‹ Rapports de la Pneumonie et du Paludisme: Essai de classificationChapitre 20 sur 26 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Service de M. le D' Dumolard

(recueillie par M. Coudray, interne du service)

Le 21 septembre est amené, salle Pasteur, le nommé Jules A, journalier, 46 ans, trouvé sur la voie publique ; le malade, dans un élat de faiblesse extrême, est subdélirant ; on @onstate chez lui un abattement et une stupeur dont on à peine à le tirer ; il ne répond que lentement et mal, aux questions qui lui sont posées. On apprend ainsi

ET (re

qu'il a été impaludé à Constantine, à l’âge de 16 ans, et que, depuis, il à fait des séries d'accès, espacées d'intervailles irréguliers, parfois fort longs (plusieurs années) ; cet été, il a été réinfecté ou a fait une rechute sérieuse à La Réghaïa, mais il n'avait plus eu de fièvre depuis quelque temps, quand le 4 septembre, il fut pris subitement en quittant son travail, de frisson, de douleurs thoraciques généralisées, mais prédominant à la base droite du thorax en avant, de dyspnée et de fièvre, puis il s’est mis à tousser

Courbe de l'observation I

+ + + Tracé du pouls ——— Tracé de la température

et à cracher, s’est soigné tant bien que mal chez lui et a été trouvé la veille à quaique distance de son domicile, sur les bords de l’'Harrach.

Le malade est couvert de boue, mais une fois lavé, ses téguments conservent une teinte terreuse, les muqueuses sont d’une pâleur extrême et la cachexie palustre est la note dominante du tableau, la respiration est fréquente, entrecoupée par instants d'accès de toux suivis de l’expectoration de crachats visqueux, fortement :ambrés ; à l’auseultation, on constate au sommet droit en avant et en arrière, un souffle tubaire, et des râles sous-crépitants nombreux descendant assez bas, toute cette région est mate à

en Te

la percussion et les vibrations y sont exagérées. Les bruits du cœur sont un peu sourds, le pouls est à 124, la rate est perceptible et douloureuse, le foie abaïssé plutôt petit (le malade est alcoolique), la langue est saburrale et rôtie, les selles sont diarrhéiques, l'urine ne contient pas d'albumine. Une médication mixte est prescrite : au point de vue antimalarique, 1 gr. de quinine en injection, au point de vue antipneumonique, ventouses scarifiées, potion tonique à l’acétate d'ammoniaque, électrargol (injection de 5 cme.).

L'examen du sang pratiqué avant l'administration de la quinine montre la présence de très rares croissants, il n’en fut trouvé qu’un ou deux dans la préparation ; en outre, on constatait à la numération des éléments mormaux :

2.800.000 hématies et 7.200 leucocybtes se répartissami ainsi :

Potynüucléaines Mr SOMME MAR TENNE 80 Grand mononucléaire..,............. il Lymphocytes-......…. RC ER 5 M 5 19 PONNODIMITE LE 26.028,20 AE LOC ER 0)

Le taux de l’hémoglobine était de 30 0/0.

Dans les rachats, on constatait l'existence de nombreux pneumocoques, le liquide céphalo-rachidien retiré par ponction lombaire était normal.

Le 23 septembre. — Le malade est toujours aussi abattu, l’état local est stationnaire, le pouls bat à 126, la médica- Lion de la vieille est continuée, la dose de quinine est portée à 1 gr. 50.

Le 24 septembre. — La courbe thermique a légèrement fléchi, mais la prostration du malade est la même, les bruits du cœur sont sourds, pouls : 1428. On preserit : quinine, 1 gr.; électrargol, 10 eme. ; caféine, 0 gr. 50 ; la potion tonique est continuée.

Le 25. — Même état, mêmes prescriptions.

Le 26. — Le cœur droit donne des signes de fléchissement, le pouls est toujours à 128 ; du côté pulmonaire, le souffle du sommet à diminué d'intensité, mais il persiste de gros râles sous-crépitants, l'expectoration est plus fon-

uée que les jours précédents : Leinte jus de pruneau ; pourtant le malade se sent un peu mieux ; on prescrit 25 gouttes de digitaline, les autres médications sont suspendues.

Le ?7. — L'état a empiré, le malade «est de plus en plus prostré, le pouls est à 132 ; localement, on ne constate pas de modification, on reprend la quinine à la dose de 1 gr. 50, la digitaline est continuée, dose 15 gouttes.

Le 285. - Le malade est dans un état semi-comateux (le pouls est à 132) et il meurt peu après la visite.

AUTOPSIE. — À l'ouverture de la cage thoracique, le poumon droit est entouré d'une gangue épaisse de fausses iusimbranes ; à la coupe : hépatlisation grise de tout le lobe shipérieur, le parenchymie pulmonaire est réduit à l’état de bouillie d’un gris verdâtre dans Jaquelle le doigt s'enfonce sans rencontrer de résistance.

Cour. — Le cœur est mou, flasque, ses fibres présentent à la coupe une coloration jaune-brun par endroits, pas de lésions du côté de l’endocarde.

Fois. — Diminué de volume dur sans lésions apparentes. Les:

Rare. — Assez volumineuse, capsule épaissie.

Les autres viscères me présentent rien de particulier, du moins au point de vue macroscopique.

Le poumon, le cerveau et la rate que nous avons exami-nés au point de vue histologique présentent les lésions suivantes :

PouMon. — Les alvéoles sont distendues, leurs parois sont déchirées par endroit, elles sont bourrées d'éléments cellulaires qui ne sont autres que des globules de pus parmi eux, se trouvent par endroits, des grains de pigment melanique. Pas d’hématozoaires en somme, hépatisation grise.

CERVEAU. — On retrouve dans ses capillaires des grains de pigment mélanique.

Rarr. — Lésions de sclérose et blocs de pigment mélanique très nombreux (7 à 8 par champs oculaires).

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