et je passai une partie de la journée à affermer les stations de pêche à saumon dans la Rivière Grand- Cascapédiac, de la petite rivière du mème nom et du Cap-Noir. M. Dimock, le gardepêche de cette importante rivière, me dit que jusque là il n’y avait pas eu de contravention à l’Acte des Pôcheries.

J'allai visiter les Sauvages établis sur la pointe ouest de l'entrée de la Rivière Cascapédiac, et je vis avec plaisir qu'ils étaient disposés à se livrer à la culture de leurs terres plus qu'ils ne l'avaient fait jusqu'alors ; et ee qui le prouvait, c’est que chacun d’eux avait labouré une assez grande étendue de terre; malheureusement ils n'avaient pas pu se procurer uve quantité suflisante de grain de semence : une partie de leurs terres allait se trouver sans semence, si le gouvernement ne leur en fournissait,

Je crois qu'il est de la plus haute importance d'encourager ces dispositions de la part des Indiens à devenir agriculteurs ; car, outre que la cultare de leurs terres leur fournirait des moyens de subsistance, plus ecrtains et plus abondants, ce serait le moyen le plus eficace de les empêcher de dévaster nos rivières poissonneuses, comme ils le font maintenant, cu prenant le saumon et la truite.

On sait qu'à présent les Sauvages ont encore la liberté de pêcher le saumon et la truite au dard et au flambeau, mais pour leur subsistance seulement, dans les rivières qui ne sont pas affermées en entier; ct certainement qu'il serait cruel de leur enlever ce droit sans leur donner quelque close d'équivalent. Eh bien! je crois sincèrement, qu'en fournissant aux Sauvages de Cascapédine, de Ristisouche, de (taspé et d’autres endroits (je ne parle pas du nord, où il n'y a pas de sol cultivable) des instruments d'agriculture et des grains de semene: pendant cinq ans, et les aidant ainsi à devenir agriculteurs, on pourrait, au bout de ces cinq années, leur ôter les priviléges dont ils jouissent maintenant dans nos rivières, à l'exclusion des blancs, sans leur causer le moindre tort,

Le hareng n'avait pas abondé dans la Baie de Carleton et dans celle de Cascapédiac comme les années précédentes, et il y avait paru versle 25 avril. Du reste, on ne s'était guère oceupé de sa capture; car, vu la guerre civile quirègne aux Etats-Unis, ce poisson n'obtient qu'un prix si peu rémunératil, que nos pécheurs n'étaient pas tentés d'en exporter une

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grande quantité ; c’est ordinairement à Boston que ce poisson est le plus recherché et vend le micux.

Le lendemain, nous touchâmes à Paspébiac pendant quelques heures, en cas qu'il y eût quelques affaires qui requît ma présence dans cet endroit; puis, comme tout y était tranquille, nous nous rendîmes au Port Daniel à 9 h. 50 m. «. in.

Je disposai bien vite des licences de pêche de ectte partie de la côte, puis nous allâmes ou Petit Pabos à 2 h. 45 m. p.m.

Je remis à M. Rémon, le garde-pêche de cet endroit, les licences de pêche de New Port de la Grande Rivière Pabos et de la Petite Rivière du même nom, ct, après m'être assuré que tout y était dans l’ordre, nous allämes mouiller à la Grande Rivière, dont j'affermai aussi les pêches de saumon, et, ce scrviec fini, nous pûmes atteindre Percé avant la nuit,

J'avais appris au Port Daniel, à Pabos et dins les autres endroits de pêche qui se trouvent, entre cette place et Percé, que la pêche de la morue, commencée de bon printemps, avec du hareng pour appât, donnait des résultats satisfaisants.

À Percé, on avait vu la morue apparaître près des côtes dès le 10 avril, et les pêcheurs de cette place, qui sont comptés parmi les meilleurs de la cote, en avaient déjà pris une grande quantité; dernièrement pourtant, le poisson s'éloignait un peu du rivage pour se tenir sur les bancs du large. C'était avec du hareng pour bosrte que là pêche de la morue s'était faite jusqu'alors.

À Percé, grand centre d’exploitation de pêche à la morue, comme on sait, —l'ordre et la puix publique régnaient.

Le 18 dans l'après-midi, comme il ÿ avait apparence de mauv:is temps, nous entrâmes dans le port de Gaspé. Nous y rencontrâmes six vaisseaux nouvellement arrivés d'Europe, avec du sel et des fournitures pour les établissements de pêche de la côte, et un grand nombre d’autres étaient encore attendus. Il y avait aussi une quinzaine de goëlettes de Craspé et de Québec, dont les unes avaient apporté, de cette dernière ville, des : approvisionnements tels que farine, lard, et les autres s “équipaient pour les pêches.

