CHAPITRE V
Traitement.
La manifestation emphysémateuse au cours de la tuberculose pulmonaire que les cliniciens considéraient autrefois comme providentielle ne comportait évidemment pour eux aucune indication thérapeutique. Tous s’efforçaient au contraire de provoquer cette heureuse-complication.
C'est ainsi que Ramadge proposait en 1836 une méthode de aérothérapique consistant en inspirations et expirations rendues difficile par la respiration à travers un tube étroit, pour provoquer un emphysème curateur. Cette thérapeutique fut perfectionnée en Alsace par le docteur Steinbrenner. Constantin Paul nous apprend qu'en 1866, à Paris, il existait : « Une école de musique, de fanfare, consacrée aux tuberculeux. On y voyait, ou plutôt on y entendait toute la journée des hommes et surtout des femmes qui avaient des tubercules ou qui craignaient d’en avoir, s'exercer à souffler dans les plus gros instruments de Saxe, espérant se procurer par là un emphysème qui Les guérirait ou les mettrait à l'abri des tubercules ».
Pour nous qui voyons dans l'emphysème une tuberculose atténuée, la question du traitement se pose réellement. Quelle conduite tenir en présence d’un emphysème tuberculeux? La réponse ne nous parait pas présenter: de difficultés sérieuses. Gette forme doit être traitée comme une tuberculose pulmonaire chronique et ne pas réclamer une thérapeutique bien spéciale. Les formes emphysémato-tuburculeuses simples ou avec asthme ne comportent pas d'indications particulières. Chez les emphy-
sémateux atteints de bronchite chronique, nous ne modifierons pas la formule classique, repos, aération, alimentation tonique mais non trop abondante, nous ferons suivre à ces malades une cure minérale ou hydrominérale, nous recourrons à la tuberculinothérapie si l’'emphysème jette le masque et devient franchement tuberculeux, enfin nous éviterons l'iodure et les injections salines susceptibles de déterminer de l’hyperthermie et même des hémoptisies : voilà quelles seraient pour nous les bases du traitement.