Pendant la journée du 19 et du 20, je fus occupé à affermer les pêches de saumon des rivières St. Jean, du Sud-Ouest ou York, du Nord-Ouest on H: rtmouth, de Sandy Beach et de la Péninsule, et il me fallu pour cela émaner 5$ licences de pêche à saumon. Du reste, je n’eus pas de grandes difficultés à remplir cette partie de mes devoirs, ear les pêcheurs sentent bien maintenant et eomprennent l'avantage du système qui a été mis en force, tant pour la protection du poisson que pour celle des pêcheurs.

Pendant cette visite à Gaspé, je n'eus à entendre qu'une plainte pour contravention aux règlements de pêche, et le nommé Thomas Corner, convaincu d'avoir pris de la truite l'hiver dernier, en contravention à J’Acte des Pêcheries, fut condamné à une amende de 88 et les frais.

Je profitai aussi de mon séjour à Gaspé pour faire couvrir de branchages, auxquels étaient attachées des pierres assez grosses a les tenir au fond de l'eau, les bancs d'huîtres ie J "y avais déposés depuis deux & ans, à l'instar de ec qui avait été pratiqué dans la Baie de St. Brieux, eu France, par M. Coste, d’après les ordres du gouvernement français.

Ila été constaté, là etailleurs, que Les jeunes huîtres s'attachent facilement aux branches d’arbre, de quelque nature qu elles soient, ct c’est le meilleur moyen de retenir les jeunes huîtres lorsqu'elles sortent de leurs mères, et de les empêcher d'être emportées par les courants, loin des bancs d’huîtres.

Le 21 au matin, nous partimes de Gaspé; nous nous arrétämes d'abord à PAnse Brillant, où je réglai des disputes survenues entre plusieurs personnes à p ropes de possession de terrain et de : grave, puis nous allâmes mouiller à la pointe St. Pierre. Se me rendis de Ià à la Malbaie ; mais n'ayant pu communiquer avec le garde-pêche de cette division, je fus obligé de mettre cRudue licence sous pli et de les envoyer aux pêcheurs.

“A lu Pointe $ St. Pierre, comme dans ce dernier endroit, on avait remarqué une grande afuence de morue près des côtes dès le mois d'avril, et nos pécheurs, profitant de cette bonne fortune, en avaient fait une capture abondante. Depuis quelques semaines, cependant, elle s'était retirée sur les bancs du large, où, du reste, il y en avait cucore beaucoup, mais la pêche y était que près de terre.

Jusqu’alors, c'était le hareng qui avait servi de boitte.

Le soir, nous nous remîmes en route ; nous allions à la Rivière à la Madeleine, où je

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pus débarquer le lendemain matin. J'affermai de suite les stations de la rivière de ect en. droit, et à Sh, 10m. a. m., nous repartimes,

À 2h. p. m., nous mouillämes à Ste. Anne-des-Monts ; j'émanai, sans perdre de temps, des licences pour les pêcheurs de ect endroit, et à 8h. p. m. j'étais de retour à bord ; mais il faisait un fort vent de sud, et le capitaine ne jugea pas à propos de partir.

Sur toute la côte sud du fleuve $t. Laurent, depuis le Cap des Rosiers jusqu'au Cap de Chatte, les banes de morue avaient fait leur apparition près des côtes, plus tard jusqu'à Percé. Ce poisson avait été très abondant à Anse aux Griffons, à la Rivière au Renard cb au Grand Etans, où les pêcheurs y avaient très bien réussi. A là Madeleire, au Mont Louis et à Ste. Anne-des Monts, ils avaient cu moins de succès.

D'après le rapport des habitants, l'hiver n'avait pas été très rigoureux sur la eôte de Gaspé, mais en revanche il était tombé une quantité éaorme de neige, qui avait rendu le: chemins très mauvais pendant toute la saison, et il y avait eu beaucoup de glaces floitantes près des côtes jusqu'au commencement d'avril.

Partis à minuit de Ste. Anne-dcs-Monts, nous arrivâmes le lendemain à 5h. 301. a m. au lieu du naufrage de Za Canadienne; la journée fut employée à transporter à bord ce qui restait, soit à bord de la goëlette, soit chez madame MeClure, des gréements et des effets de La Canadienne, et à Th. 50m. p. m., nous nous mîmes en route pour Québec.

Dans l'après-midi, j'allai visiter le 2réde of Canada, où on faisait des travaux considérables pour ie relever et le mettre à flot ; le steumer Victoriu, qui devait le remorquer à Québec, Ctait attendu sous peu de jours, de sorte que le capitaine ne requît pas nos services.

Nous éprouvâmes une forte tempête de veut d'ouest pendant Ja nuit ; le lendemain, le

temps était beau, et nous pûmes arriver à Québec à 7h. 45m, p. m.

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